L'aide à la Grèce au programme de l'Eurogroupe

par Pete Harrison

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

L'aide à la Grèce au programme de l'Eurogroupe

BRUXELLES (Reuters) - Les ministres des Finances des pays de l'euro, réunis au sein de l'Eurogroupe, vont tenter lundi de se mettre d'accord sur un dispositif d'aide financière à la Grèce, malgré les réticences de la France et de l'Allemagne.

Il s'agit pour les ministres des Finances des 16 pays utilisant l'euro d'aider la Grèce et de protéger ainsi la monnaie unique. Les discussions sont en cours mais pour l'instant rien de concret en matière d'aide financière n'est venu corroborer les promesses de soutien politique apportées ces dernières semaines à Athènes.

L'Allemagne, première puissance économique européenne, fait la sourde oreille aux propositions de sauvetage. Pour la ministre française de l'Economie Christine Lagarde, aucun montant chiffré ne sera annoncé lundi à la réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles.

"Je ne m'attends certainement pas à ce qu'une décision soit prise ou à ce qu'on presse un bouton, parce que c'est totalement prématuré", a-t-elle dit lors d'un point de presse à New York, tout en estimant que la Grèce avait déjà "donné énormément" en adoptant un plan d'austérité pour lutter contre ses déficits publics et sa dette.

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble est allé dans le même sens. "Il y a toujours des rumeurs, spécialement avant ce genre de réunion. Mais il n'y a rien de neuf. C'est pourquoi il n'y a pas de raison de prendre des décisions sur une aide financière lundi", a-t-il dit dans un entretien diffusé dimanche sur le site web du quotidien Bild.

Le quotidien britannique The Guardian daté de samedi cite le chiffe de 25 milliards d'euros pour l'aide proposée à la Grèce par l'Eurogroupe. Les besoins d'emprunt de la Grèce pour l'année 2010 s'élèvent à 53,2 milliards d'euros.

De source européenne, on affirmait samedi que le principe et les conditions d'une aide financière à la Grèce feraient sans doute l'objet d'un accord dès lundi, mais que le montant de cette aide ne serait en revanche pas évoqué avant que le gouvernement grec ne sollicite ouvertement cette aide.

"UN CADRE ET DES BLANCS"

"Je pense que nous serons en mesure de nous entendre sur les principes d'une aide coordonnée de la zone euro. La Commission européenne et le groupe de travail de l'Eurogroupe auront l'aval pour finaliser le travail. Il s'agirait des principes et des paramètres d'un mécanisme d'aide, qui pourrait ensuite être mis en oeuvre, si c'est nécessaire et si c'est demandé", a-t-on déclaré à Reuters.

"Il n'y a pas d'accord sur le montant. On devrait avoir un cadre et des blancs pour les chiffres parce qu'il n'y a pas encore eu de demande de la part de la Grèce", a-t-on ajouté.

La Grèce espère ramener son déficit budgétaire à 8,7% du PIB cette année, contre 12,7% en 2009, soit une baisse de quatre points de pourcentage.

Selon les règles de l'UE, ni l'UE en tant que telle, ni les Etats membres à titre individuel ne peuvent assumer les dettes d'un autre pays.

Parmi les mesures envisagées pour soutenir la Grèce figurent des prêts bilatéraux et des garanties de prêts, a-t-on appris de week-end auprès de l'UE.

Pour Wolfgang Schäuble, qui a appelé à la création d'un Fonds monétaire européen pour aider les pays de la zone euro en situation de faillite, un tel fonds ne pourrait pas résoudre les problèmes de la Grèce.

"Nous devons résoudre cette crise avec les outils existants et le gouvernement grec mérite un grand respect pour ses efforts d'économies", a-t-il dit en soulignant que la résolution de la crise grecque serait "décisive" pour la stabilité de l'euro.

La Banque centrale européenne se montre elle aussi prudente.

La Grèce devra montrer qu'elle a pris des mesures pour mettre en ordre ses finances publiques avant qu'une aide extérieure puisse être accordée, a estimé dimanche Ewald Nowotny, un des membres de son conseil des gouverneurs.

"Ceux qui sont membres du club doivent se conformer aux règles", a-t-il dit à la télévision autrichienne.

Selon un sondage publié dimanche, 50% des Grecs estiment le plan d'austérité de 4,8 milliards d'euros annoncé par le gouvernement comme un pas dans la bonne direction, malgré les manifestations qu'il a provoquées.

Le plan d'austérité a pour but de répondre aux inquiétudes des marchés qui se demandaient si la Grèce serait capable d'assureur le service de sa dette. Cela a permis à Athènes de procéder sans encombre à un emprunt obligataire ce mois-ci, même si la rémunération consenties aux investisseurs a dû être environ deux fois plus élevée que le coût auquel emprunte l'Allemagne.

Gregory Blachier, Pierre Sérisier et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Eric Faye

0 Commentaire

L'aide à la Grèce au programme de l'Eurogroupe

Tous les champs sont obligatoires

Votre email ne sera pas publié

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS