L’Agence européenne des médicaments établit que la thrombose est un effet secondaire « très rare » du vaccin AstraZeneca

Dans une conférence de presse mercredi 7 avril 2021, l’Agence européenne des médicaments reconnait le lien entre les cas de thromboses signalés et le vaccin de la société AstraZeneca, mais appelle à continuer à l’utiliser contre le covid-19.

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L’Agence européenne des médicaments établit que la thrombose est un effet secondaire « très rare » du vaccin AstraZeneca
Près de 2,5 millions de Français ont déjà reçu au moins une injection d'AstraZeneca.

Après plusieurs semaines d’incertitude, l’Agence européenne des médicaments (AEM) a confirmé le lien entre les cas de thromboses et le vaccin AstraZeneca (Vaxzevria). Mercredi 7 avril, lors d'une conférence de presse, l'AEM a annoncé que le risque de formation de caillots sanguins est donc officiellement répertorié comme un effet secondaire du vaccin AstraZeneca.

Considéré comme « très rare », cet effet secondaire ne doit pas freiner pas la distribution du vaccin, estime l'AEM. « Le covid-19 est une maladie très grave, expose Emer Cooke, directrice exécutive de l’AEM. Nous devons utiliser tous les vaccins à notre disposition. »

Risque estimé de 1 cas pour 100 000, contre un risque de 128 pour 100 000 de mourir du Covid-19

Au 22 mars 2021, 85 cas de thromboses ont été rapportés à l’AEM, dont 62 thromboses du sinus veineux cérébral. Une forme rare, qui consiste en la formation de caillots dans les vaisseaux sanguins qui irriguent le cerveau, associé à un faible taux de plaquette dans le sang. On dénombre 18 morts des suites de cet effet secondaire.

Ces chiffres doivent être rapportés au grand nombre d'injections du vaccin, qui dépasse 25 millions pour le seul Royaume-Uni. « Le risque rapporté de thrombose tel qu’on peut le calculer maintenant est de 1 cas pour 100 000 personnes vaccinées. C’est beaucoup moins que le risque rapporté du covid-19 », explique la docteure Sabine Straus, à la tête du comité pour l’évaluation des risques en matière de pharmacovigilance. Pour la France le risque rapporté du covid-19 est d’environ 128 morts pour 100 000 Français. 2,5 millions de Français ont reçu au moins une injection du vaccin d'AstraZeneca.

Pas de facteur de risque encore établis

Identifier des facteurs de risque est encore impossible pour l'AEM : « Les disparités de stratégie vaccinale entre les pays sont trop grandes pour qu’on puisse tirer des conclusions qu’un groupe serait plus touché qu’un autre », déclare Sabine Straus. Le fait que les femmes de moins de 60 ans soient aujourd'hui plus touchées en nombre pourrait notamment venir de la surreprésentation des femmes parmi les personnes vaccinées au Royaume-Uni.

L’AEM laisse donc à chaque pays le choix de réduire, ou non, à un groupe donné, l’accès au vaccin. En France, la Haute autorité de santé (HAS) recommande d’utiliser ce vaccin uniquement chez les 55 ans et plus.

Appel à la pharmacovigilance

Pour la suite, l’AEM appelle toutes les personnes vaccinées ou qui vont se faire vacciner à signaler s’ils ressentent les symptômes suivant : essoufflement, douleur de poitrine, gonflement des jambes, douleur abdominale persistante, migraines, vision trouble ou taches de sang sous la peau éloignées du site d’injection.

« Ce n’est pas uniquement valable pour le cas d’AstraZeneca, précise Sabine Straus. Notre système de pharmacovigilance repose sur les déclarations des citoyens, et c’est particulièrement important dans le cas des vaccins, qui sont injectés massivement et sur une courte période. »

D’autant que des cas de thromboses ont également été signalés avec d’autres vaccins à travers le monde. Trois pour le vaccin de Johnson & Johnson (dispensé à 4,5 millions de doses), 35 pour le vaccin Pfizer/BioNTech, et cinq pour celui de Moderna. Le nombre de cas recensés étant si faible par rapport au nombre de doses injectées qu'un lien de cause à effet n'est pas évoqué.

Un mécanisme encore mal connu

Bien que pour l’instant il ne soit pas possible de savoir ce qui cause précisément cet effet secondaire, la piste privilégiée par les scientifiques est celle de la réponse immunitaire. C’est le même type d’effet que l’on voit chez certains patients traités avec l’Apri, utilisé comme contraceptif.

Sabine Straus revient également sur l’hypothèse d’un mauvais geste au moment de vacciner, évoquée ici dans un précédent article : « Cette hypothèse a été largement discutée. Le bon geste est une injection intramusculaire, et l’erreur d’une injection en intraveineux peut arriver. Mais les experts ont estimé que la probabilité est si faible, que l’on peut exclure cette explication. »

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