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L'usine Agro

L'ami du petit déjeuner

Guillaume Dessaix , ,

Publié le

L'ami du petit déjeuner
Conseils en nutrition et histoires croustillantes.

Miami, février 1936. Le docteur John Harvey Kellogg expose avec plaisir ses pratiques thérapeutiques à George Bernard Shaw. Depuis son adolescence, John suit les commandements de l’Église adventiste du septième jour. Sa guide spirituelle, Ellen White, à qui le Tout-Puissant a semble-t-il parlé, prône une révolution sanitaire axée sur le soleil, l’air pur, l’eau, l’exercice physique et la nutrition. Derrière la mise en scène grotesque, l’intention est bonne. Au mitan du XIXe siècle, les bains sont rares, les fruits et légumes absents des assiettes, l’espérance de vie de 41 ans. C’est peu et il faut que cela change. Adieu tabac, alcool, cochon, café… Place aux noix, à l’hydrothérapie, au sport et à l’hygiène.

White place son jeune protégé à la tête de son Institut de la réforme sanitaire, où le bon docteur laisse libre cours à son imagination la plus fertile. Il met au point divers produits comme un beurre de cacahuète, du café de substitution, de la viande végétale. Et développe surtout le principe d’une attitude vertueuse. Où intimité et plaisir riment avec péché. Où l’acte sexuel met en péril la santé et le couple. Oh pas autant que le plaisir solitaire… ce vice propre à engendrer folie, épilepsie, impuissance et cancers en tout genre. « Des victimes meurent de leurs propres mains ! » Il prêche donc chasteté et solutions rudimentaires : circoncision sans anesthésie, bandage des mains ou installation d’une cage idéalement située. Puis lui vient une trouvaille, fruit du hasard, moins rigoriste. Le corn flake. Un bol de céréales pour chasser ces tentations concupiscentes, une collation propice à un corps et un esprit sains. Voilà la solution. Son frère et associé Will y met son grain de sel, désireux d’y ajouter un peu de sucre pour rendre le tout plus attirant. Un affront. John refuse et Will le quitte en 1906 pour créer sa propre société, qui deviendra la Kellogg’s Company. Et un empire.

Comme Ford, Edison ou Weissmuller avant lui, Shaw doit, dans cette évangélisation, séparer le bon grain de l’ivraie. Après tout, il est l’auteur de cet aphorisme : « De toutes les perversions sexuelles, la chasteté est la plus dangereuse. » 

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Usine Nouvelle N°3524-3525

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