L'ancien supérieur de Jérôme Kerviel l'accuse de l'avoir berné

PARIS (Reuters) - L'ancien supérieur hiérarchique direct de l'ex-trader de la Société générale Jérôme Kerviel l'a accusé de l'avoir berné en fournissant des explications mensongères à ses agissements.

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Au neuvième jour du procès, Eric Cordelle, qui a été licencié par la banque à la suite du scandale qui avait mené à une perte de 4,9 milliards d'euros, a assuré qu'il n'avait jamais réalisé que Jérôme Kerviel dépassait les limites.

"Jérôme a toujours su trouver des raisonnements, des explications convaincantes. Il mentait du début à la fin et chaque fois qu'il disait quelque chose, c'était crédible", a dit Eric Cordelle, déposant comme témoin.

Il a par exemple assuré qu'il n'avait rien trouvé d'anormal dans la trésorerie de 1,4 milliard d'euros accumulée par Jérôme Kerviel fin 2007, celui-ci ayant fourni, a-t-il expliqué, une justification générale et s'étant arrangé pour revenir à une situation apparemment normale.

Nommé en avril 2007 à la tête du "desk" où travaillait Jérôme Kerviel, Eric Cordelle, qui n'était pas trader, a expliqué qu'il ne comprenait pas véritablement le fonctionnement de l'unité et ne pouvait donc la contrôler efficacement.

"Je n'avais ni les moyens ni la connaissance pour le faire. Je ne connaissais pas forcément le vocabulaire des traders", a-t-il dit.

Selon lui, la charge de travail du groupe de huit traders dont faisait partie Jérôme Kerviel était si démentielle qu'on ne pouvait pas s'arrêter sur une anomalie. Le groupe fonctionnait sur la confiance mutuelle, a-t-il dit.

"L'ensemble de la chaîne était sous l'eau, il y avait trop de travail", a-t-il dit.

Il a raconté qu'un trader autre que Kerviel, qui s'était cassé le nez dans une chute, travaillait quand même le lendemain car "techniquement, on ne pouvait pas faire autrement".

La Société générale a licencié Eric Cordelle quelques jours après la découverte des faits en janvier 2008. Eric Cordelle a indiqué à la barre qu'il contestait ce licenciement devant la justice du travail en raison du "manque de moyens et de formation" dont la banque est selon lui responsable.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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