L'abattage porcin en difficulté

Le secteur a enregistré des pertes d'exploitation de l'ordre de 100 millions d'euros, s'inquiète le syndicat des industriels de la viande, le Sniv-Sncp.

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L'abattage porcin en difficulté

Le secteur de l'abattage porcin français a vécu une année 2011 extrêmement difficile. Dans un communiqué, le syndicat national des industries des viandes (Sniv) tire la sonnette d'alarme : "Dans l'activité d'abattage-découpe, entre l'entrée de l'animal à l'abattoir et la mise sur le marché des pièces de découpe dans l'industrie de la charcuterie-salaison ou en grande distribution, les industriels ont enregistré 4 euros de perte d'exploitation par animal. Les industriels français abattent 25 millions de porc par an, ce qui fait 100 millions d'euros de pertes cette année", s'inquiète Pierre Halliez, son directeur. Du coup, les trésoreries des opérateurs du secteur sont mises à mal.

La coopérative bretonne Cooperl, numéro un du secteur avec 25 % des abattages, possède une activité de fabrication d'aliment du bétail qui compense les pertes de l'abattage. Le numéro deux, le groupe Bigard, avec grosso modo lui aussi 25 % du marché suite au rachat de Charal et de Socopa, compense avec l'activité d'abattage de viande bovine.

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Par contre, le numéro trois, Gad, qui appartient aux groupes coopératif Cecab et Prestor, est en grande difficulté. La coopérative a cherché à vendre l'entreprise avec l'aide du comité interministériel aux restructurations industrielles (Ciri), mais aucune solution n'a été trouvée.

Agir sur l'écart de compétivité avec l'Allemagne

Cecab et Prestor ont décidé à ramener leur filiale d'abattage porcin à l'équilibre d'ici 2014, selon nos confrères de Ouest-France. Les deux actionnaires pourraient recapitaliser Louis Gad (700 millions d'euros de chiffre d'affaires), qui emploie quelque 3 000 salariés sur cinq usines, dont trois en Bretagne. Un investissement de 4 millions d'euros serait également programmé sur les sites industriels.

Pour Pierre Halliez, le problème est structurel : "Depuis dix ans, la filière porcine française régresse à tous les niveaux au profit des filières allemande, espagnole et danoise tant sur le débouché charcuterie-salaison que sur l'export pays tiers. Une activité industrielle qui devient non rentable et structurellement en décroissance se délocalise. C'est ce qui s'est passé dans la sidérurgie ou dans le textile. C'est ce qui se passe aujourd'hui avec l'essor de l'industrie de l'abattage en l'Allemagne qui concentre, sur fond de dumping social hors-la -loi, des activités autrefois implantées aux Pays-Bas, au Danemark ou en Belgique".

Le syndicat veut agir sur l'écart de compétitivité avec l'Allemagne sur le coût de la main-d'œuvre : "L'Organisation Internationale du Travail (OIT) a mis le doigt sur la situation et la Commission européenne va bientôt prendre des mesures législatives en la matière, indique le directeur du syndicat. Nous devons également continuer à segmenter l'offre en distinguant sur le marché les indications d'origine avec, par exemple, le logo Viande Porcine Français (VPF)."

La concentration des opérateurs français permettrait de dégager une puissance commerciale pour peser davantage au niveau européen. "Nous avons un temps de retard par rapport aux Allemands, aux Danois, aux Hollandais et aux Espagnols, explique Pierre Halliez. Nous n'avons pas atteint la taille critique sur le marché européen pour être compétitifs face à des concurrents qui, de plus, profitent de distorsions".

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