L’américian Lord Corporation prend le contrôle de Fly By Wire Systems France

Evoquée en mars, la cession par SKF de son entitée Fly By Wire au groupe américain Lord Corporation est devenue une réalité concrète il y a quelques jours. Cette opération doit permettre à l'unité drômoise de continuer à se développer, notamment outre-Atlantique où son nouveau propriétaire est déjà présent dans le milieu très sélectif - pour ne pas dire très protégé - des avionneurs états-uniens.

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L’américian Lord Corporation prend le contrôle de Fly By Wire Systems France

La réorganisation par le groupe suédois SKF de sa division aéronautique vient de connaître son épilogue. Elle avait été entamée en 2013 avec la séparation de ses différents métiers dans des entités dédiées spécialement créées afin d'en faciliter la cession. Après avoir cédé son activité "bielles de commandes et de structures" rebaptisée Kalistrut à l'américain PPC Aerostructures (siège à Portland en Orégon) puis déménagé son centre R&D à Valence, le géant suédois du roulement à billes vient de céder sa filiale Fly By Wire Systems France à un autre groupe américain, Lord Corporation, basé lui en Caroline du Nord.

Présidé par Edward Auslander, ce groupe à capitaux privés de 3000 personnes réparties dans 26 pays pour un chiffre d'affaires de plus de 900 millions de dollars a vu le jour en 1924. Il est présent dans de très nombreux secteurs d'activités (chimie, électronique, adhésifs, travail des aciers, etc.) et plus particulièrement dans l'aéronautique avec des solutions très techniques comme celles permettant notamment d'atténuer les vibrations liées à la rotation des pales particulièrement appréciées par les hélicoptéristes.

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En prenant le contrôle de Fly By Wire Systems France (160 salariés permanents, 40 millions d'euros de chiffre d'affaires dont 40% avec Airbus et 9% pour le secteur militaire), le groupe américain rajoute une nouvelle corde à son arc en se dotant d'un site dont l'expertise pour tout ce qui est relatif aux commandes de vols électriques est reconnue. Les ateliers drômois produisent des actionneurs linéaires et rotatifs permettant de piloter l'avion au sol, des manettes de commande des gaz, des pédaliers permettant d'actionner les dérives, freins, gouvernes mais aussi des joysticks, des volants, etc. Toutes ces pièces étant livrées sur les chaînes d'assemblage sous la forme de sous-ensembles prêts à être montés.

"A beautiful day" selon le CEO

"C'est une très belle journée", s'est réjouit Edward Auslander, présent - de même que ses principaux collaborateurs - le 7 juillet à St Vallier pour officialiser ce changement. "Lord Corporation réalise 55% de son activité en dehors des bases américaines. Cette acquisition est donc très importante pour nous, ce qui signifie que Fly By Wire va occuper une place clef dans la conquête de nouvelles parts de marchés et dans notre stratégie de développement, laquelle s'appuie très fortement sur l'innovation."

Responsable lui de la branche aéronautique, William Cerami est revenu sur le contexte et les attentes générées par cette acquisition : "Conscient du formidable potentiel de développement que présente le marché de l'aéronautique, nous nous sommes mis en quête il y a quatre ans d'un partenaire sur lequel nous pourrions nous appuyer pour accélérer notre croissance sur ce secteur. Au travers ses différentes spécialités, ses différents produits et savoir-faire, Fly By Wire présente le profil idéal, a fortiori si l'on intègre le fait que le pilotage des avions sera de plus en plus assisté par la technologie dans les années à venir pour laisser le moins de place possible à l'erreur humaine. Il faudra donc développer de nouvelles solutions et de nouveaux services".

Le site de St Vallier est donc promis à un bel avenir et ce d'autant plus que par le biais de Lord Corporation, il pourrait avoir accès à certains marchés quasi-exclusivement réservés aux sous-traitants et équipementiers américains, au nom du protectionnisme économique et d'enjeux de sécurité en vigueur au pays de l'Oncle Sam. Dans ces conditions, la construction et l'aménagement d'un nouveau site de production font partie des projets très sérieusement envisagés pour 2018.

Frédéric Rolland

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