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L'Usine Auto

L’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi entre dans une période d’incertitude

Julie Thoin-Bousquié ,

Publié le

Les soupçons de fraude portant sur Carlos Ghosn au Japon risquent de peser sur l’Alliance qui unit les trois groupes automobiles Renault, Nissan et Mitsubishi.

L’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi entre dans une période d’incertitude
S'ouvre une période de trouble pour l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.
© Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi

Début novembre, il promouvait encore les bénéfices de l’Alliance avec Nissan et Mitsubishi auprès du président Emmanuel Macron, et entouré de ses salariés de l’usine de Maubeuge (Nord), une vitrine industrielle pour Renault. Depuis lundi 19 novembre, Carlos Ghosn, à la tête du plus gros groupe automobile mondial (10,6 millions de ventes en 2017), est passé des bulles des mangas japonais dont il était le héros, au statut de fraudeur présumé.

Placé en garde à vue par les autorités japonaises, Carlos Ghosn est suspecté "de nombreuses malversations", selon les termes de son ancien dauphin et actuel président exécutif de Nissan, Hiroto Saikawa. C’est donc sa rémunération (au Japon), celle-là même qui a suscité de multiples crispations avec l’Etat français – actionnaire à 15% de Renault et détenant 22% des droits de vote – qui pourrait avoir raison de la place du dirigeant franco-libano-brésilien de 64 ans.

Sans même attendre les résultats de l’enquête et la validation par le conseil d’administration de Nissan, Hiroto Saikawa a pris pour acquis le départ de Carlos Ghosn de l’entreprise japonaise. Le dernier venu de l’Alliance, Mitsubishi, a indiqué dans la foulée son intention de proposer également un conseil d’administration en vue de "démettre rapidement Carlos Ghosn de son titre de président".

En France, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, s’est montré plus prudent, tout en estimant que le PDG de Renault n’était plus "en état de diriger le groupe".

Des synergies en progression

Thierry Bolloré, actuel directeur général adjoint, et l'administrateur référent Philippe Lagayette pourraient prendre les rênes du constructeur au Losange. Au-delà des trois groupes automobiles dont il a été successivement président-directeur général, c’est aussi cette structure originale qu’est l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi qui se trouve ébranlée par les révélations faites au Japon. Depuis plusieurs années, certains s’interrogent sur la capacité de l’Alliance à passer l’étape de l’après-Carlos Ghosn. Celui-ci s’en était d’ailleurs fait écho en février dernier, indiquant vouloir "rassurer tous les acteurs, entreprises concernées comme Etats et actionnaires, sur la pérennité de l’Alliance".

Car, si l’Alliance a été initiée par Louis Schweitzer (ancien PDG de Renault) en 1999, elle tient sa réussite au rôle d’architecte de Carlos Ghosn. C’est lui qui est parvenu à resserrer les liens entre les Renault et Nissan dans un premier temps, surfant dans le cas du deuxième groupe sur la popularité acquise dans le cadre du redressement réussi du constructeur japonais à l’aube des années 2000. "Carlos Ghosn a développé le partage des outils industriels, approfondi le travail communs dans l’ingénierie, tout en préservant les génétiques différentes des deux groupes. C’est d’ailleurs ce respect des identités des parties qui a selon moi assuré la pérennité de l’Alliance", détaille Bernard Jullien, spécialiste automobile et auteur d’ouvrages sur Dacia et Kwid.

Entre les trois groupes, les synergies ont progressé pour atteindre 5,7 milliards d’euros en 2017, contre 5 milliards l’année précédente. D’ici à 2022, 9 millions de véhicules des différentes marques devraient être fabriqués sur quatre plateformes communes, et 75% équipés de motorisations communes, alors que c’est le cas pour seulement un tiers des voitures produites actuellement. De quoi permettre de doubler les synergies à 10 milliards d’euros annuels à cette échéance. A moins que la période de troubles ne donne lieu à un divorce entre les entreprises françaises et japonaises?

Vers un divorce?

"Il y a des irréversibilités tellement évidentes que cette option me paraît très improbable", tranche Bernard Jullien. Dans son discours, Hiroto Saikawa a d’ailleurs insisté sur le fait que "l’Alliance ne serait pas affectée par ces événements". Dans un communiqué publié mardi 20 novembre, le groupe Renault s’est montré également très attaché à la consolidation d’une Alliance indispensable à la pérennité des groupes qui en font partie, dans un contexte de course aux volumes.

"Reste désormais à trouver une nouvelle manière de fonctionner", glisse Bernard Jullien. La tâche s’annonce compliquée, tant chacun veille à ses intérêts. Les événements récents pourraient d’ailleurs en être une illustration. "Il n’est pas impossible que l’intégration plus forte des groupes, une piste que semblait observer Carlos Ghosn et mal vue par Nissan, ait hâté un processus de fâcherie", analyse un spécialiste de l’automobile. Dans un communiqué commun, les ministres de l’Economie français et japonais ont tenté d’apaiser les esprits en "[réaffirmant] l’important soutien des gouvernements français et japonais à l’alliance entre Renault et Nissan". Et fait état de "leur souhait partagé de maintenir cette coopération gagnante"

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