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L’accord social chez STX accouche d’une commande de 1,4 milliard d’euros

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Les salariés de STX de Saint-Nazaire peuvent pousser un grand "ouf" de soulagement. Le chantier naval vient de signer une lettre d’intention de commande avec MSC Croisière pour la construction de deux super-paquebots pour un prix d’environ 1,4 milliard d’euros. Ils n'en seraient pas là sans l'accord de compétitivité signé en février dernier.

L’accord social chez STX accouche d’une commande de 1,4 milliard d’euros

On l’attendait, on l’espérait, il s’est concrétisé. Jeudi 20 mars, juste avant les douze coups de midi, Laurent Castaing, directeur général de STX France et Gianluigi Aponte, PDG du groupe MSC, ont paraphé sous les yeux du ministre de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici, la lettre d’intention de commande pour deux paquebots. Ces unités seront livrables en 2017 et 2019, pour un montant de l’ordre de 1,4 milliard d’euros. Ce contrat représente environ 16 millions d’heures de travail pour STX France et ses sous-traitants, et deux autres "sisters ships" sont en option. Cet accord a été rendu possible par la signature avec deux syndicats représentatifs d’un accord de compétitivité qui a permis de proposer les paquebots à un prix accepté par MSC tout en préservant la rentabilité de l’entreprise.

Pierre Moscovici n’a pas hésité à prendre des accents montebouriens : "C’est une très belle nouvelle pour l’industrie française. Un témoignage du savoir-faire et de la qualité française. Nous sommes fiers de nos entreprises quand elles se battent." STX s’est effectivement battu, en menant de front des négociations avec les syndicats, avec MSC et avec ses actionnaires, dont l’Etat (qui détient 33% du capital).

Apreté des négociations

Personne ne cherche à cacher l’âpreté des négociations. "Vous aviez mis quelques conditions, reconnaît Laurent Castaing en s’adressant à Gianluigi Aponte, dont certaines étaient difficiles. Nous ne sommes pas passés loin de ne pas nous entendre. J’apprécie plus ou moins votre sens de la négociation, mais j’ai toujours apprécié votre très grande honnêteté." A un moment, la direction de STX a même été lâchée par ses actionnaires, l’Etat en tête. Ils avaient refusé de donner leur aval à un prix jugé trop bas et qui risquait d’aboutir à une vente à perte.

La négociation avec les syndicats est alors devenue primordiale pour trouver 30 millions d’économies. "Il y a eu des moments de blocage, explique Christophe Morel, de la CFDT, en particulier quand la direction a voulu imposer une augmentation de 20 minutes de travail journalier sans compensation financière." La direction, de son côté, n’avait pas hésité à dénoncer les accords d’entreprise. Une sorte d’arme atomique, car en l’absence de nouvel accord, les salariés de STX France auraient dû se contenter de la convention collective de la métallurgie, bien moins favorable aux salariés que les accords maison.

Contrat suspendu au bouclage du financement

FO, la CFDT et la CFE-CGC étaient revenus autour de la table des négociations. Finalement, les deux derniers ont signé un accord le 31 janvier 2013 et FO n’a pas contesté l’accord, ce qui le rendait valide. Une heure après la signature entre STX et MSC, les représentants des deux syndicats et Laurent Castaing signaient la déclaration de mise en vigueur de l’accord. "Pour la première fois dans l’histoire de notre chantier, des organisations syndicales sont associées à un temps fort de leur entreprise", déclarait Christophe Morel, représentant CFDT, tout en reconnaissant qu’il "a fallu renoncer à certains éléments de notre gâteau social". François Janvier, représentant CFE-CGC, renchérissait : "La signature de la lettre d’intention est la démonstration que la CFE-CGC, accompagnée par la CFDT, a fait le bon choix en participant aux négociations sur la compétitivité avec la volonté commune d’aboutir à un accord équilibré."

Vu l’engagement du gouvernement, la commande des deux paquebots a toutes les chances de se concrétiser, même si elle reste formellement suspendue au bouclage du financement. Quant au risque industriel, il est très faible, les relations entre STX et MSC étant très anciennes. Depuis 2003, le chantier nazairien a construit douze navires pour le croisiériste. Cette commande assurera une bonne partie de l’activité du chantier : études en 2014, puis fabrication à partir de 2015. Mais Laurent Castaing rappelle qu’il est encore en négociations pour de futures commandes et qu’il démarche encore. Il est vrai que l’hypothétique contrat de deux ferries pour la SNCM est loin d’être ficelé, personne n’ayant trouvé une réelle solution pour financer cet investissement.

Patrice Desmedt

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