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L'Airbus A350 prêt pour son premier vol

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Lors de ses Innovation Days à Toulouse en prévision du salon du Bourget, le groupe a dévoilé à la presse ce jeudi 6 juin le MSN1 qui devrait voler dans les prochains jours.

L'Airbus A350 prêt pour son premier vol © Airbus

"Vous pouvez vous approcher aussi près que vous voulez, mais surtout ne touchez pas !" avertit le responsable de la communication d’Airbus. Sous un franc soleil et une légère brise qui s’est levée, l’A350-900 repose sur le tarmac, non loin de sa FAL (Final assembly line), entouré de barrières de sécurité. Des hommes revêtus de gilets jaunes fluorescents siglés "Flight test installation" s’affairent autour du train d’atterrissage, sous les ailes et autour d’un des moteurs qui tournent lentement.

"Nous sommes très près du premier vol !" avait expliqué la veille Didier Evrard, directeur du programme de l’A350 XWB (pour Extra Wide Body), lors des rencontres Innovation Days organisées par Airbus en prévision du salon du Bourget. Le groupe a présenté, ce jeudi 6 juin, le MSN 1, le premier des cinq exemplaires qui serviront aux tests, au Centre de livraison Henry Ziegler de Toulouse.

"Un bébé bien né"

Pantalon noir, chemisette blanche frappée d’un espadon, Pascal Verneau, 51 ans, explique au pied de l’avion, dans le sifflement de l’APU, les dernières phases de test à réaliser. Il fait partie de l’équipage de six personnes qui effectuera le premier vol. Le MSN 1 a été transmis à l’équipe d’essais en vol le 31 mai dernier et le premier allumage des moteurs a eu lieu le 2 juin. Le premier roulage a eu lieu il y a deux jours. "Pour l’instant, tout se passe très bien, l’A350 est un bébé bien né ! Nous avons roulé lundi une demi-heure, et c’est un peu comme couper le cordon ombilical, plaisante le pilote. Ce jeudi, nous faisons les opérations de calibrage de l’air afin de vérifier que l’on peut respirer et évacuer la fumée correctement. Puis nous ferons des essais moteurs ainsi que des essais de freinage". Les deux derniers essais sur piste consistent notamment à porter l’avion jusqu’à sa vitesse de décollage. La moitié de la centaine d’heure de tests au sol nécessaire au premier vol a été effectuée. "Trois équipes se relaient de 6h30 du matin jusqu’au lendemain 4h pour que nous soyons prêts", explique le pilote.

Un premier vol imminent

Le groupe n’a rien dit sur la date du premier vol, ni sur l’éventualité d’un vol au-dessus du salon du Bourget. "Nous testons et nous re-testons, nous ne faisons aucun impasse, explique Didier Evrard, en charge du programme de l’A350 XWB. Nous avons encore des tests d’ici la fin de la semaine, notamment sur la piste et des tests à haute vitesse. Nous devons faire des inspections, et nous devons avoir la météo avec nous". L’avion devrait recevoir dès demain l’autorisation pour le premier vol, qui pourrait logiquement avoir lieu dans le courant de la semaine prochaine. "Il devrait durer quatre heures, explique Pascal Verneau. Nous décollerons en loi directe avec le feeling du pilote, sans les commandes-pilote, puis nous passerons en loi normale, avec les commandes. Nous avons deux possibilités en fonction de la météo : soit nous volons sur le quart Sud-Ouest, du côté de Toulouse, des Pyrénées puis de Bordeaux et de Perpignan, soit nous allons au-dessus de la Bretagne". Le premier vol sert également à tester le comportement du MSN1 à différentes altitudes et à différentes vitesses.

Le MSN 3 est lui en cours de production, et devrait servir à poursuivre les tests au sol entamés avec le MSN1, tandis que la production du MSN 2 devrait débuter prochainement. Cet exemplaire et le MSN5 devraient notamment permettre de tester la cabine en vol (celle-ci a déjà été "testée" au sol en décembre dernier à Hambourg). Pour tester l’A350, Airbus s’est doté de nouvelles technologies de simulation virtuelle à grande échelle, utilisant trois modèles de simulation (un pour le fuselage et les ailes, le second sur l’arrière de l’avion, et un troisième modèle pour le nez de l’avion). Les cinq avions (plus un exemplaire promis à la destruction lors de tests de résistance) serviront à une campagne d’essais en vol qui devrait durer près d’un an. "Nous maintenons notre objectif de la mise en service dans la seconde moitié de l’année 2014", a indiqué Didier Evrard. Qatar Airways sera le premier client livré.

Le passage à l'industrialisation

En fin d’année, le groupe devrait passer de la phase de développement à celle de l’industrialisation du modèle à proprement parler puisqu’il s’agira de passer au cours de l’année 2014 de un à trois exemplaires produits par mois. "Avec la mise en service, c’est l’un des prochains challenges", juge Didier Evrard.

Le groupe travaille également sur l’A350-1000, la version "élargie" du modèle (le fuselage et les ailes sont plus longs), dont la production devrait démarrer fin 2015. "La plupart des éléments sont communs à l’A350-1000 et à l’A350-900, ce développement comporte peu de risques", assure Didier Evrard, qui assure que le premier vol aurait lieu fin 2016 pour une entrée en service mi-2017. A ce jour, l’A350 a déjà été commandé à 616 exemplaires par 34 compagnies aériennes, indique-t-on chez Airbus.

A Toulouse, Patrick Déniel

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