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Korn Ferry est formel : les DG sous-estiment la future pénurie de talents, le réveil sera difficile

Christophe Bys

Publié le

La troisième partie de "The Talent Shift", l'étude internationale menée par Korn Ferry, est peut-être la plus inquiétante : les dirigeants d'entreprises se sentent peu concernés par le manque à venir de personnel qualifié et misent sur la technologie pour résoudre le problème. Un pari audacieux.

Korn Ferry est formel : les DG sous-estiment la future pénurie de talents, le réveil sera difficile
En 2030, ce bureau pourrait bien être désert et personne ne l'aura anticipé.
© Fotolia

Si, comme on le prétend, gouverner c'est prévoir, le moins que l'on puisse dire est que les entreprises ne sont actuellement pas très bien dirigées du tout. Sur la question des pénuries de talent à venir, les dirigeants interrogés par Korn Ferry font preuve soit d'un optimisme irresponsable, soit d'une négligence coupable. 

Hausse de salaires et croissance bridée

L'étude réalisée par le cabinet calcule, en effet, que les difficultés actuelles de recrutement risquent bien un jour d'être le souvenir d'une période enchantée, en comparaison de ce qui attend les entreprises. A l'horizon 2020, le marché mondial du travail manquera de 20 millions de personnes qualifiées. Le chiffre pourrait s'élever à 85 millions en 2030. A tel point que Korn Ferry estime que ce manque de "talents" pourrait peser très lourdement sur la croissance. Les entreprises ne pourront pas lancer les projets d'expansion faute de personnels, d'une part. En outre, la rareté sera telle que les salaires pourraient augmenter, ce qui réduira d'autant les possibilités d'investissement ou de rémunération des fonds investis. 

Pourtant, les dirigeants interrogés à travers le monde par Korn Ferry imaginent croître sans encombres dans les années qui viennent. 86 % pensent augment leurs revenus d'ici à 2020. Ainsi plus d'un dirigeant sur deux pense que son entreprise croîtra de plus de 20 % d'ici à 2025 et 95 % (!!!!) pensent qu'ils n'auront aucun mal à trouver la main d'oeuvre qualifiée dont ils auront besoin. Certains réveils pourraient être très difficiles. 

Une version RH du solutionnisme technologique

Cette "inconscience" se nourrit à un manque d'outils. Ainsi, si les entreprises font des planifications RH, très peu les conduisent jusqu'à 2030. En France, on ne trouve que 13 % des entreprises ayant répondu positivement à cette dernière question et seulement 23 % des dirigeants anticipant cette évolution. 

Pour expliquer leurs positions, ils avancent deux raisons : 

- la pression des actionnaires qui obligerait les dirigeants à ne pas fourbir outils et réflexions pour mener une réflexion au-delà du court terme ;

- la croyance que la révolution technologique en cours va supprimer tellement d'emplois que finalement, comme on dit en Suisse, "il n'y a pas le feu au lac". On pourrait presque parler d'attentisme technologique : voyons les emplois qui seront détruits pas les nouvelles technologies avant d'agir. Un chef d'entreprise sur deux anticipe que 20 % des fonctions actuelles seront obsolètes en 2030, remarque l'étude de Korn Ferry. Pour les experts de l'étude, c'est un leurre : la technologie ne pourra pas donner ses pleins effets, si on manque de personnes qualifiées pour les mettre au point et les utiliser. 

Pas à un paradoxe près, les dirigeants interrogés par Korn Ferry sont 59 % à estimer que leur entreprise sous estime le risque organisationnel que représente la pénurie de profils qualifiés. Mais comment dit-on "après moi le déluge" en novlangue managériale ? 

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