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L'Usine Aéro

L’aéro aussi peut faire appel à la foule

Olivier James

Publié le

La plate-forme de prêt participatif Lendix a accordé 1,5 million d’euros à Novae Aerospace. Une solution qui pourrait séduire d’autres PME de l’aéronautique.

L’aéro aussi peut faire appel à la foule
Grâce à Lendix, Novae a levé un emprunt destiné à l’achat d’une machine et au développement d’une nouvelle activité.
© Novae Aerospace ; D.R.

nous devions aller vite dans l’exécution de ce projet, qui va devenir un élément important de notre développement. » Qui dit vite dit numérique. Cédric Taveau, le directeur général de Novae Aerospace, s’est tourné pour la première fois vers le monde digital pour trouver une source de financement dans des délais resserrés. Il aura fallu quinze jours à la plate-forme de financement participatif Lendix pour boucler le prêt de soixante mois, fin septembre 2016. Le sous-traitant aéronautique implanté à Reims (Marne), spécialisé dans l’ingénierie, la production et la maintenance d’aérostructures métalliques, va pouvoir s’équiper en un temps record et respecter les engagements pris auprès de ses clients, Airbus et Dassault en tête. L’emprunt de 1,5 million d’euros servira à l’acquisition d’une machine de rivetage automatique et au développement d’une activité de fabrication de pièces en titane. « Lendix nous a permis de boucler cet emprunt en deux semaines alors qu’avec une banque classique, cela aurait pu prendre trois à quatre fois plus de temps, assure Cédric Taveau. La plate-forme a pris le temps toutefois de mener une analyse économique et financière rigoureuse de notre entreprise. »

Face aux banques classiques, Lendix reste un petit poucet. Mais il prouve, avec le prêt accordé à Novae, l’attrait de sa formule pour l’industrie en général et le monde de l’aéronautique en particulier. Le temps est révolu où la clientèle supposée de la start-up se limitait aux petits commerçants. Lancée en avril 2015, la plate-forme de « crowdlending » a déjà financé 150 entreprises en accordant 45 millions d’euros de prêts, allant de 30 000 à 1,5 million d’euros. Des financements qui reposent sur la participation de particuliers, d’acteurs institutionnels et de family offices (organes de gestion du patrimoine familial). Aujourd’hui, l’industrie manufacturière ne représente que 12 % des prêts accordés, mais ce chiffre pourrait gonfler. Après MAP – spécialisé dans les revêtements pour satellites –, le sous-traitant automobile Saint Jean Industries, et aujourd’hui Novae Aerospace, d’autres PME et ETI devraient suivre le mouvement. En quoi Lendix, ce franc-tireur du financement bancaire, peut-il les séduire, outre la rapidité d’exécution ? « Une plate-forme comme la nôtre permet de diversifier les sources d’emprunt, explique Patrick de Nonneville, le directeur des opérations chez Lendix. Nous proposons aussi des prêts sans garanties, ce qui est rare du côté des banques classiques. »

Une flexibilité pour faire face aux à-coups

Surtout, la flexibilité proposée par Lendix peut correspondre à des besoins, à la fois ponctuels et urgents, de la part des industriels de l’aéronautique. Derrière le carnet de commandes des grands avionneurs s’étirant sur plusieurs années, se cachent pour leurs sous-traitants des demandes de livraison en dents de scie, en fonction du niveau des stocks. Résultat ? « Ils font face à des à-coups, comme des montées en cadence brutales, et doivent, dans de courts délais, faire l’acquisition de machines ou embaucher », relate Patrick de Nonneville. Lendix se pose en solution complémentaire face aux banques classiques.

Bien sûr, cette plus grande flexibilité a un coût. Alors que les taux traditionnels se situent entre 2 et 3 %, ceux de Lendix varient de 4 à 9 %. Un surcoût vite amorti pour Novae – par ailleurs en lien avec trois partenaires bancaires –, alors que l’entreprise connaît une croissance forte. Son chiffre d’affaires est passé de 26 millions d’euros en 2013 à 36 millions d’euros en 2015. Le sous-traitant se déploie à l’international, comme en témoignent ses implantations en Roumanie (où une seconde usine ouvrira en 2017, en partenariat avec le belge Sonaca), au Maroc et aux Émirats arabes unis. Fruit du rapprochement entre Aerolean (ex-Reims Aerospace) et Novae Technology en 2003, Novae Aerospace nourrit de grandes ambitions à la faveur d’un secteur aéronautique sur la pente ascendante. Et compte bien faire du financement participatif un levier de développement décisif.

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