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L'Allemagne n'a pas empêché la big pharma GSK de s'emparer de 10% de la biotech CureVac

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Publié le , mis à jour le 20/07/2020 À 17H11

Le géant pharmaceutique anglais GlaxoSmithKline s'apprête à acheter 10% de la biotech CureVac pour 143 millions d'euros. Il y a un mois, c'est l'Etat allemand qui avait pris une participation de 23% au capital de cette entreprise jugée stratégique, car elle travaille à la mise au point d'un vaccin contre le coronavirus.

L'Allemagne n'a pas empêché la big pharma GSK de s'emparer de 10% de CureVac
GSK va prendre 10% de la biotech CureVac pour collaborer sur un vaccin contre le COVID-19.
© Loriene Perera

Lundi 20 juillet, le géant pharmaceutique GlaxoSmithKline a annoncé dans un communiqué s'apprêter à acheter 10% de la biotech CureVac pour 130 millions de livres sterling (142,9 millions d'euros), dans le cadre d'un accord de collaboration stratégique sur un vaccin contre le COVID-19.

La technologie de l'acide ribonucléique messager (ARNm)

Soutenues par le milliardaire Bill Gates, GSK et CureVac développeront jusqu'à cinq vaccins basés sur l'utilisation d'acide ribonucléique messager (ARNm) et la production d'anticorps monoclonaux. Une fois injecté dans les cellules, l'ARNm provoque une réponse immunitaire de l'organisme humain aux agents infectieux par la traduction de protéines capables d'imiter les agents pathogènes du coronavirus, le SARS-CoV-2. "L'expérience de CureVac complète notre propre expertise", a commenté Roger Connor, président de GSK Vaccines.

Si cette approche doit encore être approuvée avant tout essai thérapeutique, elle a notamment été déployée dans les vaccins expérimentaux de BioNTech et son partenaire Pfizer, ainsi que par Moderna.

Une future cotation sur le Nasdaq ?

La prise de participation de GSK signale une valorisation pour CureVac de près de 1,4 milliard d'euros alors que la biotech prépare son introduction en Bourse à l'automne, a indiqué une source proche du dossier. CureVac prévoit de se coter sur le Nasdaq. Le groupe n'a pas souhaité faire de commentaires sur l'introduction en Bourse et a dit rester ouvert à toutes les options de financement possibles.

Mi-juin, l'Etat allemand a investi 330 millions d'euros pour s'emparer de 23% du capital de la start-up. Le ministre de l'Economie Peter Altmaier a justifié cette opération en expliquant que le gouvernement souhaitait renforcer les secteurs des sciences de la vie et des biotechnologies allemands, ajoutant que Berlin n'aurait aucune influence sur la stratégie commerciale de groupe.

Des informations concernant des signes d'intérêt de l'administration américaine pour acquérir CureVac avaient suscité en mars de vives réactions en Allemagne où Peter Altmaier et son homologue à l'Intérieur Horst Seehofer avaient exprimé leur soutien au maintien du laboratoire sur le sol allemand.

Le thème devenu très sensible de la propriété des laboratoires allemands CureVac et BioNTech, lancés dans la course au traitement contre le Covid-19, a conduit Berlin à renforcer en mai sa capacité à bloquer les prises de contrôle étrangères hostiles de ses entreprises du secteur de la santé.

 

 

avec Reuters (par Pushkala Aripaka et Arno Schuetze; Aakash Jagadeesh Babu, Caroline Copley ; version française Juliette Portala, édité par Blandine Hénault)

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