L’agroalimentaire français retrouve des couleurs à l’export

Le moral revient dans l’industrie agroalimentaire française. Les exportations repartent à la hausse depuis 2015, tout comme les investissements, selon des estimations du cabinet Euler Hermes. La tendance devrait se confirmer en 2016.

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L'usine Häagen-Dazs de Tilloy-les-Mofflaines (Pas-de-Calais) exporte une grande partie de sa production

Après plusieurs années de stagnation, les exportations du secteur agroalimentaire repartent à la hausse depuis le début de l’année. Une tendance qui devrait se poursuivre sur 2016. Selon les prévisions établies par le cabinet Euler Hermes, elles devraient progresser de 2,3 milliards d’euros en 2015, pour atteindre un total de 59,4 milliards d’euros. "Cette progression est due, pour un milliard d’euros à la baisse de l’euro, qui a redonné de la compétitivité aux industriels du secteur", souligne Farah Allouche, conseiller sectoriel chez Euler Hermes. Mais l’effet devise n’est pas le seul responsable de cette embellie. "C’est aussi le résultat d’efforts des industriels pour mieux se développer à l’exportation et travailler ensemble", ajoute Farah Allouche.

Ainsi, ces dernières années ont vu émerger des initiatives communes, notamment dans le secteur de la viande porcine, comme le charcuterie, sur la Chine. Les industriels ont mutualisé leurs moyens, par le biais de l’interprofession Inaporc notamment, pour ouvrir un bureau sur place et obtenir les premiers agréments d’exportations. Plus récemment encore, une plate-forme d’exportations, a été mise en place sous la houlette des pouvoirs publics. Baptisée France Export Viandes, elle doit aider les industriels de la viande à décrocher des marchés à l’exportation et faciliter la levée d’obstacles réglementaires.

Vins et spiritueux toujours leaders

Mais toutes les filières n’ont pas les mêmes opportunités à l’export. Le premier responsable de cette embellie pour 2015 est celui des vins et spiritueux. "Le secteur a réussi à compenser la baisse de volume sur le marché domestique en se tournant vers les pays voisins, comme le Royaume-Uni, l’Allemagne, mais aussi plus lointains comme les Etats-Unis", constate Euler Hermes. Des filières comme la viande ou le lait restent soumises à des contraintes, notamment sanitaires et réglementaires qui devraient limiter encore leur progression. Ils devraient cependant enregistrer cependant une légère progression. Sur 2016, les exportations agroalimentaires françaises devraient augmenter au total de 2,7 milliards d’euros, pour dépasser les 61 milliards d’euros, selon les prévisions d’Euler Hermes.

Investissements en hausse et défaillances en baisse

Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, les investissements repartent aussi à la hausse : +1 % en 2015 et +2 % attendus en 2016. Les entreprises ont été confrontées à une baisse de leur rentabilité ces dernières années. "Ces investissements devraient concerner davantage l’outil industriel et la recherche de baisses de coûts, plutôt que la recherche et l’innovation", prévient Alain Estrade, responsable des risques pour le secteur agroalimentaire chez Euler Hermes.

Cette reprise de l’activité dans le secteur entraîne une baisse logique du nombre de défaillances. Le cabinet anticipe une baisse des défaillances de 1% en 2015 et de 3% en 2016, soit respectivement 2 590 et 2 520 entrées en procédure. L’année 2016 pourrait bien donner le signal d’un nouvel élan pour l'agroalimentaire français.

Source : Euler Hermes

Adrien Cahuzac

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