Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'agence des PME cherche sa place

Publié le

Alors que les annonces en matière d'innovation et de recherche se multiplient, l'agence des PME, baptisée Oséo, doit se positionner au sein du nouveau dispositif mis en place par le Gouvernement.

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

Oséo. Voilà donc le petit nom retenu pour l'agence française des PME née du rapprochement de l'Anvar et de la BDPME. Le personnel des deux structures, soit près de 1 900 personnes, a scellé lundi, lors d'une convention inédite, le baptême de ce nouvel établissement public, industriel et commercial (Epic), dont la création a été annoncée en mai par Nicolas Sarkozy. Depuis, tout est allé très vite. Une mission confiée au président du directoire de la BDPME, Jean-Pierre Denis, est lancée en juin. Il remet le mois suivant un rapport sur le rapprochement des deux établissements dont les conditions sont validées par le Gouvernement en octobre. Pas question de fusion entre le spécialiste du soutien à l'innovation pour les PMI-PME et l'éta-blissement de financement des entreprises. Chacun gardera son nom (Oséo-Anvar, Oséo-BDPME) et ses attributions, en dépit d'un rapprochement physique des deux sièges, d'une mutualisation de services supports, puis d'une fusion progressive des implantations régionales : 25 pour l'Anvar, 40 pour la BDPME. « On ne va pas transformer les chargés d'affaires en commerciaux multicartes, mais ils seront amenés à travailler de façon plus rapprochée, afin de devenir des binômes performants », précise Michel Guilbaud, directeur général délégué de l'Anvar qui rappelle au passage la différence de taille entre les deux structures. La BDPME gère 100 000 « contrats vivants », soit environ dix fois plus que l'Anvar tandis que 25 % environ des « clients » de l'Anvar ont recours aux services de la BDPME.

Une Small Business Administration à la française

Pour les entreprises, le bénéfice du rapprochement de ces deux structures devrait plutôt provenir des nouveaux dispositifs sur lesquels planchent pas moins de 17 groupes de travail. Le lancement d'une nouvelle gamme de produits financiers est en effet l'un des objectifs de la création d'Oséo. Ce guichet pas tout à fait unique, sur le modèle de la Small Business Admi-nistration américaine, est en effet censé se positionner sur tous les maillons de la chaîne de l'accompagnement des PME-PMI : création, développement, transmission. La première des nouveautés à voir le jour d'ici à la fin du mois sera probablement le contrat de développement innovation actuellement en cours d'homologation à Bercy, dont le contenu n'est pas encore divulgué. Parmi les autres dossiers à l'étude, l'amorçage, et donc le financement en fonds propres de jeunes pousses, les dispositifs fiscaux, l'accès à la commande publique, aux grands comptes privés, à des partenariats internationaux, la transmission d'entreprise ou encore les services en ligne. Autre grand thème : le partenariat avec les collectivités locales, et notamment entre la Sofaris, la filiale garantie de la BDPME et les conseils régionaux.

Mais le baptême de la nouvelle entité n'a pas permis de chasser toutes les ombres qui planent sur le berceau d'Oséo. Si le rôle de la BDPME et de la Sofaris, n'a pas besoin d'être redéfini, l'Anvar ne semble pas avoir réussi à s'imposer dans un certain nombre de dossiers politiques. A commencer par les pôles de compétitivité. Censée avoir un rôle directeur en matière de secteurs technologiques, l'Anvar, et donc l'agence des PME, se contente d'être associée au groupe de travail interministériel constitué sur le sujet. Elle n'aura qu'un rôle limité dans le dispositif visant à labelliser d'ici à 2007 une quinzaine de pôles, regroupant sur un même bassin entreprises, centres de formation et unités de recherche autour de projets innovants.

L'agence est également absen- te des grands débats actuels sur l'innovation qui doivent aboutir dès juin prochain à la création de l'Agence pour l'innovation industrielle voulue par Jacques Chirac. Celle-ci aura pour mission de définir et de lancer de « grands programmes industriels mobi- lisateurs » à l'image d'Airbus ou d'Ariane. Son rôle et ses statuts devraient être précisés le 15 mars lors de la remise du nouveau rapport dont vient d'être chargé Jean-Louis Beffa par l'Elysée. Quid de l'Anvar ? « C'est vrai que nos produits, le crédit impôt recherche ou les aides à l'innovation, ne sont pas assez structurels pour correspondre aux besoins de l'industrie en la matière », reconnaît-on au sein de l'Agence.

Des promesses rassurantes

Enfin, la loi d'orientation et de programmation en matière de recherche que doit présenter le Gouvernement au deuxième trimestre 2005 ne devrait pas non plus consacrer un large chapitre au spécia-liste du transfert de technologies. D'autant que là aussi, la création d'une Agence nationale pour la recherche, l'ANR, est déjà arrêtée. Elle disposera même dès 2005 de 350 millions d'euros venant des privatisations, s'est engagé François d'Aubert, le ministre délégué à la Recherche. L'Agence pour l'innovation industrielle devrait, elle, bénéficier d'une enveloppe d'« au moins 2 milliards d'euros d'ici à 2007 ». Et plus globalement, l'effort budgétaire annoncé par Jacques Chirac en matière de recherche publique et privée et d'innovation devrait cumuler un montant de 6 milliards d'euros sur trois ans.

Une partie de cette manne profitera-elle à Oséo? Lundi, Jean-Pierre Raffarin est venu en personne rassurer les salariés du nouvel établissement à ce sujet. Le Premier ministre a annoncé le doublement d'ici à 2008 des crédits en faveur de l'innovation Ils passeront ainsi de 80 millions d'euros actuellement à 160 millions dans trois ans. «Votre groupe est au coeur de la politique du Gouvernement», a insisté Jean-Pierre Raffarin.

Cette annonce tombe à pic carl'inquiétude était de mise, notamment côté Anvar. Depuis trois ans, la dotation budgétaire correspondant à son dispositif d'aides est en effet, en baisse de près de 20 %. Son budget de fonctionnement, lui, est stable depuis pluieurs exercices. Or, le projet de rapprochement, qui va générer des coûts supplémentaires, et le lancement de la gamme de produits en gestation pourront bénéficier de la rallonge promise.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle