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Kerlink n’atteindra pas son objectif de chiffre d’affaires de 70 millions d’euros en 2020

Ridha Loukil , , ,

Publié le

Contrairement aux prévisions, l’équipementier breton de réseaux d’Internet des objets Kerlink trébuche en 2018 avec un revenu en chute de 31% à 17,1 millions d’euros. Un résultat qui le contraint à abandonner son objectif de chiffre d’affaires de 70 millions en 2020 et à adapter sa feuille de route stratégique.

Kerlink n’atteindra pas son objectif de chiffre d’affaires de 70 millions d’euros en 2020
Kerlink déçoit les marchés financiers par ses résultats 2018.
© LoRa Alliance

C’est une mauvaise surprise de la part de Kerlink. Contrairement aux prévisions, l’équipementier breton de l’Internet des objets, qui s’est introduit en Bourse en mai 2016, trébuche en 2018. Il termine l’année avec un chiffre d’affaires en baisse de 31% à 17,1 millions d’euros, bien en deçà des 19,2 millions d’euros attendus par Gilbert Ferrand, analyste financier chez Midcap Partners.

Plombé par les opérateurs publics

La chute est sévère. La direction l’explique par "un contexte de marché qui reste marqué par un décalage du rythme de déploiements des grands projets d’Internet des objets chez les opérateurs publics" et par "le décalage sine die d’extensions de projets internationaux majeurs ainsi que par des reports de contrats déjà signés mais non exécutés avec des opérateurs de rang 1".

Fondé en 2004 à Rennes par deux anciens de Wavecom, Kerlink réalise des antennes et concentrateurs de réseaux d’Internet des objets au standard LoRa. La PME se contente de développer ses matériels, confiant ensuite leur fabrication à deux sous-traitants électroniques: Seprolec en France et Flextronics à l’international. Elle compte environ 120 personnes et dispose de filiale aux Etats-Unis, en Inde et à Singapour. Elle livre ses équipements à deux types de clients : les opérateurs de réseaux publics comme Orange et Bouygues Télécom en France, et les opérateurs privés comme Veolia ou la SNCF. Si le segment des opérateurs privés a progressé de 3% en 2018, celui des opérateurs publics a plongé de 55%, plombant les résultats de 2018.

Le PDG William Gouesbet est contraint d’abandonner l’objectif qu’il s’était fixé lors de l’introduction en Bourse d’atteindre le chiffre d’affaires de 70 millions d’euros. Mais il réaffirme le potentiel de son entreprise et promet un retour à la croissance en 2019 (mais pas avant le second semestre selon Gilbert Ferrand). Face au attentisme des opérateurs publics, il lance une nouvelle feuille de route pour 2020 privilégiant le développement du marché des opérateurs privés et alternatifs. Avec une stratégie plus offensive en direction des marchés des aéroports, des villes intelligentes, du suivi des objets ou encore de l’industrie 4.0.

Rachat de la pépite Wyres

Dans ce cadre, Kerlink a pris une participation de 51% dans Wyres, une pépite grenobloise d'une quinzaine de personnes développant des solutions de géolocalisation à l’intérieur du bâtiment basées sur la technologie LoRa. L’investissement se monte à 1 million d’euros, financé sur fonds propres. "Ces solutions viennent parfaitement compléter l’offre de Kerlink, qui pourra les proposer de façon industrielle aux entreprises et marchés verticaux identifiés comme prioritaires", écrit Gilbert Ferrand dans sa note d'analyse du 10 janvier 2019.

Pour 2020, la direction se montre confiante sur les perspectives de la société et prévoit une croissance à deux chiffre, avec un EBITDA et un flux de trésorerie positifs.

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