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L’aéronautique française, pilier de la reconstruction du marché russe

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Le salon aéronautique Maks a ouvert ses portes le 16 août à Joukovski dans une banlieue de Moscou. Pour les industriels français, c’est l’occasion de renforcer leur présence sur le marché russe, en plein essor.

L’aéronautique française, pilier de la reconstruction du marché russe © D. R.

Organisé une année sur deux en Russie, le salon aéronautique et aérospatial Maks met en lumière en toute logique les industriels nationaux spécialisés dans l’aéronautique, la défense et l’armement. Plus de 100 sociétés sont présentes dans les allées du salon, notamment les avionneurs Tupolev, Iliouchine et Irkout. Première présentation publique en vol du chasseur T-50, nouvelles commandes et partenariats avec des géants du secteur sont au programme. Les autorités russes devraient d’ailleurs en profiter pour présenter les grandes ambitions dans le secteur.

Mais cette préférence nationale semble aller à l’encontre des dernières déclarations officielles du président Dmitri Medvedev. Le mois dernier, il a affirmé que "les forces armées pouvaient désormais acheter des armements en dehors de la Russie". Ces propos devraient donc faire la part belle aux industriels étrangers et notamment aux français, participants de longue date du salon.

Selon les analystes, de nouvelles acquisitions pourraient intervenir. Une manière de suivre la commande à la France de deux porte-hélicoptères de classe Mistral en juin dernier. "La Russie cherche actuellement à renforcer son industrie d'armement avec de nouvelles technologies, estime par exemple Rouslan Poukhov, directeur du cabinet d'étude moscovite Cast. Elle cherche à l'étranger, ce qui pourrait avoir pour conséquence que la Russie achètera plus qu'elle ne vendra durant le salon".

Pour Marc Sorel, directeur de la filiale russe de l'équipementier français Safran, les Russes font appel aux industriels étrangers et notamment à Safran "pour leur savoir faire et leurs process industriels". En cause ? "Pendant plus de 20 ans, ils n’ont presque pas investi dans l’aéronautique et la défense, car ils sont fait d’autres choix, estime-t-il. Ils doivent désormais rattraper ce retard et redynamiser leur industrie, avec de nouvelles méthodes de production et des nouveaux process".

Un marché russe de première importance

Quant à l’industriel français, il en tire aussi tous les bénéfices. "Car la Russie représente actuellement un marché de première importance dans le domaine de la sécurité notamment", assure le responsable. Le groupe français entend donc repartir avec plusieurs contrats en poche. Notamment, la création d’une coentreprise avec l’agence publique russe d’exportation d’armes Rosoboronexport devrait être révélée dans les prochaines heures. Par ailleurs, sa filiale Snecma devrait équiper les 24 Superjet qui seront commandés sur le salon. "Les autorités russes ont montré un fort intérêt pour le groupe Safran, explique Marc Sorel. Le vice ministre de l’Industrie et du Commerce, Denis Mantourov et le directeur général de Rostechnologii, Serguei Chemezov ont fait le 16 août une déclaration commune positive pour notre groupe".

L’A380 d’Airbus, guest star du salon

Plus globalement, une trentaine de compagnies françaises est présente sur le salon, ainsi que le Rafale et les avions d’Airbus. Une porte-parole de l’avionneur européen assure que l’accueil des Européens est très bon. "Cela fait de nombreuses années que les organisateurs nous demandaient de venir avec l’A380, explique-t-elle. Nous n’avions pas eu l’occasion de le faire, mais cette année, c’est le cas. Et tout le monde est ravi, les visiteurs, les organisateurs et nous-mêmes". Pour l’occasion, l’avionneur a même mis en ligne un site spécifique en langue russe. Le groupe a déjà enregistré une commande de huit A 320Neo passée par la compagnie Transaero, avec quatre options. Il a aussi signé un protocole d’accord avec VSMPO pour la fourniture jusqu'en 2020 de titane destiné à la fabrication des trains d'atterrissage de l'A350-1000. Plus globalement, l’objectif du groupe est de "d’étendre sa base de clients russes et de maintenir l'actuelle".

Selon l’organisateur du salon Aviasalon, les contrats signés cette semaine pourraient atteindre au total dix milliards de dollars. Soit un montant équivalent au chiffre de l’édition précédente.

Fil Twitter du salon Maks 2011
Pour suivre le salon en direct, cliquez ici

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