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L'achat de TCI par AT&T relance les réseaux câblés

Publié le

Les réseaux câblés vont-ils favoriser la concurrence sur le marché local des télécommunications? AT&T fait ce pari en prenant le contrôle du premier câblo-opérateur américain, TCI.

Les réseaux câblés auraient-ils de nouveaux charmes ? Aux yeux de l'opérateur de télécommunications américain AT&T, la réponse ne fait aucun doute. Pour preuve, il vient de débourser près de 48 milliards de dollars pour prendre le contrôle de TCI, le leader des câblo-opérateurs aux Etats-Unis. Cette opération spectaculaire s'explique aisément. AT&T s'ouvre potentiellement les portes de près du tiers des consommateurs américains, et pourra leur offrir, par le biais de la prise câblée, un ensemble complet de services : télévision, accès à Internet, téléphonie locale et longue distance... La même semaine - en France, cette fois -, l'Autorité de régulation des télécommunications (ART) donnait le feu vert à Suez-Lyonnaise des eaux. Le deuxième câblo-opérateur français pourra proposer un service de téléphonie sur le câble à l'ensemble de ses abonnés. En outre, son offre de connexion des écoles à Internet par le câble a également été retenue. Le câble fait donc un retour remarqué sur le devant de la scène. Et pour cause ! Même si les situations des marchés français et américain diffèrent profondément, ces événements répondent à la même logique : maîtriser l'accès à l'abonné. L'enjeu est bien d'introduire une véritable compétition sur le marché local des télécommunications. Et de s'affranchir du monopole de fait qu'exercent les opérateurs en place sur les dernières centaines de mètres qui relient chaque abonné au réseau téléphonique. Dans ce contexte, les réseaux câblés prennent une nouvelle dimension et apparaissent soudain comme une arme redoutable pour pénétrer dans les foyers. Leur montée en puissance risque de bousculer le marché. Elle pourrait pousser les opérateurs en place à riposter en déployant la technologie ADSL dans les réseaux téléphoniques afin de proposer des services à haut débit à leurs abonnés. Elle pourrait également contribuer à faire converger la voix, les données et les images sur une même ligne. Et favoriser le basculement des services téléphoniques sur des réseaux de données gouvernés par le protocole IP, qui a fait le succès d'Internet.

Un défi financier à relever

Rien qu'aux Etats-Unis, le marché de la téléphonie locale est estimé à 100 milliards de dollars. C'est ce pactole que convoite aujourd'hui l'opérateur longue distance AT&T. Depuis la promulgation du Telecom Act, en 1996, les barrières réglementaires qui délimitaient les territoires réservés de chacun sont en principe tombées. En fait, les Baby Bells gardent un monopole quasi intact sur le marché de la téléphonie locale. Mieux, elles se sont renforcées en fusionnant. Pour sa part, AT&T, qui contrôle encore près de 50 % du marché des communications longue distance, doit faire face à de nouveaux concurrents très agressifs, comme QWest ou Level3 - qui transportent la voix sur des réseaux de données et modifient ainsi l'équation économique. Une première tentative de fusion avec une Baby Bell, l'opérateur texan SBC, s'est soldée l'an dernier par un échec. L'arrivée de Michael Armstrong à la tête d'AT&T se traduit par une nouvelle politique offensive. En janvier dernier, il a fait ses premiers pas sur le marché de la téléphonie locale en se portant acquéreur de la société Teleport pour plus de 11 milliards de dollars. Mais Teleport s'adresse à une clientèle d'entreprise. Avec TCI, AT&T entre cette fois de plain-pied sur le marché local résidentiel. Cette opération, pour prometteuse qu'elle soit, est aussi un véritable pari. Déjà, en 1992, John Malone, le patron de TCI, avait cru au concept de convergence. Des expérimentations de services interactifs sur le câble avaient été lancées. Las ! Devant le coût du déploiement de tels services, il avait dû renoncer. Les câblo-opérateurs souffrent il est vrai de déficits chroniques, et la mise à niveau des réseaux câblés conçus pour véhiculer des images est très coûteuse. AT&T devra relever ce défi financier. Un investissement évalué à 2 milliards de dollars. En France, les réseaux câblés construits plus récemment bénéficient d'une architecture qui s'appuie plus largement sur la fibre optique. La mise à niveau est donc plus aisée. Suez-Lyonnaise des eaux, qui a l'ambition de devenir le premier opérateur capable de concurrencer France Télécom sur la boucle locale résidentielle, n'en a pas moins chiffré le coût à 2 milliards de francs sur cinq ans.

Les acteurs du marché français affûtent leur stratégie

Suez-Lyonnaise des eaux a commencé à commercialiser un service d'accès à Internet à haut débit sur ses propres réseaux, et à lancer à Annecy un premier service de téléphonie sur le câble. Mais l'objectif est d'offrir ses services sur les réseaux du Plan Câble, construits par France Télécom et exploités par Lyonnaise Câble, en particulier à Paris. L'ART a donné le feu vert l'an dernier au câblo-opérateur pour l'accès à Internet et vient de fixer les conditions de fourniture du service de téléphonie. Sur le terrain, France Télécom ne l'entend pas de cette oreille et traîne les pieds. L'opérateur historique connaît le potentiel des réseaux câblés : il n'a pas hésité à verser 5 milliards de francs pour prendre le contrôle du premier câblo-opérateur néerlandais, Casema... Dans l'Hexagone, le paysage du câble devrait évoluer prochainement. La clarification des rôles entre propriétaire et exploitant des réseaux du Plan Câble est attendue. Vivendi devrait préciser ses ambitions au sujet de Numericâble, troisième acteur du marché, détenu par Canal Plus. Et l'on attend le nouveau tour de table de Videopole, dont EdF voulait se désengager et dont l'un des actionnaires est TCI.



Les réseaux câblés suscitent un nouvel intérêt...

Aux Etats-Unis


AT&T vient d'annoncer une opération de fusion avec TCI pour 48 milliards de dollars.

Le but : accéder au marché de la téléphonie locale et offrir des services à haut débit au tiers des consommateurs américains.

Microsoft a investi 1 milliard de dollars dans Comcast l'an dernier.

Le but : imposer son système d'exploitation au-delà du marché du PC.

En France

Suez-Lyonnaise des eaux est le premier concurrent de France Télécom sur la boucle locale. Il souhaite offrir des services d'accès à Internet et de téléphonie aux 630 000 abonnés à ses réseaux câblés.

...Mais l'investissement nécessaire à la modernisation coûte cher...

TCI doit encore investir 2 milliards de dollars sur les deux prochaines années pour être en mesure d'offrir des services à haut débit à ses abonnés.

Suez-Lyonnaise des eaux entend, pour sa part, investir 2 milliards de francs sur cinq ans pour son offre de téléphonie sur le câble.

Numéricâble (détenu à 100 % par Canal Plus) estime qu'il lui faut investir 1,2 milliard de francs s'il veut offrir un service téléphonique à ses 600 000 abonnés.

...Et ils doivent affronter une vive concurrence

Les opérateurs " historiques " misent sur la technologie ADSL pour doper le réseau téléphonique classique et offrir des services à haut débit à leurs abonnés.

Nortel teste une technologie d'accès à haut débit à Internet sur le réseau électrique. Les électriciens pourraient alors exploiter leur réseau de distribution électrique pour proposer des services de télécommunications.

D'autres opérateurs envisagent de déployer des boucles locales radio ou des boucles locales satellitaires pour accéder à l'abonné.
 

 

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