L'accord sur la dette grecque sera conclu à temps, dit Papadémos

par Angeliki Koutantou et Karolina Tagaris

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ATHENES (Reuters) - Le Premier ministre grec, Lucas Papadémos, s'est déclaré confiant lundi sur la possibilité d'aboutir dans les temps à un accord sur l'échange de dette, clef de voûte du sauvetage du pays, malgré l'interruption des discussions sur ce dossier vendredi.

Athènes négocie depuis des mois avec ses créanciers privés les modalités d'un échange de dette, condition essentielle à la mise en place d'un deuxième plan d'aide de 130 milliards d'euros des bailleurs de fonds internationaux de la Grèce, sans lequel le pays risque de faire défaut dès la fin du mois de mars.

Après la suspension des pourparlers vendredi, une source proche des négociateurs grecs s'est dit moins optimiste quant à la possibilité d'un accord. Les négociations doivent reprendre mercredi.

"Il y a une pause dans les discussions. Mais je suis confiant sur leur reprise et sur le fait que nous aboutirons à un accord (...)", a déclaré Lucas Papadémos, selon le texte d'un entretien accordé à la chaîne CNBC.

Le plan d'échange de dette doit permettre à la Grèce de ramener son endettement de 160% à 120% de produit intérieur brut (PIB) d'ici à 2020.

Les inspecteurs de la "troïka" qui réunit le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne (BCE) et la Commission européenne, doivent se rendre à Athènes mardi pour évoquer le deuxième plan d'aide. Ils ont prévenu qu'ils ne donneraient leur feu vert au renflouement qu'une fois qu'un accord avec les créanciers privés aura été trouvé.

Lucas Papadémos a déclaré que ces deux processus devaient être achevés au cours des deux ou trois prochaines semaines.

"C'est l'objectif. Je pense que les conditions sont réunies pour y parvenir", a-t-il expliqué.

UNE AIDE SUPPLÉMENTAIRE INUTILE, DIT PAPADÉMOS

Charles Dallara, directeur général de l'Institut de la finance internationale (Ifi), le lobby bancaire chargé de représenter les créanciers privés d'Athènes dans les négociations, a déclaré au Financial Times qu'un accord de principe devait être trouvé d'ici la fin de la semaine pour pouvoir être finalisé d'ici mars.

Il a ajouté que le blocage ne provenait pas des Grecs.

"Tous les chefs d'Etat européens ont dit qu'ils voulaient un accord avec une (décote) de 50% et une participation volontaire", a dit Charles Dallara. "Certains de leurs propres collaborateurs ne respectent pas cette décision."

Confrontée à une cinquième année consécutive de récession, la Grèce n'a cessé de manquer ses objectifs de réduction de déficits, alimentant les spéculations autour de la nécessité de mettre sur pied des aides supplémentaires.

Interrogé pour savoir si Athènes avait besoin de fonds additionnels par rapport au deuxième plan de sauvetage négocié lors d'un sommet européen en octobre, Lucas Papadémos a jugé que ce n'était pas nécessaire.

"Je pense que les fonds qui ont été promis lors du sommet européen, combinés au résultat du processus de participation du secteur privé, devraient être suffisants pour soutenir financièrement l'économie grecque", a dit le Premier ministre.

Selon un responsable gouvernemental, le patron de l'agence grecque de la dette Petros Christodoulou et le conseiller du ministère des Finances George Zanias se rendent ce lundi à Washington pour des entretiens auprès du FMI au sujet du plan d'échange de dette.

Le ministre des Affaires étrangères allemand Guido Westerwelle, en visite à Athènes dimanche, a dit de son côté que l'Allemagne était optimiste sur l'issue des pourparlers en Grèce.

De son côté, le ministre britannique des Finances George Osborne a jugé lundi que l'incertitude autour du cas grec est une menace bien plus grande pour la stabilité en Europe que l'abaissement des notes de neuf pays de la zone euro par Standard & Poor's vendredi soir.

"Je dirais que, presque davantage que la dégradation, l'incertitude actuelle sur la manière dont on va appliquer une décote sur une partie des créances du secteur privé en Grèce est une source d'instabilité quasi supérieure pour la zone euro en ce moment", a dit le chancelier de l'Echiquier au micro de la

BBC.

Jean Décotte pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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