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L’alerte de Kofi Annan sur le risque de terrorisme nucléaire

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Selon l’ancien secrétaire général de l’ONU, la prolifération nucléaire et le risque d’utilisation de bombes sales par des terroristes marquent l’échec de la communauté internationale à se protéger. Il dénonce l’hypocrisie des grandes puissances.

L’alerte de Kofi Annan sur le risque de terrorisme nucléaire © ONU

Mardi 6 juin, le Center of Political and Foreign Affairs réunissait à Paris un prestigieux panel d’intervenants sur le thème de la sécurité nucléaire. Au rang desquels on trouvait Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU de 1997 à 2006 et Prix Nobel de la Paix en 2001. Selon lui, le danger pour notre sécurité vient de "tous les coins. Les premiers dangers sont la pauvreté, le changement climatique, les maladies". Mais bien qu’il fasse beaucoup moins de morts, rappelle-t-il, "c’est du terrorisme dont nous parlons le plus".

"L’émergence du terrorisme international crée de nouvelles peurs. Les cybertechnologies demandent de développer de nouvelles protections contre le risque nucléaire. Un simple virus dans une centrale nucléaire peut provoquer des dommages considérables et avoir un impact énorme sur l’environnement", prévient-il.

Trop de matériels nucléaires en circulation

Ce risque s’additionne au fait que le nombre de pays nucléarisés croît. Le récent succès en Iran n’est qu’une exception alors que la Corée du Nord et plusieurs pays du Moyen-Orient veulent s’armer. Il y a plus de 15 000 têtes nucléaires sur la planète, rappelle-t-il, "chacune plus puissante que les bombes d’Hiroshima et de Nagasaki". Il pointe aussi du doigt "l’hypocrisie" des pays nucléaires qui peinent à se désarmer. "Il ne s’agit pas demander à la France de se désarmer, mais à ce que tout le monde se désarme !", tranche-t-il.

"Il y a trop d’armes et trop de matériels nucléaires sur la planète. Ils sont vulnérables au vol et au sabotage", alerte l’ex-secrétaire général, qui affirme que 80 % de ces matériels ne sont pas soumis à des règles de bonnes pratiques internationales. "Il y a un échec de la communauté internationale à prendre les mesures pour se protéger", ajoute-t-il.

Bronislas Komorowski, président de la Pologne de 2010 à 2015, confirme ce "risque d’utilisation des bombes sales par des terroristes". Pour lui, il y a urgence à "supprimer les matériaux fissiles présents sur les territoires post-soviétique", un problème auquel il a été confronté dans son propre pays. Il s’inquiète aussi de voir la Russie posséder encore 2 000 à 3 000 bombes nucléaires tactiques (bombes de faibles puissances), alors que les Etats-Unis n’en possèdent plus "que" 180.

A trois minutes de l’apocalypse

En conclusion, Kofi Annan appelle tout le monde à regarder la Doomsday clock, l’horloge de l’apocalypse, tenue à jour par Bulletin of the atomic scientists. Sur cette horloge symbolique créée au début de la guerre froide, minuit représente une apocalypse (nucléaire ou autre). Lors de leur dernière mise à jour en 2016, les scientifiques ont avancé l’horloge de 23h55 à 23h57, illustrant l’accroissement des tensions géopolitiques dans le monde. "L’horloge est presque aussi avancée qu’elle le fut lors des jours les plus sombres de la guerre froide. Il va falloir beaucoup de travail et de diplomatie pour revenir en arrière", prévient Kofi Annan.


Ludovic Dupin

 

 

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