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L’A400M enfin tiré d’affaire

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Les Etats clients prennent en charge 3,5 milliards d’euros de surcoûts et renoncent aux indemnités de retard, mais pourront réduire de 10 unités la commande globale de 180 avions. Le premier exemplaire sera livré à l’armée française début 2013.

L’A400M enfin tiré d’affaire © EADS

A400M comme Maudit, mais aussi Miraculé. Après près d’un an de rudes tractations, entre menaces d’abandon par l’industriel et de réductions de commandes par les gouvernements, EADS et les sept pays clients de l’Airbus de transport militaire sont enfin parvenus, vendredi à Berlin, à un accord formel sur le financement des surcoûts. Il s’agit en réalité d’un « accord de principe » (qui sera signé dans les tout prochains jours par l’Occar et Airbus Military) pour amender dans les semaines à venir le contrat initial signé en 2003. Selon le ministre français de la Défense, Hervé Morin, le nouveau contrat sera définitivement paraphé en juin, « probablement avant ».

Les Etats s’engagent à débourser 2 milliards d’euros de plus par rapport aux 20 milliards initiaux et à fournir un complément de 1,5 milliard d’euros en échange d’une participation aux futures ventes à l’export (aide à l’export). Ils renoncent également à réclamer « toutes indemnités forfaitaires au titre des retards en cours » et acceptent d'accélérer le versement des acomptes de prélivraison entre 2010 et 2014. L’augmentation de la facture française s’élève à 550 millions d’euros, soit moins de 10 % du coût initial, dixit Hervé Morin.

EADS : 1,8 milliards de provisions pour 2009

De son côté, EADS provisionne une nouvelle somme de 1,8 milliard d’euros avant impôts sur ses comptes 2009, qui passent ainsi dans le rouge (Ebit et résultat net). Le groupe européen avait déjà passé un total de 2,4 milliards d’euros de provisions. Les sept Etats clients ont la possibilité de réduire jusqu’à 10 exemplaires la commande globale initiale de 180 appareils. Si la France a précisé qu’elle maintenait sa cible de 50 unités, le Grande-Bretagne pourrait renoncer à deux ou trois avions sur les 25 commandés.

Le premier exemplaire de l’A400M sera livré à la France début 2013, le dernier en 2024, avec un retard de 4 à 5 ans. Première cliente de l’appareil polyvalent avec 60 unités, l’Allemagne réceptionnera son premier avion en 2014. Certaines fonctionnalités seront mises en œuvre progressivement, au fil de quatre standards qui ne nécessiteront pour l’essentiel que des mises à jour de logiciel. Capable de transporter des troupes, des parachutistes et du matériel sur longue distance et à grande vitesse, mais aussi d’atterrir sur terrains difficiles, l’Airbus militaire a effectué son premier vol le 11 décembre, à Séville où l’usine d’assemblage est implantée.

Considérant que l’accord fournit une base saine pour la réussite du programme, Airbus va pouvoir se concentrer sur la délicate montée en cadence de l’A380 et l’industrialisation du futur A350, tout en réfléchissant à la succession de l’A320.
 

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