L'après Autolib' en trois questions

Le service francilien d'autopartage prend fin dans une atmosphère d'amertume. Arrêté prématurément, en plein été, Autolib' risque d'être regretté par certaines communes d'Île-de-France et plusieurs problèmes restent à résoudre. Au centre des discussions : l'évolution des négociations entre le groupe Bolloré et le SVAM, l'avenir du matériel Autolib' et le statut des nouveaux opérateurs.

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L'après Autolib' en trois questions
Quels sont les prochains problèmes à résoudre après l’arrêt prématuré d'Autolib' ?

Ce n’est qu’un au revoir. Ce mardi 31 juillet, Autolib’ connaît son dernier jour d’existence. Les voitures grises seront retirées et seront remplacées dès la rentrée par une panoplie d’offres de mobilité partagée. Trottinettes électriques, autopartage, vélos en free-floating… Derrière le catalogue de services reluisant, le paysage de l’après Autolib’ n’est pas encore clair comme de l’eau de roche. Quels sont les prochains problèmes à résoudre après l’arrêt prématuré de l’offre d’autopartage francilienne ? Nous faisons le point sur trois questions.

1 - Où en est le litige entre le groupe Bolloré et le SVAM ?

L'ambiance reste électrique entre le groupe Bolloré et le Syndicat Autolib' Vélib' Métropole (SAVM). Chacun impute à l’autre le déficit colossal du service d’autopartage. En juin, l’industriel avait d’abord demandé aux communes d’Île-de-France de l’indemniser à hauteur de 233 millions d’euros. Désormais, le groupe Bolloré réclame environ 250 millions d’euros pour couvrir les pertes, les coûts de résiliation, les contrats arrêtés, les coûts de départ des collaborateurs et les valeurs nettes comptables de biens comme les bornes de recharge. En septembre, l’entreprise devrait arrêter un montant précis en envoyant la facture au SAVM.

Le syndicat doit lancer des audits externes pour donner sa propre estimation du déficit et il parle plutôt aujourd’hui d’une facture à hauteur de 50 millions d’euros. "Nous ne voulons pas payer les sommes astronomiques qui sont demandées par le groupe Bolloré", a déclaré à Reuters Catherine Baratti-Elbaz, maire (PS) du 12e arrondissement de Paris et présidente du SAVM.

La Ville de Paris et le groupe Bolloré sont encore en pourparlers pour trouver un terrain d’entente mais un compromis paraît improbable au regard de la virulence des arguments. La SAVM ou le groupe Bolloré pourraient ainsi faire appel au tribunal administratif pour arrêter le montant des indemnités.

Le litige sur les indemnités pourrait aussi diviser les 103 communes d’Île-de-France membres du SAVM. Une vingtaine de mairies ont milité pour le maintien d’Autolib’ en regrettant une décision unilatérale de Paris qui détient la majorité des voix dans le SAVM. Plusieurs villes, dont Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) et Sèvres (Hauts-de-Seine), ont aussi demandé à la capitale d’assumer l’entière charge des indemnités demandées par le groupe Bolloré.

2 - Que deviendra le matériel Autolib’ ?

Les 4000 Blue Cars en service partiront en grande majorité à la casse. Seules 500 seront déployées dans d’autres villes selon le groupe Bolloré.

Les 3244 places de stationnement seront mises à la disposition des propriétaires de véhicules électriques et des utilisateurs de voitures électriques en autopartage.

Un flou persiste en revanche sur les 6200 bornes électriques de chargement. Les constructeurs automobiles qui vont mettre en place des services à la rentrée n’envisagent pas d’utiliser ces bornes pour l’instant. Le groupe Renault estime par exemple qu’elles sont inadaptées pour ses véhicules. Le SAVM a néanmoins conduit une étude pour connaître les conditions de réutilisation des bornes de recharge. “La possibilité d’augmenter la puissance de recharge des bornes est un sujet particulier d’étude car aujourd’hui les bornes sont de très faible puissance. Les premières conclusions de cette étude feront l’objet d’une présentation aux élus à la rentrée”, précise le syndicat dans un communiqué.

3 - Quel statut pour les prochains opérateurs de services d’autopartage ?

Lorsque la Mairie de Paris a annoncé le lancement d’un nouveau service d’autopartage par le groupe Renault, elle a pris soin de peser ses mots en parlant d’alliance ou de partenariat mais surtout pas de contrat juridique. À l’avenir, le statut de ces acteurs devrait être clarifié par la loi. Les constructeurs automobiles aussi bien que les opérateurs de vélos en free floating sont concernés.

Le sujet devrait ainsi être un point important de la future loi d’orientation des mobilités (LOM). Elle doit être présentée en conseil des ministres à la fin de l’été ou à la rentrée mais le texte devrait être examiné par les parlementaires un peu plus tard, en 2019. Cette loi pourrait aussi permettre aux collectivités de maîtriser le nombre de véhicules partagés en circulation et d’accéder à certaines données des opérateurs.

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