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L'Agence du médicament mise en examen dans l'affaire du Mediator

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Soupçonnée de négligence entre 1995 et 2009 dans la surveillance de la dangerosité potentielle du Mediator, l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) aurait été placée sous contrôle judiciaire, a affirmé une source à l'AFP.

L'Agence du médicament mise en examen dans l'affaire du Mediator © Fred Tanneau - AFP

L'Agence du médicament a été mise en examen mardi 19 mars pour homicides et blessures involontaires par les juges enquêtant sur l'affaire du Mediator, a appris l'AFP de source judiciaire.

Soupçonnée de négligence entre 1995 et 2009 dans la surveillance de la dangerosité potentielle du Mediator, l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) a été placée sous contrôle judiciaire, impliquant le versement d'un cautionnement de 100 000 euros, selon cette source.

Cette Agence est née en mai 2012 à la suite d'une réforme votée fin 2011 précisément pour répondre à ce scandale sanitaire. A l'époque des faits, l'agence en charge de la sécurité sanitaire s'appelait Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé).

L'ANSM "s'inscrit en tant que personne morale dans la continuité des droits et devoirs de l'Afssaps" et "apportera sa pleine et entière contribution à la justice", avait assuré l'Agence dans un communiqué diffusé un peu plus tôt dans la journée. Depuis la réforme de décembre 2011, les relations avec les industriels ont été "profondément modifiées" avec un dispositif renforcé de prévention des conflits d'intérêts. En particulier, "les industriels ne siègent plus à l'Agence", avait-elle précisé.

Le Mediator, qui contient une molécule coupe-faim, le benfluorex, a été prescrit pendant trente ans, d'abord contre l'excès de graisses dans le sang, puis comme traitement adjuvant chez les diabétiques en surpoids, avant d'être retiré du marché le 30 novembre 2009. Ce médicament pouvait provoquer de graves problèmes cardiaques (des valvulopathies) et a causé entre 500 et 2 000 décès en France, selon différentes études.

L'organisme public Oniam en charge de l'indemnisation des accidents médicaux a reçu 7 734 demande d'indemnisations de la part de personnes ayant pris ce produit fabriqué par les laboratoires Servier, selon un décompte datant de fin janvier.

Julien Bonnet

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