L'AMF demande la transparence aux administrateurs "indépendants"

PARIS (Reuters) - L'autorité des marchés financiers (AMF) souhaite plus de transparence sur les liens d'affaires qui unissent les administrateurs dits indépendants et les entreprises où ils siègent, a déclaré à Reuters son président.

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De nombreux dirigeants de grandes banques françaises, à l'instar de l'ancien patron de la Société générale Daniel Bouton, siègent ou siégeaient aux conseils de fleurons du CAC 40 avec qui ils sont par ailleurs susceptibles d'être en relation d'affaires.

Le président de BNP Paribas, Michel Pébereau, siège ainsi au conseil du cimentier Lafarge, du groupe de matériaux de construction Saint-Gobain, du pétrolier Total ou du groupe d'aéronautique et de défense EADS.

"Cela ne va pas forcement faire plaisir mais cela nous parait très important notamment qu'il y ait une clarification entre l'administration d'un certain nombre de groupes industriels ou de services et le monde financier", a déclaré Jean-Pierre Jouyet.

Les grandes entreprises font régulièrement appel aux banques d'affaires pour des opérations (acquisitions, refinancement de dettes, etc.) qui nécessitent l'approbation du conseil d'administration.

"Nous demandons en particulier à ce que soit clairement indiqué s'il y a des relations d'affaires, et si oui lesquelles, entre les administrateurs indépendants et la société", a-t-il encore indiqué, souhaitant que les banquiers identifient les mandats qui leur sont confiés.

L'AMF publie lundi son rapport sur l'application des recommandations Medef-Afep sur les rémunérations des dirigeants et la gouvernance d'entreprise dans lequel le gendarme des marches financiers note une amélioration par rapport à l'année dernière. (Voir http://www.amf-france.org/)

"Les progrès par rapport à l'an dernier sont sensibles. Un certain nombre des recommandations que nous avions formulées ont été suivies d'effet", a-t-il observé.

"Au final, le système de gouvernance français a fait pas mal de progrès et est devenu beaucoup plus transparent qu'il ne l'était 4-5 ans en arrière. Il tient bien la comparaison avec les autres systèmes de gouvernance européens ou américains", a noté Jean-Pierre Jouyet qui menaçait il y encore un an de faire appel à la loi et de dénoncer les entreprises ayant les plus mauvaises pratiques.

Jean-Pierre Jouyet note par exemple que des progrès ont été accomplis récemment concernant la féminisation des conseils et relève une nette amélioration de l'information individuelle sur les retraites chapeau, même si sur ce dernier point il faudrait progresser encore selon lui.

Par ailleurs, estime le président de l'AMF, il y a encore trop de sociétés qui n'indiquent pas si leurs dirigeants ont renoncé à utiliser des instruments de couverture des stock-options.

Julien Ponthus, édité par Jean-Michel Belot

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