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L'Allemagne creuse l'écart

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Profitant de la reprise pour enclencher de nouvelles réformes, le gouvernement d'Angela Merkel veut renforcer la compétitivité de ses entreprises. Une stratégie qui pourrait, à terme, fragiliser l'industrie française.

Les entreprises citées

Même cantonnée à la troisième place, l'Allemagne sort largement gagnante de la Coupe du monde de football. Une organisation sans faille qui redore l'image du pays, un afflux record de touristes (2 millions) et un bonus de 0,1 % pour le PIB : le champion de l'économie européenne est sur un petit nuage. L'euphorie a même gagné les chefs d'entreprise, dont le moral mesuré par l'institut IFO a atteint 106,8 points en juin, son plus haut niveau depuis quinze ans !

La production industrielle tire la croissance

Alimentée par une demande étrangère forte, c'est l'industrie qui tire l'activité. Le premier exportateur mondial a livré pour 72,6 mil- liards d'euros en mai, un montant en progression de 14,3 % par rapport à l'année dernière, d'après l'institut Destatis. Ce dynamisme rejaillit sur la production industrielle, en hausse de 1,5 % sur la période et de 6 % en glissement annuel. « Et le second semestre sera meilleur », annonce Eric Vergnaud, économiste chez BNP Paribas, qui prévoit une croissance de 1,9 % pour l'année (après 1 % en 2005). Un optimisme motivé par un phénomène nouveau : après des années d'austérité salariale et de suppressions d'emploi, la demande intérieure reprend des couleurs. Au premier trimestre 2006, la consommation a augmenté de 0,6 %, contre 0,3 % au dernier trimestre 2005. « Les dépenses des ménages profitent de plusieurs facteurs », décode Paola Montpensus-Veroni, économiste à l'OFCE. Après l'effet Coupe du monde, elles devraient bénéficier de l'anticipation de la hausse de la TVA. La timide reprise de l'emploi pourrait aussi jouer. « Les réformes du marché du travail, mises en place en 2003, font sentir leurs effets aujourd'hui », note Paola Montpensus-Veroni. D'après le ministère du Travail, plus d'1 million d'emplois auraient été créés grâce aux réformes Hartz, qui ont durci les conditions d'indemnisation des chômeurs et permis la création d'emplois (mini-jobs). En juin, le taux de chômage brut, qui n'intègre pas les variations saisonnières et calendaires, est descendu à 10,5 % contre 11,7 % en moyenne en 2005.

« Reste à savoir quel sera l'impact des réformes lancées par Angela Merkel », s'interroge Frederik Ducrozet, économiste au Crédit agricole. La chancelière devait présenter, le 12 juillet, une ébauche de ses projets en matière de fiscalité des entreprises (lire ci-dessus). A la clé : un cadeau estimé à 8 milliards d'euros pour les entreprises la première année et 5 milliards par an par la suite. De quoi compenser la hausse des cotisations d'assurance-maladie début 2007 et faire la différence avec les autres entreprises européennes.

Une politique à double tranchant pour la France

Les efforts menés par l'Allemagne ces dernières années lui ont déjà permis de rattraper son retard. D'après une étude de Lionel Fontagné et Patrick Artus pour le Conseil d'analyse stratégique, le coût salarial unitaire dans le secteur manufacturier est désormais légèrement plus faible en Allemagne qu'en France. Et le mouvement devrait continuer. « Face à la concurrence des pays de l'Est, le gouvernement veut renforcer la compétitivité de son industrie », remarque Paola Montpensus-Veroni.

Cette stratégie est à double tranchant pour la France. A court terme, elle profite de la bonne santé de son voisin dont elle est le deuxième fournisseur. Depuis le début de l'année, la valeur de nos exportations outre-Rhin a augmenté d'1 milliard par rapport à l'année dernière, atteignant presque 18 milliards. L'aéronautique mais aussi les équipements mécaniques, le verre ou la sidérurgie en sont les principaux bénéficiaires. Et la hausse de 2 % de la production industrielle en juin est en partie due à la montée en puissance de l'économie germanique. Mais à plus longue échéance, les efforts de l'Allemagne pour améliorer sa compétitivité pourraient s'avérer dangereux pour une industrie tricolore fragile. « Les réformes vont creuser un peu plus l'écart », note Frederik Ducrozet. D'autant que l'échéance présidentielle de 2007 risque de bloquer les décisions pendant plusieurs mois de ce côté-ci du Rhin.

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