L'Usine Auto

L'affaire Renault : "un cri d'alarme pour la protection de l'industrie française" (B.Carayon)

Publié le

Entretien Bernard Carayon, député du Tarn, prépare depuis plusieurs mois une proposition de loi sur la protection des informations économiques. Un sujet remis au goût du jour après la révélation de divulgation d’informations confidentielles chez Renault.

L'affaire Renault : un cri d'alarme pour la protection de l'industrie française (B.Carayon) © DR

Sommaire du dossier

Que pensez-vous de ce qui est devenu « l’affaire Renault » ?

Je suis surpris que l’entreprise ait pris l’initiative de communiquer sur le sujet, car bien souvent dans ce genre d’affaire, le groupe a honte envers ses clients et ses fournisseurs. Se faire piller n’est pas flatteur.

Mais je prends ça pour un cri d’alarme auprès des pouvoirs publics. Car ils n’ont pas été à la hauteur des enjeux stratégiques sur le sujet, sauf exception, comme la création du Fonds stratégique d’investissement (FSI).

Que pourraient-ils faire de plus ?

Arrêter de faire de la politique de chef de bureau et s’attaquer réellement au sujet de l’intelligence économique. Elle mérite une véritable politique publique comme l’environnement ou la sécurité routière. Il y a bien une délégation interministérielle sur le thème, mais elle ne fait pas le poids pour traiter toutes les questions.

Il y a besoin  d’une impulsion politique plus forte pour répondre aux défis de la mondialisation. Avec l’identification de secteurs stratégiques à protéger et la définition d’une stratégie publique de normalisation.

Que préconisez-vous pour éviter de nouvelles affaires de ce type en France ?

Je vais déposer une proposition de loi maintes fois proposée depuis 2003, signée par 100 de mes collègues. L’objectif étant de revoir le droit du secret des affaires et de permettre de protéger les informations sensibles des entreprises.

L’idée n’est pas de faire une ligne Maginot, mais de demander aux entreprises de définir le périmètre des informations sensibles et de mettre en place des infractions pénales en cas de violation.

La France a été désignée comme champion de l’espionnage par des notes relayées par Wikileaks. Qu’en pensez-vous ?

C’est une sottise absolue. Les services secrets français ne font plus d’opération offensive depuis plus de 30 ans. Contrairement à d’autres pays, comme les Etats-Unis. Là-bas, 40% des moyens des services secrets sont dédiés au renseignement économique. En France, c’est dix fois moins.


Proposition de loi relative à la protection des informations économiques

 

Réagir à cet article

1 commentaire

Nom profil

06/01/2011 - 22h58 -

Quand il y a un problème, on légifère et on réfléchit après. Quel rapport entre espionnage industriel et souveraineté économique ? L'espionnage industriel est-il condamnable si la société victime n'est pas française? Quelle cohérence politique entre le libre échange de l'UE, de l'OMC, les transferts technos vendus par Nicolas Sarkozy et le souverainisme économique façon Carayon si ce n'est un poids de l'état toujours plus grand?
Répondre au commentaire
Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Notre sélection : Les écoles d'ingénieurs, vivier préféré de l'industrie

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte