L’Afnor prépare la bataille des normes en faisant la guerre à la filière électrique

Le point de rupture est atteint. L’Union technique de l’électricité (UTE), le bureau de normalisation du secteur électrique, est privé d’agrément. Une situation inédite qui vise, selon les fédérations professionnelles du secteur, à évincer l’UTE au profit de l’Afnor.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

L’Afnor prépare la bataille des normes en faisant la guerre à la filière électrique

C’est une bataille qui fait rage en silence depuis plus de deux ans. Elle atteint aujourd’hui son paroxysme. Son enjeu ? Le pouvoir lié aux normes et en particulier la représentation de la France dans les organisations internationales de normalisation électrotechnique, le Cenelec (Europe) et la CEI (Monde). Les belligérants : d’un côté l’Union technique de l’électricité (UTE), le bureau de normalisation du secteur, soutenu par toute la filière ; de l’autre, l’Association française de normalisation (Afnor) et la Direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services (DGCIS), au ministère de l’Economie. Avec pour dernier développement le non-renouvellement de l’agrément de l’UTE par la DGCIS. Une première pour un bureau plus que centenaire !

Vaine querelle de bureaucrates ? Bien au contraire. S’il y a un point d’accord entre les différentes parties, c’est l’importance de la normalisation pour la défense des intérêts nationaux. Dans le courrier daté du 20 mars qu’elles ont adressé au Président de la République pour l’alerter, les fédérations professionnelles du secteur soulignent l’enjeu stratégique de la normalisation, facteur du succès de la filière, notamment à l’export. "Je suis bien d’accord, confirme Olivier Peyrat, le directeur général de l’Afnor. La normalisation engendre de la croissance. Nos études montrent qu’elle contribue à hauteur de 0,8% à la croissance du PIB."

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

Evincer l'UTE

Hormis ce constat partagé, le torchon brûle entre l’Afnor et la filière électrique. "L’Afnor veut évincer l’UTE pour mettre la main sur les droits d’usage des normes élaborées au Cenelec et à la CEI", accuse une source proche de la filière. "Nous ne faisons qu’appliquer les textes de loi, répond Olivier Peyrat. Le décret paru le 16 juin 2009 est très clair : c’est à l’Afnor de représenter la France dans les organisations de normalisation internationales." Dans le même paragraphe, le décret précise cependant que l’Afnor peut se faire représenter par les bureaux sectoriels. "C’est la solution que l’on propose depuis des mois mais l’Afnor ne veut pas en entendre parler", attaque encore la source proche des électrotechniciens. Olivier Peyrat botte en touche : "On ne peut pas donner représentation à un organisme qui n’est pas agréé." Imparable. Le dirigeant confirme par ailleurs l’intention de l’Afnor de devenir membre du Cenelec et de la CEI, à la place de l’UTE.

Du côté de Bercy, on explique que le non-renouvellement de l’agrément de l’UTE fait suite à l’avis émis par le comité d’audit et d’évaluation de la normalisation, qui reproche notamment à l’UTE de ne pas avoir de convention avec l’Afnor. Un comble, pour la source proche de la filière : "Le comité loue notre efficacité. Ce qu’il nous reproche, c’est de ne pas avoir une délégation de l’Afnor, comme nous le demandons. L’Afnor et la DGCIS s’y refusent, et l’absence de convention avec l’Afnor découle de ce refus". Bref, le blocage est total. Une chose est sûre : cette situation ne peut que nuire aux intérêts des électrotechniciens français dans les batailles, internationales, qui font rage autour des normes des véhicules électriques et des réseaux intelligents.

Partager

NEWSLETTER Energie
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS