Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Agro

L'accès aux semences, enjeu-clef du défi alimentaire mondial

Franck Stassi ,

Publié le

Les Etats, les industriels et les agriculteurs doivent travailler de concert pour répondre au défi alimentaire mondial, estiment l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et les professionnels de l’industrie semencière.

La population mondiale devrait atteindre 9,3 milliards d’hommes à l’horizon 2050. D’après l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), une hausse de 70% de la production céréalière à cette échéance est nécessaire pour nourrir la population.

"Cela représente soixante-dix kilos supplémentaires à produire par hectare et par an. Or en quarante années, nous avons doublé la production, passant de 1,2 milliard de tonnes par an à 2,4 milliards de tonnes. Ce doublement de la production a été réalisé à surfaces constantes, avec des progrès de rendement effectués seulement sur la moitié des surfaces", a indiqué, dans le cadre de l’Exposition universelle de Milan (Italie), le président du Groupement national interprofessionnel des semences et plants (Gnis), Pierre Pagesse.

"Les semences constituent une clef pour augmenter la production alimentaire et pour lutter contre l’insécurité alimentaire, la malnutrition et la faim. Il s’agit d’une base pour le développement de nouvelles cultures et des variétés, indispensable pour protéger la biodiversité agricole, et clef pour assurer l'adaptation au changement climatique", a pour sa part ajouté Samuel Kugbei, spécialiste de la politique semencière à la FAO. "Il faut harmoniser les politiques pour faciliter leur commerce international".

"Pourquoi les agriculteurs n’utilisent-ils pas forcément de bonnes semences ?", s’est interrogé le secrétaire général de l’Association africaine du commerce des semences, Justin Rakotoarisaona. "Il faut savoir qu’en raison du coût de ces produits, seuls les agriculteurs ayant une visée commerciale pour leurs cultures s’y intéressent. Acheter des semences n’est pas forcément la priorité pour des agriculteurs qui, financièrement, sont en difficulté ou font du surplace."

Un guide pour accompagner les Etats

Afin de répondre à ce problème et d’accompagner les Etats, la FAO a publié un dédié aux politiques semencières. "L’absence de ces politiques affaiblit la capacité des pays à fournir aux petits exploitants un accès adéquat à des semences de qualité des cultures les mieux adaptées à leurs systèmes d’exploitation, à leurs conditions et à leurs besoins", précise l’organisation en préambule de son "Guide pour la formulation d’une politique semencière nationale".

"La politique semencière devrait refléter la structure et les fonctions d’un secteur semencier efficace qui propose des semences de qualité de variétés adaptées aux agriculteurs, pour une large appropriation", a considéré Samuel Kugbei. Pour le spécialiste, les politiques semencières sont complémentaires des lois et règlements : "une politique semencière expose la vision du gouvernement, là où les lois et règlements semences sont des moyens d’en mettre en œuvre les dispositions en fixant des règles, des normes, les procédures et la base juridique de leur application."

Les Etats ont également un rôle à jouer en matière de recherche. "La plupart des agriculteurs africains ont accès aux semences, mais cela dépend des exploitations et des cultures, a ajouté, auprès de L’Usine Nouvelle, Justin Rakotoarisaona. Pour le maïs, 90% des agriculteurs africains utilisent déjà la semence hybride, surtout en Afrique australe et de l'Est. Toutefois, seule 20% de la population utilise des semences améliorées. Le Kenya, le Zimbabwe, la Zambie et l'Afrique du Sud sont très avancés en matière d'usage de semences hybrides. La plupart des recherches, en Afrique, sont effectuées par le secteur public, sauf pour les cultures de rente comme le maïs ou les cultures maraîchères. Toutefois, la recherche publique développe des variétés qui ne répondent pas forcément aux besoins des agriculteurs. Il faut développer la recherche participative avec les agriculteurs."

Les investissements des industriels en question

Les professionnels de la filière semencière souhaitent eux aussi apporter des réponses au défi alimentaire mondial. "L’industrie semencière avance par cercles concentriques, en observant comment évoluent les comportements des clients et quels sont les marchés qui se développent… C’est une décision de moyen-long terme de s’implanter dans une nouvelle région : il faut préparer les produits, avec les espèces à développer ou à adapter. Les semenciers accompagnent, dans un certain nombre de cas, les acteurs locaux. De nouvelles cultures sont parfois dédiées, dans un premier temps, à l’exportation", a précisé Pierre Pagesse à L’Usine Nouvelle.

Franck Stassi

Une agence de notation dédiée aux politiques agricoles

Afin d’encourager le développement de politiques vertueuses en faveur de l’agriculture, Pierre Pagesse, également président du think-tank Momagri (Mouvement pour une organisation mondiale de l’agriculture), qui fête cette année son dixième anniversaire, a annoncé le lancement, dans les prochaines semaines, d’une agence de notation.

"Les variations des marchés agricoles sont très importantes. On a fait un modèle de projection de l’économie en général, ce que les économistes appellent "l’économie générale calculable", dans lequel on a inséré un modèle agricole. On a démontré mathématiquement que les prix étaient et resteront instables. Nous souhaitons créer une agence de notation pour voir comment les politiques des dirigeants du monde viennent pallier, ou non, à cette instabilité, en encourageant ou non la production agricole qui y est liée. Cette agence sera ouverte à d’autres actionnaires (la coopérative agricole québécoise Coop fédérée, par exemple). Nous noterons des pays ou des groupes de pays", explique-t-il.

 

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle