L’aéronautique des Pays de la Loire change de dimension

R&D, investissements, embauches, actions collectives : le soutien public joue un rôle déterminant dans la montée en puissance de la filière aéronautique des Pays de la Loire.

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L’aéronautique des Pays de la Loire change de dimension

Les Pays de la Loire se rendront en force au salon aéronautique du Bourget. Le stand, aux couleurs de la région, accueille une trentaine de sociétés, PME, groupement d'entreprises, et organismes de recherche. En parallèle, trente autres entreprises régionales seront présentes individuellement sur le salon. Cette forte présence incarne une filière comptant, avec Airbus et les équipementiers de rang 1, près de 9 000 emplois dans les Pays de la Loire et 20 000 si on l'élargit aux sous-traitants de rang suivants. Pour Christophe Clergeau, vice-président des Pays de la Loire chargé de l'économie et de la recherche, cette filière aborde un tournant majeur qui doit être accompagné sur plusieurs points. "Le premier enjeu est d'intensifier l'effort en matière de recherche et développement avec la montée en puissance de l'Institut de recherche technologique Jules Verne", explique-t-il. Une nouvelle plateforme pour travailler sur la mise en œuvre des matériaux durs légers, le titane en premier lieu, est en projet. La société nantaise ACB, grand spécialiste du domaine, en sera le chef de file. L'investissement, avancé par la région, s'élève à 2,5 millions d'euros.

"La filière est prête à absorber davantage de travail"

L'autre enjeu est d'accompagner les PME devant suivre la montée en puissance d'Airbus. La région soutient en particulier les collectifs de PME régionales dont Neopolia Aerospace, regroupant une trentaine d'entreprises, ou, dans une moindre mesure, le groupe Clockwise, également présent au Bourget. "Nombreux sont les fournisseurs d'Airbus qui ne sont pas à saturation et la filière est prête à absorber davantage de travail", nuance cependant Jean-Claude Pelleteur, président de Neopolia. "Le marché se cherche encore un peu et la montée en puissance n'est pas encore aussi fluide que ça, mais tous les sous-traitants sont en cours d'industrialisation", observe Loïk Anger, du groupe de mécanique Elyps, qui mène actuellement un investissement capacitaire à Besné, près de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).

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Accroissement des capacités de production

Plus généralement, la plupart des acteurs régionaux accroissent leurs capacités. Et là encore, l'aide régionale s'avère déterminante. La PME Omega systèmes, spécialisée dans la découpe de textiles techniques, notamment composites, engage 5 millions d'euros, soit l'équivalent d'une année de chiffre d'affaires. Elle a, pour cela, obtenu un prêt en quasi fonds propres (P2RI) et un apport en capital du nouveau fonds régional de capital investissement Idée. ACB, spécialiste des machines spéciales à Nantes (Loire-Atlantique), devrait aussi bénéficier d'une avance remboursable pour accroître ses capacités à Nantes. C'est aussi le cas de l'usineur Rabas, qui agrandit ses locaux et son parc machines à Saint-Nazaire. Également soutenue par la région, Mesure, à Saint-Brévin (Loire-Atlantique), a engagé 4 millions d'euros pour sa production de gabarits permettant de percer des trous sur la coque de l’A350.

Goulet d'étranglement, le problème du recrutement fait l'objet d'un programme Etat/région baptisé Compétences 20/20. A Saint-Nazaire, une cellule opérationnelle étudie la possibilité de transfert transitoire ou définitif de main d'œuvre venant de la navale ou de l'automobile, notamment d'ex-PSA ou Faurecia, vers l'aéronautique. Une campagne de sensibilisation est également lancée à l'attention d'un public féminin, les femmes ne représentant que 13 % des effectifs d'Airbus à Saint-Nazaire.

SMTC : après le train, l'avion

SMTC, basée à Boufféré (Vendée), vient d'obtenir la certification EN9100 permettant d'aborder le marché de l'aéronautique. Ce spécialiste des panneaux composites en nid d'abeille, et de leur transformation pour l'aménagement intérieur, a approché des filiales d'EADS, Diehl ou BEA… La société dispose depuis l'année dernière d'une usine de 9 000 mètres carrés. Mais pour l'heure, elle travaille essentiellement pour le ferroviaire, les véhicules utilitaires ou de transport en commun, les ascensoristes, etc. SMTC a réalisé un chiffre d'affaires de 16 millions d'euros en 2012 avec 120 salariés.

ELYPS, l'outilleur produit désormais des pièces

Ce groupe coopératif de 110 personnes, basé à Besné (Loire-Atlantique), lance un nouvel investissement capacitaire, avec l'installation d'une fraiseuse de grandes dimensions. A l'origine, Elys est spécialisé dans les systèmes mécaniques et l'outillage pour l'aéronautique, la défense et l'énergie. Sa nouvelle activité de production de pièces devrait passer de 10 % du chiffre d'affaires à un tiers à moyen terme. En 2012, Elyps est passé de 11 à 12,5 millions d'euros de chiffre d'affaires. Et une nouvelle progression est prévue cette année.

Le mécanicien Bouy monte en puissance

Ce sous-traitant aéronautique a engagé un plan d'investissement de 11 millions d'euros, principalement à Saint-Hilaire-de-Voust (Vendée). En croissance, Bouy atteignait les 25 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2012 et vise les 30 millions d'euros à l'horizon 2015, hors éolien. Bouy travaille notamment pour Zodiac Aerospace, Thales, Ratier-Figeac ou Safran. Bouy compte 250 salariés en Vendée et 70 au Maroc.

Duqueine renforce sa filiale Atlantique

Spécialiste des composites, Duqueine prévoit une extension de 4 000 mètres carrés à Malville (Loire-Atlantique) en 2013 où se trouve son entité Duqueine Atlantique (200 salariés). L'investissement, incluant des process, est estimé à 7 millions d'euros et s'accompagnera d'une trentaine d'embauches dans les trois ans. Cette montée en puissance intervient dans le cadre des fortes augmentations de cadence attendues des programmes Airbus A350 et A320 Neo pour lesquels le groupe est fournisseur d’Airbus et de Safran.

Europe technologies s'internationalise

Ce groupe nantais très innovant poursuit son internationalisation en concluant au Brésil un "contrat général de partenariat technique et commercial" avec Algolix qui relaiera ses technologies dans les pièces industrielles et machines spéciales. Le groupe (247 salariés permanents), en croissance, dispose d'un département ultrasons (soudure, traitement de surfaces, etc) très performant. Ses branches mécanique et composite, sont également bien orientées.

Néopolia Aerospace mise sur le jeu collectif

Ce cluster, basé à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), regroupe plus d'une trentaine d'industriels régionaux de la filière aéronautique dont les savoir-faire s'avèrent très complémentaires. Il couvre plusieurs domaines dont les aérostructures et l'outillage. Il se donne pour missions d'organiser des réponses collectives aux appels d'offres, d'accompagner les démarches de certification qualité, et de promouvoir les compétences régionales sur des salons internationaux sous un affichage collectif.

De notre correspondant en Pays de la Loire, Emmanuel Guimard

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