L’Archinaute, le voilier sans voile qui avance face au vent

Le projet Archinaute vise à construire un multicoque à propulsion électrique équipé d’une éolienne, capable d’avancer contre le vent. Son concepteur, l’ingénieur centralien Charles-Henri Viel, cherche des financements pour construire un prototype de 12 mètres de long.

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L’Archinaute tranche parmi les différents projets de navires écologiques. Il n’utilise ni voiles ni cerf-volant, mais une éolienne qui fournit l’énergie nécessaire à un moteur électrique. Le gros avantage de cette option originale, c’est que le bateau peut avancer contre le vent, là où un voilier doit tirer des bords à environ 45 degrés du vent. "Deux fois la route, trois fois la peine", dit le vieux dicton marin.

L’idée est portée par Charles-Henri Viel, ingénieur de l’Ecole centrale de Paris. Ce dernier aborde les questions soulevées par son projet quelque peu iconoclaste avec rigueur et sans chercher à brûler les étapes. Il s’apprête à débuter la véritable phase d’études et n’a pas pour l’instant rejoint ni le projet "Navires du futur", ni le plan "Navires écologiques". Son premier objectif est de réunir auprès de sponsors, mécènes et associés les fonds nécessaires aux différentes phases. Dans un premier temps les études (500 000 euros) puis la réalisation (1 million d’euros), les essais et l’optimisation (1 million d’euros) et la communication (500 000 euros).

Une éolienne carénée et pivotante

"Le principe est connu depuis 1921, explique Charles-Henri Viel. Un plaisancier britannique navigue sur un multicoque adapté par ses soins avec un système utilisant une éolienne." La faisabilité est avérée, reste à tirer au mieux parti de ce type de solution en utilisant les meilleures techniques de fabrication. L’amélioration de l’efficacité des batteries permet par exemple de stocker de l’énergie nécessaire pour pallier un manque temporaire de vent tout en gardant un poids raisonnable. L’éolienne carénée et pivotante pourra être construite en matériaux composites, pour allier résistance et légèreté.

Aujourd’hui, la maquette de 1,5 mètre fonctionne et avance contre le vent, y compris dans le clapot. Une vidéo le montre. Le premier objectif est de réaliser un trimaran de 12 mètres de long, avec une éolienne de 8 mètres de diamètre. Selon les calculs de son concepteur, il devrait être capable de naviguer à une vitesse égale à la moitié de celle du vent. Et en cas de vent très fort, un mécanisme de pas variable adapte la vitesse de rotation avant de mettre, éventuellement, l’éolienne en drapeau.

On peut légitimement s’interroger sur la taille maximum acceptable pour un tel navire, puisque le diamètre de l’éolienne augmente en rapport. Pour son concepteur, un catamaran de 60 mètres de long pour trente mètres de large (et donc d’une éolienne d’un diamètre presque équivalent) serait faisable. Le concept reste à valider sur un navire à taille réelle, comme c'est le cas pour les autres projets, le cargo à voiles Néoline, le bateau à multi-énergies renouvelables Esprit de Velox ou le système de propulsion par cerf-volant Beyond the Sea.

Patrice Desmedt

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