Quotidien des Usines

L’aluminium dans les avions, Alcan y croit dur comme fer

Hassan Meddah , ,

Publié le

Le leader mondial de l'aluminium pour le secteur aéronautique a mis au point un nouvel alliage plus léger qui pourrait concurrencer les matériaux composites pour produire des avions. Le groupe investit 52 millions d’euros qui seront consacrés à une nouvelle fonderie pour son usine d'Issoire (Puy de Dôme).

L’aluminium dans les avions, Alcan y croit dur comme fer

Va-t-on assister au retour en force de l’alumimium dans le fuselage des avions? Alcan Global Aerospace y croit dur comme fer. La filiale en charge du secteur aéronautique du groupe Rio Tinto, a annoncé sur le salon de Farnborough un nouvel alliage à base d’aluminium 5% plus légers que les alliages traditionnels. Il fallait oser en pleine édition de ce salon de Farnborough : pour la première fois au monde y est présenté un avion constitué a plus de 50% de matériaux composites, le dreamliner de Boeing. Et d’autres avions dans l’avenir feront largement appel aux fibres de carbone au détriment de l’aluminium,  comme le futur A350 d’Airbus dont l’entrée en service est attendue pour 2013.

L’aluminium aurait donc encore son mot à dire. "L’avion tout composites n’existera jamais. Les solutions métalliques répondent clairement aux exigences des avions des prochaines générations" estime Christophe Villemin président d’Alcan Global Aerospace. Or l’enjeu est important. La division Aérospace, Transport et Industrie qui a réalisé environ 1,1 milliard de chiffre d’affaires l’an dernier, produit 200 000 tonnes  d’aluminium par an dont plus de la moitié pour le secteur aéronautique. A titre d’exemple, l’A380 embarque environ 180 tonnes d’aluminium, soit environ 60% de sa masse totale. Le nouvel engouement des avionneurs pour les matériaux composites menace clairement cette activité.

Pour mettre au point son nouvel alliage, Alcan a misé sur la recherche, consacrant près d’un tiers de son effort R&D à ce développement. A Voreppe en Isère, son centre d’expertise mondiale, près d’une centaine d’ingénieurs et de techniciens travaillent sur cette nouvelle technologie d'alliage basse densité baptisée  Airware. L’alliage basé sur de l’aluminium dans lequel on a injecté du lithium pour l’alléger et d’autres métaux pour le durcir, est 5% moins dense que les alliages d’aluminium actuels. Il a également d’autres avantages comme  une meilleure résistance aux contraintes mécaniques et a la corrosion. Au total il pourrait apporter un gain en poids de 20 a 30% en prenant en compte de nouveaux design plus performants qu’il rend possible. 

Les investissements concernent également l’appareil industriel. Une nouvelle fonderie et une unité de recyclage seront installées dans son usine d’Issoire dans le Puy-de-Dôme. La production démarrera au premier semestre de 2012. L’ensemble des investissements industriels et sur le centre de R&D s’élèvent a 52 millions d’euros.

"Cette innovation est sans risque opérationnel pour les avionneurs: l’alliage supporte les procédés industriels actuels d’usinage et d’assemblage" explique Christophe Villemin. Un argument d’autant plus fort que les retards du 787 de Boeing sont essentiellement dûs au manque de maitrise des nouveaux procédés de fabrication des pièces en matériaux composites.

Au contraire les process de transformation des métaux sont totalement maîtrisés. "Notre alliage est même compatible avec des processus plus sophistiqués comme le soudage par friction ou le collage déjà utilisés dans d’autres industries" explique Christophe Villemin. Deux avionneurs ont sélectionné la nouvelle technologie d’Alcan Global Aerospace. Le canadien Bombardier pour des éléments de fuselage de son future CSeries ainsi qu’Airbus pour des éléments de structures de son future A350. "Les premières production de l’alliage ont commencé. Nous livrons en ce moment les sites d’Airbus" explique Villemin.

 

 

Suivez les actualités de l'édition 2014 du Salon aéronautique de Farnborough



Un retour vers le futur pour l'aluminium en quelque sorte.

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1 commentaire

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21/07/2010 - 09h46 -

La nouvelle fonderie sera construite au sein de l'usine d'Issoire (Puy de Dome) et non au sein du Centre de Recherche de Voreppe, comme indiqué dans l'article.
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