L'Usine Energie

L'Andra ambitionne de "réduire les volumes de déchets nucléaires de 20 à 30 %"

Ludovic Dupin , , ,

Publié le

Entretien L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), en coopération avec l’Agence nationale de la recherche, lance un appel à projets de 45 millions d’euros auprès d’industries non spécialisées dans l’atome. L’enjeu, pour Fréderic Plas, directeur R&D de l’Andra, est de rendre plus performants le tri et l’orientation des déchets issus du démantèlement des installations françaises.

L'Andra ambitionne de réduire les volumes de déchets nucléaires de 20 à 30 % © Andra

L'Usine Nouvelle - Quel est le but de l’appel à projets inédit lancé par l’Andra ?

Fréderic Plas - L’enjeu de l’appel à projets, baptisé "Gestion optimisée des déchets de démantèlement", est de faire évoluer l’Andra.  Il s’agit de ne plus être seulement un stockeur de déchets mais de devenir un véritable gestionnaire. Pour cela, notre objectif est de remonter la chaine pour mieux caractériser les déchets dès leur production et les orienter vers les bonnes filières. Nos centres de stockage sont des ressources extrêmement précieuses et la création de nouvelles implantations est difficile. Nous avons donc pour but de préserver leur capacité.

Vous souhaitez faire appel à des entreprises hors du secteur nucléaire ?

Oui, nous avons lancé un appel à projets qui vise à rassembler toutes les compétences académiques et industrielles de toutes tailles, qu’il s’agisse de TPE ou de grands groupes. Par exemple, nous nous intéressons à tout ce qui concerne le tri. L’Andra en fait beaucoup et nous sommes à la recherche de compétences industrielles pour mieux caractériser les déchets et les flécher. Nous attendons beaucoup aussi des industriels de la céramique. Ce type de matériau a été peu utilisé dans le nucléaire et encore moins dans la gestion des déchets. Or la céramique a le grand intérêt d’être chimiquement inerte. Son emploi permettrait de développer des matériaux nouveaux, adaptés au conditionnement de déchets nucléaires.

Quel gain attendez-vous exactement de ces nouvelles compétences ?

60 % des déchets qui seront générés par le démantèlement des installations nucléaires françaises à l’horizon 2030 seront des déchets de très faibles activités (TFA). Notre centre dédié dans l’Aube est prévu, aujourd’hui, pour accueillir 650 000 mètres cubes au total. Or, selon nos prévisions, le démantèlement devrait générer plus de 1,3 million de mètres cubes de déchets TFA. Nous pensons qu’il serait raisonnable de réduire les volumes de 20 à 30 % avec l’emploi de nouvelles technologies.

Qu’est-ce que les entreprises ont à gagner à vous rejoindre?

Tout d’abord, cela permet de valoriser leurs compétences, d’autant plus que le gouvernement a inscrit le stockage des déchets nucléaires dans la liste des investissements d’avenir. Mais surtout, elles y gagnent en capacités d’exportation. Les besoins technologiques pour le démantèlement sont importants dans le monde entier. Pour jouer un rôle, il faut réussir à créer une équipe de France un peu plus structurée.

Propos recueillis par Ludovic Dupin

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1 commentaire

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15/12/2014 - 18h25 -

L'industrie nucléaire ne sait pas réduire la radioactivité des déchets qu'elle produit, mais elle veut continuer à en produire. Alors, pour faire croire qu'elle sait s'occuper de ce problème, elle parle de réduire le volume des déchets nucléaires, ce qui ne change RIEN au problème. Mais, vu qu'il y a des journalistes pour se prêter à cette mascarade, l'industrie nucléaire (et son avatar l'Andra) aurait bien tort de se gêner...
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