L'allemand Holzmann en faillite

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Le numéro deux allemand de B-TP, Philip Holzmann, va déposer son bilan. En difficultés financières depuis le milieu des années 1990, le groupe, basé à Francfort, emploie 23 000 salariés. Son chiffre d'affaires atteint 5,8 milliards d'euros, soit à titre de comparaison un peu moins que celui du numéro trois français Eiffage.

Les dix-sept banques, qui contrôlent la majorité de son capital, ne sont parvenues à s'entendre sur un nouvel apport d'argent frais. Et le groupe a annoncé sa défaillance hier en fin d'après-midi.

L'an dernier, les pertes ont atteint 237 millions d'euros alors qu'il était censé revenir vers l'équilibre. Ses dettes atteignent 1,5 milliard d'euros.

Comme de nombreux concurrents, Philipp Holzmann ne s'est pas remis de la grande crise du bâtiment qui depuis près de dix ans frappe l'Allemagne. A la suite de la réunification, le secteur du BTP avait massivement étendu ses capacités et pris des engagements dans l'immobilier qui le plombent aujourd'hui.

Un plan de redressement concocté en 1999, suite à un premier dépôt de bilan avec les banques, n'aura donc pas sauvé le major allemand. Malgré le soutien du chancelier Schröder, qui avait poussé les banques à soutenir le groupe et qui reste très attentif à ce dossier sensible en cette période pré-électorale.

Le gouvernement a, d'ailleurs, immédiatement réagi. « Pour éviter un goulot d'étranglement financier mettant en danger leur existence, l'Etat et certains Länder proposeront une série d'aides garanties » aux PME affectées par ce dépôt de bilan, a indiqué ce vendredi, le ministre allemand de l'économie Werner Müller.

Ces aides comprendront des prêts à des taux d'intérêts réduits ou des crédits en liquides accordés par les banques publiques KfW ou la Banque des règlements.

Par ailleurs, des groupes allemands comme Bilfinger+Berger, Strabag, ou même Hochtieff s'intéressent au dossier de la reprise, mais surtout pour les activités les plus juteuses comme la route ou les services. Voire certaines filiales étrangères notamment aux Etats-Unis (J.A. Jones). Le français Vinci, numéro un mondial du secteur, a démenti tout intérêt pour le groupe en son ensemble.

Pierre-Olivier ROUAUD

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