Quotidien des Usines

KoobuyCity Rien ne sert de courir...

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Dossier Aujourd'hui en dépôt de bilan, KoobuyCity a parié sur la livraison rapide à domicile. Un peu trop tôt et bien trop vite.

KoobuyCity Rien ne sert de courir...

Sommaire du dossier

En un an d'existence, KoobuyCity aura décidément connu un parcours mouvementé. Lancée en décembre 1999, la start-up du Net voulait à l'origine s'imposer comme un site d'achats groupés, à l'image d'une société comme clust.com. Le concept est alors à la mode chez les entrepreneurs du Web, mais les consommateurs ne sont pas au rendez-vous. Au printemps dernier, le fondateur de KoobuyCity, Jacques Kluger, change alors de concept. Il fait évoluer son activité vers le commerce en ligne avec notamment un service de livraison rapide en centre-ville. Durant quatre mois, les livreurs effectuent entre 110 et 115 livraisons par jour à l'issue d'une campagne de communication de 2 millions de francs. Hermès Logistique met à la disposition de KoobuyCity 1 500 mètres carrés d'entrepôts à Villiers-sur-Marne et des salariés dédiés. Au-dessus des bureaux, rue de Cléry, un étage est transformé en plate-forme logistique. Les livreurs viennent ici charger les produits commandés et livrent dans une zone déterminée. " Un accord avec une société spécialisée n'aurait pas été rentable au-dessus de quatre à cinq livraisons par jour. Et le Web à une heure de votre porte, cela signifie que nos livreurs sont les représentants de la marque ", justifie Jacques Kluger. Car une " dot.com " avec des actifs déconcerte les investisseurs habitués aux entreprises virtuelles, qui ne maîtrisent ni leur stock ni leur logistique, etc. Pour accélérer son développement, Jacques Kluger veut forcer le destin. Après Paris, loin d'être encore conquis, la start-up lance son service à Londres et à Francfort. L'échec est rapide et les filiales vite fermées. Dans le même temps, Carrefour contacte la start-up et engage des négociations pour une prise de participation de 25 % du capital. L'expérience de livraison rapide en moins d'une heure de Koobuy permettrait à Ooshop, le supermarché virtuel du géant des hypermarchés, de se distinguer face à ses concurrents. En juillet 2000, Carrefour demande à Koobuy de ne pas contacter d'autres investisseurs. " Malheureusement, le protocole d'accord est resté lettre morte. Mi-septembre, ils nous ont appelés pour nous demander notre relevé d'identité bancaire. Et nous n'avons reçu qu'un fax nous informant que la politique d'investissement du groupe avait été révisée. Nous n'avons jamais vu les fonds. Pendant six semaines, nous avons tout essayé. Mais seuls 10 millions de francs sur les 20 nécessaires ont pu être réunis ", constate amèrement Jacques Kluger, dont les 47 employés attendent depuis, inoccupés, l'issue de la procédure. Avec les mini-krachs répétés du Nasdaq à New York, la confiance n'était plus là. " Des start-up qui font faillite, il y en a pas mal. En revanche, KoobuyCity est l'une des seules à disposer d'actifs. Il y a beaucoup de manifestations d'intérêt. D'ailleurs, le juge a d'ores et déjà écarté une première offre jugée insuffisante au début de la procédure ", explique l'administratrice en charge du dossier au sein de l'étude parisienne Penet-Weiller. 17 millions de francs investis par des " business angels " Celle-ci estime toutefois que le prix de reprise sera sûrement bien inférieur aux 28 millions de francs injectés dans la société. Jacques Kluger estime quant à lui que " Koobuy a été raisonnable " et ne parle que des 17 millions de francs investis par des " business angels ". L'action judiciaire entamée contre le groupe Carrefour pour rupture abusive devrait être reprise à son compte par l'administrateur, après examen des pièces. " Nous avons bon espoir pour ce dossier. Si l'offre de reprise n'est pas à la hauteur, ce sera un mauvais signe pour les investisseurs de la Net économie ", conclut la mandataire sociale de l'étude Penet-Weiller. Marion Bougeard Les causes Un lancement sur le secteur encombré de l'achat groupé ; un service de livraison en une heure en centre-ville coûteux en logistique et en communication ; un investisseur qui fait faux bond à la dernière minute. La situation Déclaré en cessation de paiements le 9 novembre 2000 ; dépôt des dossiers des repreneurs éventuels jusqu'au 15 décembre 2000. Les perspectives Repris par un acteur du commerce électronique, start-up ou industriel, qui souhaite bénéficier de l'expérience en termes de logistique et de service client de l'équipe de KoobuyCity.com. L'entreprise en bref Activité Service de vente en ligne de produits culturels et alimentaires avec livraison en une heure dans la région parisienne. Siège social Dans le IIe arrondissement, à Paris. P-DG Jacques Kluger. Actionnaires 60 %, Jacques Kluger. 40 % cédés à des investisseurs privés valorisés à 7 millions de francs. Chiffre d'affaires 850 000 francs en septembre 2000, entre 100 000 et 150 000 francs mensuels avant juin 2000.

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