L'Allemagne intraitable avec Airbus sur l'A400M

PARIS/BERLIN (Reuters) - Airbus risque une pénurie de cash et des mois d'incertitudes liées à l'A400M après le refus de ses clients de revoir les pénalités prévues pour les retards de l'avion de transport militaire. L'Allemagne envisage de faire jouer totalement les clauses permettant à Berlin de suspendre ses paiements.

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L'Allemagne intraitable avec Airbus sur l'A400M

Le groupe européen d'aérospatiale et de défense a demandé de l'aide pour son programme de 20 milliards d'euros qui continue à rencontrer des problèmes techniques, sept ans après avoir obtenu un renflouement de 3,5 milliards d'euros de la part de ses pays de l'Otan.

Le responsable des activités de défense d'Airbus, Dirk Hoke, a rencontré jeudi les pays clients qui ont confirmé les pénalités, selon une source proche des discussions.

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Airbus a exposé sa liste d'exigences, parmi lesquelles un meilleur partage des responsabilités sur les moteurs de l'A400M, dont le développement a été émaillé de problèmes.

Mais selon des sources proches du dossier, les réclamations d'Airbus se résument principalement à des inquiétudes sur une pénurie de cash, en particulier de la part de l'Allemagne, premier client du principal programme de défense européen. Cette fois-ci, Airbus ne demande plus d'injection de fonds publics, ajoutent-elles.

Selon certaines sources, l'Allemagne a gelé environ 15% des versements en liquide en vertu de clauses de rétention financière du contrat au motif que certains systèmes de l'A400M ne fonctionnent pas comme prévu.

Les relations déjà épineuses entre Airbus et l'Allemagne pourraient encore se tendre. Berlin détient 11% du capital d'Airbus et est le premier client de l'A400M dont il a commandé 53 exemplaires.

Airbus s'est refusé à tout commentaire sur les discussions.

Problèmes techniques

Le programme de l'A400M accuse des années de retard en raison de problèmes techniques qui ont fait gonfler la facture pour l'Allemagne à 9,6 milliards d'euros au lieu des 8,1 milliards estimés à l'origine.

Les problèmes portent sur de véritables manques dans les capacités promises de l'avion comme sur des défauts apparemment mineurs.

Un exemple - que d'aucuns qualifient de pinaillage - porte sur la contenance effective des réserves de carburants : elle n'est que de 63.500 litres au lieu des 64.000 prévus dans le contrat.

Mais certains problèmes sont plus profonds, comme le fait que le système de défense destiné à l'armée de l'air allemande ne respecte pas les spécifications, même si Airbus insiste sur le fait qu'il reste supérieur à celui de bon nombre de ses concurrents.

La ministre de la Défense Ursula von der Leyen a indiqué qu'elle comptait faire jouer totalement les clauses permettant à Berlin de suspendre ses paiements. Des responsables allemands ont argué qu'aucun des huit avions déjà livrés au pays ne respectait entièrement les spécifications.

L'Allemagne a également demandé une indemnité de 39,4 millions d'euros pour les retards subis par ses cinq premiers A400M.

En se montrant intraitable, l'Allemagne veut montrer qu'elle n'accepte plus que des groupes d'armement s'engagent sur des spécifications irréalistes pour ensuite parvenir à un compromis, selon des sources militaires.

Les pays clients pourraient de leur côté avoir tendance à commander des équipements trop ambitieux afin d'assurer une charge de travail supplémentaire à leurs propres usines. Ce genre de dépassements figure en général dans les négociations, mais la diète budgétaire des Etats européens les a conduits à durcir leurs pratiques.

Selon des analystes, l'A400M était l'un des premiers grands programmes militaires à contenir un prix fixé, mais sans supprimer pour autant des conditions exagérées, ce qui a multiplié les différends entre Airbus et ses clients sur la facture à payer pour la résolution des problèmes successifs.

Les pays clients estiment qu'Airbus porte l'essentiel de la responsabilité des milliards d'euros de dépassements de coûts.

Même si toutes les parties se sont accordées sur une nouvelle réunion en juin, peu de progrès sont à attendre avant les élections prévues en septembre en Allemagne.

Les précédentes négociations sur le renflouement du programme avaient été réclamées par Airbus début 2009, qui était également une année électorale en Allemagne. Les discussions n'avaient démarré qu'après le scrutin de septembre 2009 et un accord définitif avait été conclu en 2010.

Pour Reuters, Tim Hepher et Andrea Shalal, Cyril Altmeyer pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot

1 Commentaire

L'Allemagne intraitable avec Airbus sur l'A400M

verdarie
03/04/2017 09h:45

Pas difficile de voir ou veut en venir l'Allemagne qui profitant de notre faiblesse économique , tente en ne payant pas ce qu'elle doit , d'exiger une part du gateau ! Voilà ou nous en sommes avec l'Europe et nos soit disant alliés?.

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