L'ACIER PLOMBE LES COUTS DE L'INDUSTRIE FERROVIAIRE

Constructeurs et équipementiers ferroviaires tentent de convaincre leurs clients d'accepter la révision des contrats en cours. Jusqu'ici sans succès.

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Sous-traitants et constructeurs ferroviaires s'estiment au bord de la rupture face à l'impossible répercussion des cours de l'acier auprès de leurs clients. Dernier recours trouvé par la Fédération des Industries Ferroviaires (Fif) : convaincre les pouvoirs publics de mettre en place une table ronde réunissant industriels et principaux clients comme SNCF et RFF, à l'image de celle qui a eu lieu entre les acteurs de la filière automobile.
Objectif de la Fif : faire accepter à ses clients, dans les formules de révisions des contrats, de nouveaux indices de prix, notamment ceux publiés par la Fédération des Industries Mécaniques, jugés plus sensibles aux variations réelles de l'acier.
Vers une table ronde
Une révision d'autant plus nécessaire que certains indices publiés par la DGCCRF, souvent utilisés dans le ferroviaire ont cessé de paraître. « Le temps presse. Depuis le début de l'année, les hausses de prix ont entraîné un surcoût d'environ 1 % du chiffre d'affaires pour les constructeurs et d'environ 5 % pour les équipementiers. Parallèlement, nos grands clients entament des plans drastiques de réduction des prix d'achats », souligne Jean-Pierre Audoux, secrétaire général de la Fif. D'où la demande d'appliquer rétroactivement aussi une éventuelle révision des contrats.
Mais pour l'instant, c'est le statu quo. « Le projet de rencontre a reçu un oui de principe, mais il va falloir un peu de temps pour le mettre en oeuvre, notamment en discuter avec Bercy », explique un conseiller technique du secrétariat d'Etat aux transports. Du côté des donneurs d'ordres, personne n'est pressé de se mettre à table. RFF souligne ainsi qu'il existe déjà des mécanismes de répercussion des hausses. Condition à faire valoir : prouver qu'il y a eu un bouleversement économique imprévisible dans un contrat avec un client public. « Dans les faits, la jurisprudence estime qu'il peut y avoir indemnisation en cas de hausse d'environ 15 % sur ce que serait le nouveau prix final du produit », indique Jacques-André Schneck, directeur des opérations d'investissements de RFF. Mais là encore, l'aval du Minefi serait nécessaire. Quant à la SNCF, elle entend appliquer les formules de prix initiales à la lettre. En revanche, l'opérateur, qui consomme et revend beaucoup d'acier sous forme de roues, rails ou essieux usagés, dévoile qu'une réflexion est en cours « pour réinjecter ce métal dans la boucle de l'industrie ferroviaire et organiser ainsi un circuit de recyclage. »
ARNAUD BOULBEN
L'Usine Nouvelle N° 2943 09/12/2004

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