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« L'accès aux données du privé reste compliqué »

Par Marion Garreau

Publié le

Entretien Patrick Duverger, le directeur de la logistique et des systèmes d’information d’Antibes, revient sur les expérimentations faites sur son territoire.

« L'accès aux données du privé reste compliqué »
Patrick Duverger, directeur de la logistique et des systèmes d’information d’Antibes

Comment la ville d’Antibes aborde-t-elle la donnée ?

À Antibes, nous appréhendons la donnée sous l’angle technologique. Notre proximité géographique avec la technopole Sophia Antipolis nous donne accès à des entreprises innovantes sur ces questions-là et demandeuses de terrains d’expérimentation. Nous avons travaillé ensemble sur des cas opérationnels pour obtenir une preuve de faisabilité.

Pouvez-vous citer des exemples d’expérimentations ?

Un premier projet a consisté à tester une technologie d’internet des objets sur notre réseau d’eau. Nous avons négocié avec Veolia – notre distributeur – l’accès aux données issues de l’exploitation du réseau. Nous les avons ensuite traitées avec les outils d’analyse et de prédiction de la plate-forme cloud Hana de SAP. Cela nous permet de définir des priorités dans le renouvellement des équipements. Nous avons aussi travaillé avec la start-up France Labs pour créer un moteur de recherche qui offre à nos 2 000 agents un accès simple à nos trois à quatre téraoctets de données de la ville.

Obtenir les données détenues par Veolia a-t-il été difficile ?

L’accès aux données est toujours compliqué. D’abord parce que c’est un domaine très réglementé, avec la question de la responsabilité du détenteur, en cas de cyberattaque par exemple. Ensuite, les opérateurs privés ont bien conscience qu’en vous donnant accès à leurs données, ils vous permettent d’être critique par rapport à leur performance. Il faut donc les convaincre, s’accorder sur le format des données, sur les responsabilités…

En plus des données techniques, en collectez-vous d’autres ?

Nous avons équipé nos principaux monuments touristiques de beacons (petits capteurs communiquant en Bluetooth, NDLR) afin d’envoyer des informations aux visiteurs et de récupérer en retour des données de fréquentation et d’usage. Nous envisageons également de faire d’autres métriques, par exemple sur le trafic routier à partir des caméras de vidéosurveillance. Nous travaillons à produire nos propres données en s’assurant qu’elles soient toujours anonymisées à la source de façon à les sécuriser en amont de leur traitement. Exploiter statistiquement des données personnelles pour mieux gérer la cité sera une prochaine étape.

Comment pouvez-vous garantir la sécurité des données ?

Nous avons travaillé avec SAP autour d’un algorithme de chiffrement, testé sur des capteurs Sigfox installés sur notre réseau d’eau. La donnée circule cryptée puisque le chiffrement se fait dès son prélèvement sur le capteur. Nous avons ainsi montré que l’on peut sécuriser l’internet des objets depuis l’objet jusqu’au logiciel client. Autre avantage de notre algorithme : il n’augmente pas la taille de la donnée – c’est assez exceptionnel ! –, et il reflète la variation d’une donnée, ce qui nous permet par exemple de détecter l’augmentation d’un niveau d’eau sans avoir à décrypter la donnée.

Dans quelle vision globale s’insèrent ces expérimentations ?

Nous visons une gestion de la ville qui se ferait depuis un cockpit agrégeant toutes les données, afin d’optimiser notre gestion technique et d’apporter de nouveaux services aux citoyens. Dans une ville, l’internet des objets peut concerner les objets, les personnes et les services. Notre objectif : faire parler ces trois pôles entre eux. Nous commençons par connecter les objets à nos services pour les optimiser, ce qui demande déjà de travailler notre back-office pour aller plus loin. Car sans back-office solide, on ne peut assurer la prestation de services publics innovants et intelligents. 

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