"L’Algérie, une bonne porte d’entrée pour atteindre l’Afrique subsaharienne", selon le directeur général de Renault Algérie

Le ministre de l’Economie Emmanuel Macron et le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius étaient aux côtés du patron de Renault Carlos Ghosn le 10 novembre. Le constructeur inaugurait en Algérie sa première usine au sud-ouest d’Oran,à Oued Tlélat. 25 000 véhicules sortiront chaque année de ses portes. Pour comprendre les enjeux de l’ouverture de cette usine sur un marché en pleine expansion, L’Usine Nouvelle a questionné le directeur général de Renault Algérie, Guillaume Josselin, et le PDG de Renault Algérie Production, Bernard Sonilhac.

Partager

[Actualisation] Suite à une erreur de transcription, nous avons modifié le nombre de ventes effectuées par Renault en Algérie et le nombre global de véhicules écoulés sur le marché algérien.

L’Usine Nouvelle - Vous allez produire 25 000 véhicules par an (des modèles Symbol) dans la nouvelle usine algérienne, exclusivement pour le marché national. Pensez-vous exporter ailleurs dans le monde à moyen terme ?

Bernard Sonilhac - L’Algérie pourrait constituer une bonne porte d’entrée pour atteindre l’Afrique subsaharienne, mais pour l’instant, l'exportation n'est pas à l’ordre du jour. La demande de Symbol sur le marché algérien est supérieure à l’offre, nous n’avons pas de raison de nous projeter à l’étranger.

Le marché algérien est-il prometteur ?

Guillaume Josselin - Même s’il connaît cette année un léger repli, ce marché pourrait devenir le premier d'Afrique. En 2013 Renault a écoulé sur place toute marques confondues 58 000 véhicules, soit une hausse de 4% par rapport à l'année précédente. Les ventes globales ont été en Algérie de 350 000 unités en 2013. Ce chiffre pourrait passer à moyen terme à 500 000.

L'activité est dynamique dans le secteur car le taux d’équipement n’est sur place que de 100 véhicules pour 1 000 habitants, contre 600 pour 1 000 en Europe. L'âge moyen de ces véhicules est de 16 ans en moyenne, contre 8 en France : le taux de renouvellement va être fort dans les prochaines années. Renault est aujourd’hui leader en Algérie, avec 26% de parts de marché, nous voulons renforcer cette position dominante et atteindre les 30%.

Les banques jouent-elles le jeu du crédit à la consommation pour les particuliers qui souhaitent investir dans un véhicule ?

GJ - Ces offres n’existent pas pour l’instant en Algérie, mais un article de la prochaine loi de finance devrait autoriser la commercialisation de ce type de produits financiers. Nous attendons avec impatience que ce texte soit voté et mis en œuvre.

Pour alimenter ce marché dynamique, prévoyez-vous de produire de nouveaux modèles dans cette usine ?

BS - Nous restons à l’écoute des besoins des Algériens, mais à court terme, nous n’avons pas prévu de fabriquer de nouveaux modèles sur ce site. La Symbol est ici un best-seller, elle représente près du tiers des ventes, avec entre 15 et 16 000 unités écoulées chaque année. La version produite dans l'usine d'Oran a été développée spécialement pour l’Algérie. C’est la première voiture sur ce marché à disposer d’un GPS intégré avec écran tactile.

D’ici 2019, vous comptez produire 75 000 véhicules sur vos lignes de production, ce qui va demander des investissements. Selon la presse algérienne, vous pourriez investir jusqu’à 800 millions d’euros sur le site, pouvez-vous confirmer ce chiffre ?

BS - Il est hors de propos. Pour le moment, cette usine a demandé un investissement de 50 millions d’euros à la structure Renault Algérie Production, détenue à 49% par le constructeur automobile Renault et à 51% par l’Algérie, via la Société nationale des véhicules industriels et le Fonds national d'investissement. Chacun a investi en fonction des parts qu’il détient dans la joint-venture. Nous n'avons rien à annoncer de plus.

Avez-vous bénéficié de subventions de la part du gouvernement pour vous installer à côté d’Oran ?

BS - Nous avons bénéficié de mesures de soutien mises en œuvre par l’Agence nationale pour le développement industriel. Certaines taxes (notamment les droits de douane) sont réduites pour une durée déterminée. Nous avons également profité de prêts à taux bonifiés, qui visent à différer la charge que l’investissement fait peser sur les entreprises. Ces mesures ne sont pas spécifiques à Renault, les sous-traitants de l'automobile qui veulent s'installer sur place y ont aussi droit, par exemple.

Propos recueillis par Lélia de Matharel

SUR LE MÊME SUJET

Sujets associés

NEWSLETTER La Quotidienne

Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes...

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES PODCASTS

A Grasse, un parfum de renouveau

A Grasse, un parfum de renouveau

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Anne Sophie Bellaiche nous dévoile les coulisses de son reportage dans le berceau français du parfum : Grasse. Elle nous fait découvrir un...

Écouter cet épisode

Les recettes de l'horlogerie suisse

Les recettes de l'horlogerie suisse

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, notre journaliste Gautier Virol nous dévoile les coulisses de son reportage dans le jura suisse au coeur de l'industrie des montres de luxe. 

Écouter cet épisode

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Martin Buthaud est docteur en philosophie à l'Université de Rouen. Il fait partie des rares chercheurs français à se questionner sur le rôle du jeu vidéo dans nos...

Écouter cet épisode

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Nathan Mann nous dévoile les coulisses de son reportage dans l'abattoir Labeyrie de Came, dans les Pyrénées-Atlantiques, qui robotise peu à peu...

Écouter cet épisode

Tous les podcasts

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

Trouvez les entreprises industrielles qui recrutent des talents

TOLIER FORMEUR P3 H/F

- 21/09/2022 - CDI - PONTOISE

+ 550 offres d’emploi

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS