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"L’Allemagne saura participer à Ariane 6", selon le directeur des lanceurs de l’ESA

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Entretien La configuration définitive d’Ariane 6 a été présentée, ce mercredi 9 juillet, alors même que ce projet est suspendu à la validation des états membres lors de la conférence ministérielle prévue en 2014. Antonio Fabrizi, directeur des lanceurs de l’Agence spatiale européenne (ESA), revient sur la présentation de ce potentiel remplaçant d’Ariane 5.

L’Allemagne saura participer à Ariane 6, selon le directeur des lanceurs de l’ESA © ESA - P. Sebirot

L’Usine Nouvelle - N’est-ce pas étonnant de faire une présentation officielle d’Ariane 6, en France, en présence de Geneviève Fioraso, alors même que le projet est en attente d’une validation en 2014 ?

Antonio Fabrizi - Les travaux suivent leurs cours normalement : suite à la décision des états membres, en novembre 2012, de lancer la phase d’études pour le futur lanceur Ariane 6, nous avons, en compagnie des industriels, sélectionné la configuration qui nous semble la plus adapté aux objectifs de diminution de coûts fixés. Nous avons donc officiellement présenté cette configuration aux délégations, et il est tout à fait légitime de leur part qu’elles communiquent à ce sujet comme l’a fait la ministre Fioraso pour la France.

Cette présentation assure-t-elle l’existence d’Ariane 6 et menace-t-elle celle d’Ariane 5 ME, lanceur intermédiaire défendu par la délégation allemande ?

De notre côté, nous continuons à travailler pour être prêts pour le prochain jalon : la revue préliminaire des besoins qui aura lieu en octobre et signera la fin de la phase A. Des experts indépendants valideront alors le design retenu et son adéquation avec le budget prévu puis nous entrerons dans une phase B de maturation de cette configuration pour la présenter à la réunion ministérielle de 2014. Si les états décident alors de financer ce lanceur, le projet continuera. Sinon, non. Et la situation est exactement la même pour Ariane 5ME. Nous avançons les études et les états membres décideront.

La configuration choisie remplace le deuxième étage cryogénique d’Ariane 5 par un réacteur à poudre identique aux trois réacteurs du premier étage, ne craignez-vous pas les conséquences industrielles d’une telle décision, notamment en Allemagne ou même en France chez Air Liquide ?

Nos travaux ont montré que cette solution PPH (premièr étage à poudre, deuxième étage à poudre, troisième étage à hydrogène) répond le mieux au cahier des charges qui nous a été soumis. Nous l’avons donc choisie. L’Allemagne saura faire les mutations nécessaires pour participer à ce projet. Elle est déjà présente sur le troisième étage, elle le sera sur les structures… dans les mois à venir nous trouverons des solutions avec la délégation.

Chez Air Liquide, le travail sera moins varié, puisqu’il n’y aura plus qu’un étage cryogénique, le troisième, et non plus deux. Mais il ne devrait pas diminuer en volume. Ariane 5 lance les satellites deux par deux alors qu’Ariane 6 les lancera un par un. Donc, si Arianespace ne perd pas de part de marché, nous produirons une douzaine d’Ariane 6 par an alors que nous construisons entre cinq et sept Ariane 5 par an, aujourd’hui. Il s’agit donc de repenser la production chez Air Liquide, mais pas de la réduire. Cela sera également le cas pour Astrium.

Propos recueillis par Charles Foucault

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