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L'Usine Matières premières

L’Afrique en quête d’investisseurs miniers

Myrtille Delamarche , ,

Publié le

Pris entre l’obligation de mieux valoriser l’activité minière existante, dont il leur faudra souvent se contenter, et tentatives d’attirer de nouveaux projets, les pays africains sont en situation délicate. Plutôt que de multiplier les exemptions, ils misent sur la stabilisation du cadre de l’investissement.

Jean-Claude Brou (ministre des Mines de Côte d'Ivoire), Fuh Calistus Gentry (ministre des Mines du Cameroun), Christopher Yaluma (ministre des Mines de Zambie) et Nii Osah Mills (ministre des Terres et des ressources naturelles du Ghana) à Londres, lors de la conférence Mining on Top Africa (24-26 juin 2015).

Frappées par la chute des cours des matières premières qui a écrasé leurs marges, tant financières que de manœuvre, les compagnies minières ont gelé de nombreux investissements. Un mouvement inquiétant pour l’Afrique, où le développement de nouveaux projets va généralement de pair avec des investissements lourds en infrastructures pour alimenter les sites en électricité ou évacuer le minerai (chemins de fer, ports, etc).

En réponse aux hésitations des groupes miniers, les pays africains rivalisent d’efforts pour améliorer le cadre de l’investissement sans obérer leurs revenus. Et vice-versa. Les révisions récentes de codes miniers visent donc à stabiliser le cadre légal et fiscal sur la durée de vie de la mine plutôt qu’à multiplier les exemptions de taxes qui ont fait les beaux jours des minières en Afrique ces 50 dernières années.

"Pas besoin des ressources africaines", vraiment?

A Londres, les ministres des Mines du Kenya, du Ghana, de Zambie, de Côte d’Ivoire, du Cameroun, du Malawi et un représentant du ministère des Mines mauritanien se sont succédé à la tribune de la conférence Mining on Top Africa (du 24 au 26 juin 2015) pour démontrer l’attractivité de leurs pays. Avec des tactiques différentes : revendication d’une expérience historique pour le Ghana, anciennement "Gold Coast", ou défense d’un code minier "modèle" pour la Côte d’Ivoire (qui rappelle en outre un autre atout : son autonomie énergétique). Quant au Cameroun et au Malawi, ils ont d’abord mis en avant leur bonne volonté et leurs ressources.

Mais celles-ci ne suffisent plus. "Nous n’avons pas besoin des minéraux africains, nous avons tout ce qu’il faut chez nous", plaide un peu maladroitement le représentant du gouvernement d’Australie Occidentale pour démontrer sa "volonté de partager" pour participer au développement de l’Afrique. La carte ci-dessous montre donc le très grand intérêt des entreprises minières australiennes pour le développement africain, puisque 220 minières cotées sur l’Australian Stock Exchange y opèrent (points violets) ou explorent (points jaunes) 1047 projets dans 38 pays. Avec une préférence pour l’or, qui représente 46% des quelque 70 sites exploités et 40% des gisements explorés.

Mieux valoriser l’existant

Confrontée à la prudence des grands groupes miniers en termes d’investissements, l’Afrique se rabat sur le segment de la filière qui n’a pas d’autre choix que de travailler localement. Pour mieux valoriser leurs actifs, le Ghana et le Kenya ont opté pour une reprise en main ferme de la filière artisanale ou à petite échelle. Dans leur ligne de mire : l’activité informelle et la spéculation. L’action se traduit à Accra par la confiscation du matériel et de la production des creuseurs sans permis, et à Nairobi par la suspension de 65 permis miniers après constatation que les sites n’étaient soit pas exploités dans les règles, soit pas exploités du tout, alors que les titulaires des permis attendaient tranquillement l’acheteur providentiel pourvoyeur de plus-value.

Kojo Busia, coordinateur de l’African Mineral Development Centre (agence onusienne), fait un constat plus brutal encore : "L’exploitation minière en Afrique fonctionne en enclave, et oublie qui sont les réels propriétaires de ces ressources. Pourtant, le développement durable du secteur ne devrait pas inquiéter, mais au contraire rassurer les entreprises et les investisseurs. Parce qu’il est un gage de stabilité."

Myrtille Delamarche

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