"L’abattage religieux n’est pas plus économique"

"Les commentaires selon lesquels on abat 100 % des animaux selon le rituel religieux pour des motifs économiques, c’est du fantasme !", s’insurge Pierre Halliez, directeur général du Syndicat national des industries des viandes (Sniv). Le secteur est pris depuis deux jours dans une polémique lancée par la candidate du Front national à l’élection présidentielle, Marine Le Pen.

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"C’est l’inverse qui se passe. L’abattage religieux ralentit les cadences des chaînes, le processus est plus séquencé. Il faut respecter un délai de contention de l’animal plus long et la mort de l’animal est plus lente. Et les opérations de mise à mort sont plus délicates et plus dangereuses pour le personnel", précise le directeur du Sniv.

La polémique agitée par la candidate frontiste, pose tout de même deux questions. Celle du bien-être animal et celui de la traçabilité. La question de l’étourdissement des animaux est loin de faire consensus dans le milieu du halal. "Les différents labels halal (il existe trois autorités sur le halal : les mosquées de Paris, Evry et Lyon - NDLR) réagissent différemment sur la question de l’étourdissement. Certains autorisent un étourdissement de l’animal pour autant qu’il ne meure pas", indique Pierre Halliez. La technique la plus souvent employée est l’électronarcose réversible, qui consiste à envoyer un courant électrique à travers le cerveau du ruminant avant ou juste après l’égorgement. Pour le syndicat des industriels, seuls les pouvoirs publics peuvent arbitrer cette question.

Pas de différence entre les viandes

Sur la question de la traçabilité, et des volumes de viandes abattues selon un rituel religieux et dont une certaine part serait vendue dans le circuit conventionnel, le syndicat des industriels de la viande estime qu’il n’y a pas de différence entre les viandes. "La viande abattue selon un rituel religieux a une signification pour celui qui a une croyance. Pour les autres personnes, c’est une viande comme une autre", estime Pierre Halliez.

Le décret du 28 décembre dernier, et qui entrera en vigueur début juillet, devrait apporter un peu plus de clarté puisqu’il demande que l’abattage rituel corresponde à une commande précise d’un client (industriel ou distributeur). Les abattoirs devront posséder d’ici le 1er juillet prochain une dérogation préfectorale afin de pouvoir procéder à l’abattage sans l’étourdissement des animaux. Une liste des abattoirs pratiquant l’abattage rituel sera donc disponible dans les prochains mois. La mesure devrait mettre un peu de clarté dans un système qui en manque singulièrement…

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