Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Agro

L'alimentation animale mise sur la qualité

, , , ,

Publié le

Les industriels innovent pour limiter les intrants chimiques et rassurer les consommateurs avec des produits de meilleure qualité.

L'alimentation animale mise sur la qualité © À Saint-Nolff (Morbihan), Neovia a investi 5,5 millions d’euros dans un centre de R & D qui doit accueillir 100 ingénieurs et chercheurs.

C’est désormais devenu presque banal. Dans les rayons en libre-service de la grande distribution, les marques rivalisent d’imagination marketing pour communiquer. Ici, un jambon « Bien élevé » de la société Brocéliande, filiale du groupe Cooperl Arc Atlantique implanté à Lamballe (Côtes-d’Armor) ; là, un jambon « J’aime », sans antibiotique ni OGM, de Fleury Michon, qui a son siège à Pouzauges (Vendée). Des références lancées ces derniers mois pour des produits de grande consommation vendus à des prix modérés, souvent identiques voire inférieurs à ceux du Label rouge.

Les consommateurs semblent apprécier, car leurs compositions sont quasi naturelles. D’après Thierry du Teilleul, le directeur du marketing de Brocéliande, « les ventes des références “Bien élevé” sont exponentielles depuis leur lancement il y a dix-huit mois. Quelque 1 200 magasins nous ont référencés. Et 40 nouveaux produits vont être lancés en 2016. Ce sont des gammes de charcuterie à partir d’animaux élevés sans antibiotique après sevrage. »

Des labels et des marques dédiés

Pour redonner du tonus à la filière viande – porcs, bovins et volailles –, les transformateurs misent depuis peu sur les innovations, principalement dans le secteur de l’alimentation animale, qui représente près de 50 % du coût de production d’un élevage. Les fabricants se relèvent les manches pour s’adapter et investir dans la R & D. C’est le cas du groupe Neovia (ex-InVivo NSA), situé à Saint-Nolff (Morbihan), qui a inauguré début juillet son nouveau centre de recherche moyennant une enveloppe de 5,5 millions d’euros. « Il s’agit pour nous de créer des aliments adaptés aux élevages partout dans le monde. Nous ouvrons également un incubateur d’entreprises pour l’accueil de start-up que nous accompagnerons », indique son président, Hubert de Roquefeuil. Ce groupe coopératif répartit ses activités entre 74 usines en France et à l’étranger. Cent ingénieurs et chercheurs de Neovia vont progressivement rejoindre ce centre de R & D. Un fonds financier « doté de plusieurs millions d’euros » est annoncé pour des prises de participation dans de jeunes sociétés, toujours avec l’objectif d’innover dans l’alimentation animale en marketing, en produits et en process industriels.

Les professionnels du secteur n’ont pas de temps à perdre pour faire évoluer leurs modes de production et limiter les intrants chimiques. Les consommateurs veulent manger plus sain. Un créneau sur lequel la société BioArmor, sise à Plaintel (Côtes-d’Armor), surfe depuis des années. Elle a créé des produits naturels pour renforcer l’immunité des ruminants. La coopérative Le Gouessant de Lamballe, qui affiche une production annuelle d’aliments pour bétail de 900 000 tonnes, adosse cette recherche vers plus de qualité à son label d’exploitations évoluant sous le nom de « Fermes des 4 soleils ». Pas moins de 90 d’entre elles en ont adopté les règles : strict respect de l’environnement, limitation des médicaments, hygiène parfaite des porcheries et poulaillers, aliments sains, suivi précis des animaux. À partir de ces élevages, Le Gouessant a également créé sa marque de jambons « Terres de Breizh », vendus dans les rayons de la grande distribution.

De gros investissements dans la R & D

Chez Valorex, à Combourtillé (Ille-et-Vilaine), nutrition animale rime depuis des années avec innovation. « Le centre de R & D de l’entreprise, indique le patron des chercheurs, Guillaume Chesneau, est composé de 30 ingénieurs. Nous avons déjà déposé 12 brevets et effectué 308 publications. » La chimie est bannie et les aliments sont fabriqués à base de graines oléagineuses et protéagineuses grâce à un procédé de thermo-extrusion breveté. « Nos aliments sont riches en oméga 3, ils contribuent à limiter le rejet de méthane », explique le directeur de la R & D, qui travaille à la mise en œuvre de l’usine d’aliments de demain « à partir de plantes naturelles produites en France et non plus d’importations de soja ». Pierre Weill, le PDG de Valorex, est d’ailleurs à l’origine de la création de l’association Bleu-Blanc-Cœur, qui fait la promotion du lin et des protéagineux dans la nourriture des animaux d’élevage.

Le groupe Roullier (3,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2015) est un fleuron international de l’agrofourniture. Lui aussi met le paquet dans la R & D et vient d’installer ses équipes d’ingénieurs dans un centre flambant neuf situé à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), moyennant un investissement de 30 millions d’euros. « Nos travaux se portent essentiellement sur les produits dédiés à l’agriculture durable, qui se développe non seulement en France, mais partout dans le monde. Nous créons des gammes à base de matières premières minérales naturelles », explique Jorge Boucas, le président du directoire de Roullier. Plus d’une centaine de chercheurs et d’ingénieurs vont être affectés au centre de R & D du groupe qui s’ouvre aux États-Unis et à la Chine, où le naturel dans l’alimentation animale commence aussi à être au goût du jour. 

La nutrition animale, une filière pérenne

  • 17 entreprises en Bretagne
  • 43 sites industriels
  • 9 millions de tonnes d’aliments par an
  • 4 750 salariés

« 43 usines d’aliments du bétail en activité » 
Laurent Morin, secrétaire général de Nutrinoë, le syndicat des entreprises bretonnes de l’alimentation animale

Comment se portent les entreprises de l’alimentation animale ?

Elles sont dans une situation encore très fragile, puisqu’en Bretagne elles doivent faire face à 130 millions d’encours d’impayés de la part des éleveurs. Certaines dettes ne seront pas honorées car des élevages ferment, liquidés par les tribunaux de commerce. Dans la région, il reste 43 usines d’aliments du bétail en activité. Depuis 2007, nous subissons une fermeture d’outil par an. Cela fait peu de bruit car les salariés y sont peu nombreux.

Compte tenu de ces conditions, les fabricants ont-ils les moyens d’innover ?

Le fabricant d’aliments n’est pas juste un spécialiste des mélanges de matières premières végétales. Trop longtemps, les industriels n’ont pas su montrer leur savoir-faire. La R & D fait partie intégrante de leurs activités. Ils sont tous impliqués dans les travaux scientifiques, par exemple, pour faire baisser de 10 % le volume des rejets. Ils ont aussi mis en place un système de traçabilité.

Ces mesures sont-elles suffisantes pour faire repartir le secteur de l’alimentation animale et, plus largement, la filière de l’élevage ?

Il nous faut travailler main dans la main avec tous les maillons de la chaîne. Cela va de l’éleveur au négociant, en passant par l’industriel et le distributeur. Les industriels de la filière développent des nouveaux produits et cherchent également à gagner en productivité. D’où de nombreux investissements dans l’automatisation des process. 

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle