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L'Argentine va stimuler ses hautes technologies, avec l’aide des Brésiliens

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A São Paulo, le 24 juin 2010, la création d’un fonds d’investissement bilatéral a été annoncée. Il s’agit, pour le Brésil, de donner à son voisin argentin un coup de pouce, de manière à aider celui-ci à tonifier ses industries de pointe dans les secteurs suivants: pétrole et gaz, aéronautique, équipements agricoles, électroménager, vin, produits lactés, etc.

L'Argentine va stimuler ses hautes technologies, avec l’aide des Brésiliens
Le vent de l'optimisme se remet à souffler à Buenos Aires.

C’est l’un des pays industrialisés de l’hémisphère Sud à avoir le plus souffert de la crise financière  : l’Argentine avait pourtant réussi à relever brillamment la tête, après la crise dévastatrice qu’elle avait accusée en 2002, quand son PIB s’était effondré de 10 %. Mais après que ce pays de 40 millions d’habitants, dont l’industrie nourrit plus d’un tiers du PIB, ait remonté la pente sur le plan économique, des nuages se sont amoncelés à nouveau, suscitant un surcroît de craintes parmi les investisseurs internationaux.

Or, les jeudi 24 et vendredi 25 juin, l’Argentine a montré qu’elle avait encore du ressort et qu’elle demeurait, semble-t-il, une terre fertile pour les investissements. D’une part, la présidente Cristina Fernandez de Kirchner a annoncé que 92 % de la dette contractée à la suite de la crise survenue en 2001 était «épongée» et que cela donnerait un nouveau souffle à l’économie toute entière. D’autre part, le Brésil, voisin «bienveillant» de l’Argentine, a donné un coup de pouce à celle-ci.


100 MILLIONS DE DOLLARS, INITIALEMENT


A São Paulo, capitale économique de l’Amérique du Sud, le ministre brésilien de l’Economie Guido Mantega et son homologue argentin, Amado Boudou (un homme d’affaires) ont annoncé, le 24 juin, la création d’un fonds pour financer les entreprises spécialisées dans les technologies de pointe en Argentine. Fort d’une dotation initiale de 100 millions de dollars, selon des médias brésiliens, ce fonds verra se pencher sur son berceau les bonnes fées suivantes: du côté brésilien, la Banque de Développement économique et social ; du côté argentin, la Banque de la Nation ainsi que la Banque d’Investissements et du Commerce extérieur. Le quotidien économique El Cronista, à Buenos Aires, précise que diverses banques argentines ont l’intention de se joindre à ce noyau dur.

Les ministres n’ont pas voulu en dire plus sur ce projet, mais El Cronista a recueilli les indiscrétions de «hauts fonctionnaires» liés au gouvernement Kirchner. Selon eux, le fonds ainsi créé stimulera les entreprises dans les secteurs du pétrole et du gaz, de l’aéronautique, des équipements agricoles, tout comme dans le bois (ameublement), certains segments de l’électroménager, vins et produits lactés.


LES VERTUS DE L’HUILE DE JOJOBA


L’Argentine, tout comme le Brésil, offre une économie très diversifiée. C’est par exemple le quatrième producteur pétrolier en Amérique latine (après le Venezuela, le Brésil et le Mexique). Le secteur de l’agroalimentaire, au pays du tango, s’avère florissant, garantissant à ce pays la moitié de ses exportations.

Parmi les entreprises qui méritent le détour dans le champ des technologies avancées: Eco Oil Argentina S.A. leader quant à la production et la fabrication d’huile de jojoba, un ingrédient unique.

Le jojoba est cultivé sur plus de 4 000 hectares dans le désert argentin situé au nord-ouest du pays et traité sur place dans des sites industriels équipés de technologies de pointe. Ceci permet à Eco Oil d’obtenir une huile de jojoba la plus pure ainsi que des produits dérivés afin d’approvisionner le marché des soins cosmétiques.


TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION


Dans un tout autre domaine, les technologies de l’information, les Argentins ont également mis les bouchées doubles. Sur le site d’Ubifrance et des Missions économiques, on peut lire ceci, à l’occasion de la tenue en septembre 2010 d’un important salon des technologies de l’information à Buenos Aires :
le marché argentin fait preuve (en la matière) d’un dynamisme sans précédent, tant au niveau des performances économiques que de la création d’entreprises ou du développement à l’international. 

CRAINTES AU SUJET DE L’ECONOMIE MONDIALE

Le projet d’un fond d’investissement associant Brésiliens et Argentins pourrait avoir été accéléré par les frayeurs qu’éprouvent les premiers quant à l’évolution de l’économie mondiale. Le ministre Guido Mantega a laissé entendre que «les deux pays doivent veiller à ne pas transférer tout leur dynamisme vers les pays développés mais développer les synergies entre eux pour profiter mieux de la croissance de leurs marchés respectifs».


LE MERCOSUr, SANS CESSE SOUS TENSION


En réalité, le Brésil, au gré de ses ambitions géostratégiques, n’a cessé de voler au secours de l'Argentine et a il pris soin de nuancer les conflits commerciaux incessants entre eux. Depuis le début des années 90, les deux pays se veulent la locomotive du Mercosur, dont l’organisation s’inspire de l’Union européenne. Autres Etats faisant partie de ce périmètre: l’Uruguay, le Paraguay et dans une moindre mesure la Bolivie et le Venezuela.

Les Argentins ont beaucoup de mal, il est vrai, à supporter l’hyper dynamisme et les visées planétaires du Brésil dont le PIB est tout de même quatre fois plus important que le leur. Et pour sauver un Mercosud sans cesse menacé d’éclatement, le gouvernement Lula est prêt à multiplier les gestes de bonne volonté, y compris financiers.

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