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L'Usine Auto

L’architecte de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, Carlos Ghosn, dans la tourmente

Julie Thoin-Bousquié , , ,

Publié le

Carlos Ghosn est soupçonné d’avoir utilisé de l’argent de Nissan à des fins personnelles. Une information confirmée par le groupe japonais qui a mené une enquête dans le sillage du "rapport d'un lanceur d'alerte".

L’architecte de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, Carlos Ghosn, dans la tourmente
Carlos Ghosn est soupçonné d’avoir utilisé de l’argent de Nissan à des fins personnelles.
© Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Carlos Ghosn a-t-il dissimulé une partie de ses revenus au fisc japonais ? C’est en tous cas ce qu’a affirmé lundi 19 novembre le quotidien local Asahi Shimbun. Dans un communiqué, Nissan a précisé de son côté avoir mené une enquête interne à la suite d'une information dénonçant des pratiques inappropriées de la part de Carlos Ghosn et de l'administrateur Greg Kelly pendant plusieurs mois.

"L'enquête a montré qu'au fil des ans, Ghosn et Kelly ont déclaré des montants de rémunération inférieurs aux montants réels dans des rapports à la Bourse de Tokyo afin de réduire le montant déclaré de la rémunération de Carlos Ghosn", révèle le groupe japonais, allié de Renault. Dans un tel contexte, Nissan a indiqué faire en sorte de mettre fin rapidement aux fonctions de Carlos Ghosn. Une décision qui contraste avec la popularité de l’homme au Japon, au regard de son rôle dans Nissan.

"Cost-killer"

Arrivé en pleine crise chez Nissan, en perte depuis sept ans, Carlos Ghosn honore en 1999 la réputation de "cost killer" ("tueur de coûts" en français) qui l’a précédée. Avec son plan "Nissan Revival", le nouveau patron du groupe japonais supprime 21 000 postes, ferme cinq usines… Et assure le redressement spectaculaire du constructeur au bout de deux ans. Le groupe écoule désormais près de 5,6 millions de véhicules, permettant à l’Alliance avec Renault de tutoyer les 10 millions de véhicules vendus à travers le monde. Un seuil que le groupe devrait finir par atteindre du fait notamment des positions très solides de Nissan aux Etats-Unis, et surtout en Chine.

Au total, malgré la violence du choc opéré sur Nissan, la popularité de Carlos Ghosn grimpe en flèche au Japon. En 2001, Carlos Ghosn est ainsi intronisé PDG de Nissan, un fait rare au Japon pour un étranger. Pas de quoi rassasier toutefois l’appétit du chef d’entreprise, qui s’arroge la direction de Renault en 2005. Il devient ainsi le premier PDG à occuper cette fonction dans deux entreprises figurant au classement Fortune Global 500, établi par le magazine du même nom.

Peu à peu, l’homme devient indispensable au sein de l’Alliance Renault-Nissan. "Carlos Ghosn a mis en place un management centralisé autour de sa personne, en éliminant notamment la plupart de ses numéros deux", expliquait en mars 2017 Frédéric Fréry, professeur de stratégie à l'ESCP Europe. Carlos Tavares, aujourd’hui à la tête du groupe PSA, en a notamment fait les frais en 2013, après avoir confié son "appétit pour devenir numéro un" d’un groupe automobile dans les colonnes de Bloomberg.

Recentrage sur l'Alliance

Si les bons résultats s’affichent dans chacune des marques de l’Alliance, la place que Carlos Ghosn a su se forger au fil des années a compliqué l’idée de sa succession. En avril 2017, le patron a toutefois fait un premier pas en cédant son poste de patron du groupe japonais à un de ses fidèles, son dauphin Hiroto Saikawa. Pour autant, Carlos Ghosn est resté le grand architecte de la stratégie du groupe franco-japonais. "Sous la présidence de M. Ghosn, et avec le soutien de l'excellente équipe de direction mise en place chez Nissan, mon objectif sera de maintenir la performance et le développement de notre société, et de poursuivre la contribution de Nissan au succès de l'Alliance", avait témoigné Hiroto Saikawa lors de sa nomination.

Le numéro un de l’Alliance avait d’ailleurs expliqué que son retrait relatif de Nissan lui permettrait "de consacrer plus de temps et d'énergie pour gérer l'évolution et l’expansion stratégique et opérationnelle de l'Alliance, afin de garantir que tous les membres profitent de l'avantage compétitif d'échelle qu'elle procure". Reste à voir si les soupçons actuels lui permettront de poursuivre ses ambitions au sein du géant automobile. Selon des médias japonais, Carlos Ghosn a été entendu par le parquet de Tokyo puis arrêté.

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