L'alliance Renault-Nissan va évoluer, dit Carlos Ghosn

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Publié le

par Chang-Ran Kim

YOKOHAMA, Japon (Reuters) - La structure du capital de l'alliance Renault-Nissan va être réexaminée afin d'améliorer l'équilibre entre les deux groupes, a déclaré vendredi à Reuters le PDG Carlos Ghosn.

Ce dernier, qui espère qu'une décision sera prise d'ici trois ans, a écarté toute fusion entre les deux constructeurs.

La réaction des marchés financiers à la présentation, le 10 février, du nouveau plan stratégique de Renault pour les six prochaines années a été mitigée, certains investisseurs regrettant notamment l'absence d'évolution de la structure de l'alliance avec Nissan, qui aurait constitué selon eux un catalyseur immédiat pour le cours de Bourse.

"Nous allons passer en revue la structure financière, pas pour aboutir à une fusion (...) mais pour répondre à la principale préoccupation des investisseurs qui disent 'peut-être utilisez-vous trop de capital pour votre structure financière'", a déclaré lors d'une interview Carlos Ghosn, qui est à la fois PDG de Renault, de Nissan et de l'alliance Renault-Nissan.

"Nous espérons que cela aboutira (avant le bilan d'étape à mi-chemin du plan Renault)", a-t-il ajouté.

NISSAN DEUX FOIS PLUS LOURD EN CAPITAL QUE RENAULT

Depuis l'annonce du 10 février, le titre Renault a été sanctionné sur les marchés, perdant presque 10% de sa valeur. Après la publication des propos de Carlos Ghosn, le cours est en hausse d'environ 1,6% à Paris.

Carlos Ghosn n'a pas été plus précis sur l'évolution de la structure de l'alliance, forgée en 1999. Renault détient actuellement 43,4% de Nissan, qui possède en retour 15% de son partenaire français.

La valeur en Bourse de Nissan est plus de deux fois supérieure à celle de Renault.

"On sait depuis des années qu'une fusion, en tant que telle, est impossible. Mais savoir qu'ils sont prêts à bouger sur la structure de l'alliance est plutôt positif, car à l'heure actuelle les marchés éprouvent des difficultés à lire les synergies que l'alliance est en mesure de dégager", a commenté Philippe Barrier, analyste du secteur à la Société générale.

"Un rééquilibrage en capital me semble difficile à mettre en oeuvre, vu l'écart de valorisation entre les deux groupes, je verrais plutôt un rééquilibrage dans le fonctionnement et la prise de décision au sein de l'alliance", a-t-il ajouté.

Certains analystes préconisent un désengagement partiel de Renault dans le capital de Nissan. Le constructeur français n'a besoin que d'un tiers des actions Nissan pour en avoir le contrôle.

"Il faut étudier toutes les conséquences. Il existe un équilibre très délicat entre les deux entreprises. Il faut une solution qui satisfasse tous les actionnaires, ceux de Renault comme ceux de Nissan", a souligné Carlos Ghosn.

Chang-Ran Kim, Gilles Guillaume et Gregory Schwartz pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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