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L'Usine Campus

L’apprentissage, c’est simple comme un jeu vidéo

Ridha Loukil , , ,

Publié le

Ludiques, interactifs, immersifs, les serious games sont un outil pédagogique offrant de nombreux avantages.

L’apprentissage, c’est simple comme un jeu vidéo
« Little big interview », de l’éditeur Daesign, prépare les salariés à leur entretien d’évaluation.

Les entreprises citées

Avec les serious games, la formation par ordinateur, tablette ou smartphone devient aussi simple qu’un jeu vidéo ! Cette technologie de loisir utilisée à des fins d’apprentissage, d’entraînement, de communication ou de sensibilisation s’impose comme une pratique prometteuse dans l’univers professionnel. En témoigne le succès du Serious games sessions, l’événement organisé par le pôle de compétitivité Imaginove pour la neuvième année, et qui se tiendra à Lyon les 20 et 21 novembre. En combinant les aspects ludiques, l’interactivité, le réalisme et la capacité d’immersion des jeux vidéo, cet outil pédagogique rend la formation plus naturelle et plus efficace. Mais sa mise en œuvre recèle de nombreux pièges. Voici les clés d’une bonne démarche.

1. Soigner le scénario du jeu

Le développement d’un serious game ressemble à celui d’un film. "Il faut beaucoup investir dans le scénario, veiller à la cohérence des messages et se concentrer sur le fond et non sur la forme", conseille Olivier Dubost, le concepteur de modules de formation chez Bouygues Construction. Pour son jeu "Prévision de trésorerie opérationnelle", qui vise à sensibiliser les jeunes contrôleurs financiers et comptables de moins de 30 ans aux enjeux de la trésorerie des chantiers, le constructeur a pris un an de réflexion. Une équipe de spécialistes en pédagogie a mis six mois pour réaliser le scénario et écrire les mots clés. Avec une règle d’or : la présence d’un fil rouge qui guide l’utilisateur. L’apprenant est plongé dans le décor virtuel d’un chantier. En fonction des décisions qu’il prend face à des situations données, il accède à une aventure différente. L’expérience est ainsi personnalisée.

Le jeu doit rester simple sans être infantilisant. "Il faut avoir une idée précise de ce que l’on veut, définir un cahier des charges clair, éviter les choses compliquées et donner au départ les règles", précise Véronique Fontaine, responsable formation chez Orange. Après un premier serious game sur la sensibilisation à l’éthique en entreprise, l’opérateur télécoms en a proposé d’autres pour ses formateurs, pour la sensibilisation aux risques de l’amiante, pour la prévention des troubles musculo-squelettiques (TMS)… Il en utilise une dizaine à ce jour. Le piège à éviter : l’excès de sérieux. "Au début, les serious games ne laissaient pas assez de place au jeu, confie Véronique Fontaine. Il faut au contraire rester ludique et utiliser le registre de l’humour. C’est primordial pour traiter des sujets graves." Une autre erreur serait de concevoir le jeu pour la génération Y. Les anciennes générations apprécient davantage cet outil. Une surprise pour Orange.

2. Maîtriser le coût par apprenant

Développer un serious game peut revenir cher. Son coût dépend des choix infographiques et techniques. Faut-il préférer des personnages virtuels ou des acteurs, une voix humaine ou une synthèse vocale, des décors, du moteur graphique 3 D… Selon les options, la facture peut aller de 10 000 à 200 000 euros. Une façon de maîtriser le budget est de faire appel à un jeu générique. L’éditeur lyonnais ITycom propose une dizaine de titres dans les domaines du développement personnel (management, vente, communication…). Cette offre présente l’intérêt de ne pas nécessiter une mise à niveau de l’infrastructure informatique de l’entreprise puisqu’elle est disponible en ligne en mode cloud. L’accès illimité pendant six mois coûte 100 euros par personne pour un module et 200 euros pour l’ensemble du catalogue.

Une autre solution consiste à mutualiser le développement du jeu en partageant son coût à plusieurs. Natixis, Orange et PwC ont procédé de la sorte pour créer "M comme manager", un serious game destiné à former les managers à la gestion du temps et des conflits. Les trois sociétés ont financé le premier module, chacune apportant une contribution comprise entre 20 000 et 30 000 euros. Le jeu, réalisé par l’éditeur Daesign, va s’enrichir d’autres modules sur d’autres thématiques de management.

Transformer un jeu propriétaire en jeu générique est également une solution pour maîtriser les coûts. C’est le cas de "Little big interview", qui forme des managers et des collaborateurs à l’entretien annuel. Créé au départ par l’éditeur Daesign pour BNP Paribas, il a été mis à la disposition de toutes les entreprises. Ainsi, EDF peut s’en servir tout en ne payant que son utilisation.

Mais "c’est le coût par apprenant qui prime", estime Yann Teyssier, le PDG d’ITycom. Renault a privilégié la qualité en choisissant des acteurs pour ses cinq jeux de formation aux métiers de la vente. Coût du développement : 150 000 à 200 000 euros par jeu. Cible : 15 000 vendeurs dans le monde, ce qui ramène le coût par apprenant à environ 10 euros. "Vous connaissez des formations à ce prix ", interroge Hervé Vialle, le directeur de Renault Academy.

3. Accompagner les utilisateurs

Mettre en ligne le jeu ou le fournir sur une clé USB ne garantit pas son utilisation. Il faut accompagner sa mise en place par une action de marketing en amont. "C’est crucial pour le succès du projet, estime Véronique Fontaine, chez Orange. Pour susciter l’intérêt des salariés ciblés, nous réalisons un ou plusieurs teasers et relançons systématiquement les salariés avec un plan de communication et des affiches." Car l’usage des serious games chez l’opérateur télécoms est volontaire. En un mois, 6 000 collaborateurs ont utilisé le jeu de prévention des risques TMS.

Bouygues Construction préfère encadrer l’utilisateur en lui laissant un mois pour pratiquer le serious game. L’apprenant choisit à son rythme les moments et la durée d’utilisation. Il est ensuite invité à une classe virtuelle animée par un formateur. C’est l’occasion de bénéficier d’une interaction qui manque au jeu et d’effectuer une évaluation en ligne. La première session a réuni 20 participants. Deux autres sessions sont prévues cette année, huit en 2014. À terme, 600 personnes seront concernées.

Le serious game s’insère dans un parcours de formation. Chez Orange, le jeu sur les conditions de travail est utilisé au début du parcours pour donner des éléments de repères avant d’aller en présentiel. Sur d’autres thématiques, il intervient au milieu du parcours pour fixer les connaissances acquises précédemment. Chez Renault, il clôture la formation traditionnelle et permet une évaluation. "Nous avons fait des essais à différentes étapes du parcours de formation. L’expérience nous a montré que c’est à la fin que l’utilisation des serious games est la plus efficace", souligne Hervé Vialle. Dans tous les cas, le serious game complète une formation traditionnelle. Il ne la remplace pas. 

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