L’agence française pour la biodiversité donne son feu vert au parc éolien Dieppe-Le Tréport

L’Agence Française pour la Biodiversité a rendu mardi 20 février un avis "favorable avec réserves" concernant le projet de parc éolien offshore de Dieppe-Le Tréport (Seine-Maritime). Ouf de soulagement pour Le consortium Engie/EDP Renewables/Caisse des Dépôts et son partenaire industriel Siemens/Gamesa qui vont pouvoir poursuivre le développement du parc.

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L’agence française pour la biodiversité donne son feu vert au parc éolien Dieppe-Le Tréport

Le projet de parc éolien offshore de Dieppe-Le Tréport (Seine-Maritime) pour 62 éoliennes de 496 MW ne sera pas enterré. Mardi 20 février, l’Agence française pour la biodiversité (AFB) a émis un "avis favorable avec réserves" aux modifications apportées par le porteur du projet, la société Éoliennes en mer Dieppe/Le Tréport du consortium Engie/EDP Renewables/Caisse des dépôts, qui s’est vu attribuer les champs éoliens de Dieppe-Le Tréport et d’Yeu-Noirmoutier (Vendée). Le porteur du projet avait amendé son projet en novembre 2017 (exemple, augmentation de la hauteur des éoliennes pour réduire les risques de collisions avec les oiseaux) après avoir reçu l’avis négatif du Parc naturel marin des estuaires picards et la mer d’Opale. Ce parc qui s’étend du Tréport à Dunkerque (Nord) doit accueillir 19 éoliennes à l’extrême ouest de son périmètre. Le conseil de gestion du parc marin avait estimé que les turbines pouvaient impacter la biodiversité marine.

Siemens/Gamesa, numéro un mondial de l’éolien offshore et partenaire industriel du consortium, voit dans le feu vert de l’AFB deux enseignements. "Le vote de l’AFB signifie que le développement des énergies renouvelables en France n’est pas incompatible avec la biodiversité ; ensuite il nous permet de poursuivre notre développement au Havre et en Normandie" indique Cédric Turnaco, directeur de la communication de Siemens/Gamesa en France.

Créer au Havre un vrai cluster dédié à l’éolien offshore au Havre

S’il ne dévoile pas l’investissement dans son outil industriel au Havre, Siemens/Gamesa confirme son usine d’assemblage de nacelles pour sa turbine 8MW à entrainement direct ainsi qu’une usine de fabrication de pales, soit 750 emplois directs. L’industriel a l’ambition de créer au Havre "un vrai cluster dédié à l’éolien marin avec une zone logistique où l’on pourra stocker les grands composants". Pour la fabrication des mâts (en acier), Siemens table sur deux scénarii : "faire appel à un industriel étranger ou accompagner un acteur français pour qu’il se lance dans cette fabrication, car pour le moment il n’y en a pas".

Le feu vert de l’AFB permet à Siemens d’entamer les discussions avec le port du Havre pour le renforcement des quais du site portuaire où il s’implante sur 36 hectares. "Nous devons renforcer les quais pour recevoir des colis lourds et renforcer les fonds marins qui recevront les navires - les jacket vessels - qui transportent les composants lourds" explique Cédric Turnaco. "Ces navires sont en effet dotés de grues de grande capacité qui s’ancrent littéralement sur le fond marin".

A Rouen, on se prépare à une relance du projet du centre R&D sur le technopôle du Madrillet en lien avec l’INSA de Rouen et des structures de recherche de l’université de Rouen. "Siemens travaillant par centre de compétences (génératrice en Allemagne, rotor au Danemark etc), le centre de Rouen deviendra donc l’un de ces centres de compétences sur une thématique précise" a confié à l’Usine Nouvelle Marc Rapin, responsable recherche-développement-innovation à Energies Normandie.

L’opposition des pêcheurs

Pour Engie, le pilote du projet, la prochaine étape sera le lancement de l’enquête publique par le préfet au cours de l’été 2018 suivi de la décision de ce dernier d’autoriser ou pas la construction à la fin de l’année 2018. Si la décision est favorable, elle fera comme tous les projets éoliens, l’objet de recours. Le parc éolien situé à 17 kilomètres de Dieppe et 15,5 kilomètres du Tréport est confronté à une vive opposition des pêcheurs. Soutenus par les maires communistes de Dieppe et du Tréport, les pêcheurs martèlent depuis deux ans que le parc situé "dans le secteur le plus riche en poissons de la Manche" nuira à leur activité. Ils n’ont pas changé de point de vue après la modification substantielle par Engie du schéma d’implantation des éoliennes en 2016.

Ces recours, s’ils ont lieu, auront pour effet de retarder la décision finale d’investissements, annoncée initialement pour fin 2018-début 2019. Soit deux milliards d’euros. L’achat des éoliennes à Siemens-Gamesa représente 40 % du coût total, l’installation en mer de tous les composants (éoliennes, fondations, câbles, sous-station électrique) 30 % et l’achat d’autres composants ainsi que la connexion au réseau électrique terrestre encore 30 %. Cette connexion se fera au niveau de la centrale nucléaire de Penly située entre Dieppe et Le Tréport.

"Pour les 25 années de fonctionnement du parc, deux autres milliards de dépenses sont prévus entre les frais d’exploitation et de maintenance" précise Christophe Leblanc, directeur du développement de la société Éoliennes en mer Dieppe/Le Tréport. L’exploitation du parc représente quant à elle environ 125 emplois… non délocalisables.

Claire Garnier à Rouen

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