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"L’Algérie, une bonne porte d’entrée pour atteindre l’Afrique subsaharienne", selon le directeur général de Renault Algérie

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Publié le , mis à jour le 12/11/2014 À 16H51

Entretien Le ministre de l’Economie Emmanuel Macron et le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius étaient aux côtés du patron de Renault Carlos Ghosn le 10 novembre. Le constructeur inaugurait en Algérie sa première usine au sud-ouest d’Oran,à Oued Tlélat. 25 000 véhicules sortiront chaque année de ses portes. Pour comprendre les enjeux de l’ouverture de cette usine sur un marché en pleine expansion, L’Usine Nouvelle a questionné le directeur général de Renault Algérie, Guillaume Josselin, et le PDG de Renault Algérie Production, Bernard Sonilhac.

L’Algérie, une bonne porte d’entrée pour atteindre l’Afrique subsaharienne, selon le directeur général de Renault Algérie © Nasreddin BADAWI/Icone

[Actualisation] Suite à une erreur de transcription, nous avons modifié le nombre de ventes effectuées par Renault en Algérie et le nombre global de véhicules écoulés sur le marché algérien. 

L’Usine Nouvelle - Vous allez produire 25 000 véhicules par an (des modèles Symbol) dans la nouvelle usine algérienne, exclusivement pour le marché national. Pensez-vous exporter ailleurs dans le monde à moyen terme ?

Bernard Sonilhac - L’Algérie pourrait constituer une bonne porte d’entrée pour atteindre l’Afrique subsaharienne, mais pour l’instant, l'exportation n'est pas à l’ordre du jour. La demande de Symbol sur le marché algérien est supérieure à l’offre, nous n’avons pas de raison de nous projeter à l’étranger.

Le marché algérien est-il prometteur ?

Guillaume Josselin - Même s’il connaît cette année un léger repli, ce marché pourrait devenir le premier d'Afrique. En 2013 Renault a écoulé sur place toute marques confondues 58 000 véhicules, soit une hausse de 4% par rapport à l'année précédente. Les ventes globales ont été en Algérie de 350 000 unités en 2013. Ce chiffre pourrait passer à moyen terme à 500 000.

L'activité est dynamique dans le secteur car le taux d’équipement n’est sur place que de 100 véhicules pour 1 000 habitants, contre 600 pour 1 000 en Europe. L'âge moyen de ces véhicules est de 16 ans en moyenne, contre 8 en France : le taux de renouvellement va être fort dans les prochaines années. Renault est aujourd’hui leader en Algérie, avec 26% de parts de marché, nous voulons renforcer cette position dominante et atteindre les 30%.

Les banques jouent-elles le jeu du crédit à la consommation pour les particuliers qui souhaitent investir dans un véhicule ?

GJ - Ces offres n’existent pas pour l’instant en Algérie, mais un article de la prochaine loi de finance devrait autoriser la commercialisation de ce type de produits financiers. Nous attendons avec impatience que ce texte soit voté et mis en œuvre.

Pour alimenter ce marché dynamique, prévoyez-vous de produire de nouveaux modèles dans cette usine ?

BS - Nous restons à l’écoute des besoins des Algériens, mais à court terme, nous n’avons pas prévu de fabriquer de nouveaux modèles sur ce site. La Symbol est ici un best-seller, elle représente près du tiers des ventes, avec entre 15 et 16 000 unités écoulées chaque année. La version produite dans l'usine d'Oran a été développée spécialement pour l’Algérie. C’est la première voiture sur ce marché à disposer d’un GPS intégré avec écran tactile.

D’ici 2019, vous comptez produire 75 000 véhicules sur vos lignes de production, ce qui va demander des investissements. Selon la presse algérienne, vous pourriez investir jusqu’à 800 millions d’euros sur le site, pouvez-vous confirmer ce chiffre ?

BS - Il est hors de propos. Pour le moment, cette usine a demandé un investissement de 50 millions d’euros à la structure Renault Algérie Production, détenue à 49% par le constructeur automobile Renault et à 51% par l’Algérie, via la Société nationale des véhicules industriels et le Fonds national d'investissement. Chacun a investi en fonction des parts qu’il détient dans la joint-venture. Nous n'avons rien à annoncer de plus.

Avez-vous bénéficié de subventions de la part du gouvernement pour vous installer à côté d’Oran ?

BS - Nous avons bénéficié de mesures de soutien mises en œuvre par l’Agence nationale pour le développement industriel. Certaines taxes (notamment les droits de douane) sont réduites pour une durée déterminée. Nous avons également profité de prêts à taux bonifiés, qui visent à différer la charge que l’investissement fait peser sur les entreprises. Ces mesures ne sont pas spécifiques à Renault, les sous-traitants de l'automobile qui veulent s'installer sur place y ont aussi droit, par exemple.

Propos recueillis par Lélia de Matharel

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