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L'Usine Campus

L’absentéisme pénalise moins l’industrie que d’autres secteurs

Christophe Bys , ,

Publié le

Alors que l’absentéisme a fortement progressé dans les entreprises françaises en 2012, l’industrie est un des secteurs qui fait exception à la règle. Cela est dû notamment à une meilleure prise en compte des conditions de travail.

L’absentéisme pénalise moins l’industrie que d’autres secteurs © D.R - Bosch

Alors que les salariés et autres indépendants reprennent le chemin du bureau ou de l’usine, Alma Consulting publie son enquête annuelle sur l’absentéisme sur le lieu de travail. Le résultat indique une aggravation du phénomène qui, globalement, croît de 18 % par rapport à 2011. En moyenne, un salarié a été absent 16,6 jours en 2012 contre 14 jours en 2011, ce qui représente une hausse moyenne de plus de 2 journées par salarié. Le coût de l’absentéisme, mesuré par les absences pour maladie, accident du travail et maladies professionnelles,  est estimé à 7,98 milliards d’euros.

Derrière ce résultat global, il existe de sensibles disparités entre les secteurs. Ainsi, en dépit d’une mauvaise image, et malgré des conditions de travail souvent décriées, l’industrie fait figure de quasi exception avec un absentéisme qui n’a guère varié en un an, tout en restant très bas. En 2012, l’absentéisme moyen y était de 13,8 jours ; un an plus tôt il n’était que de 13,1, soit moins d’une journée de plus. Pour le directeur du pôle santé sécurité et environnement du travail chez Alma Consulting, Yannick Jarlaud, les raisons de cette relative exception industrielle viennent de la nature du travail. "Le travail étant réputé plus pénible depuis longtemps, les entreprises du secteur ont pris conscience des enjeux plus tôt et agissent en prévenant les risques professionnels ou en aménageant les postes de travail." Deux mesures qui selon l’étude d’Alma sont jugées par les DRH comme étant les plus efficaces pour lutter contre l’absentéisme, qui, loin d’être une fatalité, "peut être réduit par des actions internes", estime l’expert d’Alma consulting..

Prégnance des maladies professionnelles dans l’industrie

Les résultats détaillés obtenus par l’industrie permettent d’affiner le diagnostic.  85 % des absences y sont dues à la maladie (contre 84 % pour l’ensemble de l’économie). Là où l’industrie fait la différence c’est sur les accidents du travail et de trajet, qui y représentent 10 % et 1 % des absences, contre 13 et 1 % pour l’ensemble. "Il y a eu davantage d’accidents du travail dans la santé que dans une usine ou sur un chantier", précise Yannick Jarlaud.

Sensibilisée à la dangerosité de ces métiers mais aussi hautement automatisée, l’industrie connaît moins d’accidents de travail que d’autres secteurs où ces questions sont moins stratégiques. Reste un point noir pour l’industrie : les maladies professionnelles que le secteur peine davantage à juguler. Elles sont responsables de 5 % des absences, quand elles représentent 2 % pour l’ensemble de l’économie.

Moins de femmes plus de cadres : c’est moins d’absentéisme

Pour Denis Monneuse, enseignant chercheur à l’IAE de Paris, d’autres raisons plus structurelles expliquent le moindre absentéisme dans l’industrie. Ainsi, il cite la moindre présence de femmes dans l’industrie. Or leur taux d’absentéisme est plus élevé que celui des hommes, même en excluant les absences liées aux congés maternité. "Elles ont une double journée de travail, ce qui les expose davantage au stress" explique le sociologue. Sans oublier qu’en cas de problème de garde ou de maladie de la progéniture du couple, les femmes arrêtent plus souvent de travailler.

Autre explication du moindre absentéisme : la réduction des effectifs ouvriers et la tertiairisation de l’industrie. Denis Monneuse observe à cet égard que "même si l’absentéisme des cadres augmente, il reste bien en deça de celui des ouvriers."  Les chiffres lui donnent raison. Entre 2011 et 2012, le taux d’absentéisme des cadres est passé de 1,33 à 2,28 % tandis que celui des ouvriers restait stable aux alentours de 4 % (respectivement 4,31 % puis 4,24 %).

 Le taux d’absentéisme, un indicateur incomplet

Dernier point sensible sur ces chiffres : un taux d’absentéisme n’indique pas une proportion de personnes. Autrement dit, s’il est plus élevé, cela ne veut pas dire qu’il y a davantage de personnes absentes dans un secteur que dans un autre ou d’une année à l’autre. Il faut tenir compte aussi de la fréquence des arrêts et de leur durée, qui l’une et l’autre influencent le résultat global.

Pour affiner le diagnostic, l’expert d’Alma consulting conseille de tenir compte à la fois du taux d’absentéisme et du taux de "personnes toujours présentes au cours de l’année". Ce dernier atteint 52 %, tous secteurs confondus et descend à 50 % dans l’industrie. "Le plus faible taux d’absentéisme ne veut donc pas dire qu’il y a moins de personnes absentes dans l’industrie, précise Yannick Jarlaud, elles sont arrêtés moins souvent ou que leur arrêt dure moins longtemps que dans d’autres secteurs " précise Yannick Jarlaud.

Etre présent n’est pas synonyme d’être en bonne santé

Auteur d’un ouvrage sur le surprésentéisme, Denis Monneuse estime enfin que dans l’industrie davantage de salariés viennent plus souvent tout en étant malades. Même si cet état justifierait un arrêt, les personnes viennent quand même travailler. Pour lui l’explication se trouve dans les contraintes du travail industriel. "Une absence est plus dommageable dans l’industrie." Les personnes hésitent davantage à s’arrêter car elles savent que les autres membres de l’équipe devront travailler plus pour pallier leur absence. Autrement dit, leur absence se remarquant davantage, elles hésitent avant d’appeler leur employeur en cas d’impossibilité.

Christophe Bys

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