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Kering poursuit sa course en avant, Gucci fait encore mieux que prévu

Publié le

par Pascale Denis

Kering poursuit sa course en avant, Gucci fait encore mieux que prévu
Kering a encore une fois vu sa croissance organique décoller au premier trimestre et fait mieux qu'attendu grâce à nouveau à Gucci dont les ventes ne faiblissent pas, portées par un puissant moteur chinois et par une envolée aux Etats-Unis. /Photo prise le 21 février 2018/REUTERS/Tony Gentile
© Tony Gentile

PARIS (Reuters) - Kering a encore une fois vu sa croissance organique décoller au premier trimestre et fait mieux qu'attendu grâce à nouveau à Gucci dont les ventes ne faiblissent pas, portées par un puissant moteur chinois et par une envolée aux Etats-Unis.

Le groupe également propriétaire de Saint Laurent, Balenciaga ou Boucheron, a vu ses ventes totaliser 3,11 milliards d'euros au cours des trois premiers mois de l'année, un chiffre supérieur aux 2,82 milliards d'euros du consensus établi par Inquiry Financial.

A taux de changes constants, elles ont grimpé de 36,5%, dépassant haut la main les 24% attendus par les analystes, après une progression proforma de 34% au dernier trimestre 2017.

Gucci, qui pèse pour près de 60% des ventes de Kering, s'est encore une fois distingué par une performance exceptionnelle.

Malgré une base de comparaison particulièrement difficile (la croissance organique avait atteint 48% il y a un an), la griffe italienne a encore accéléré la cadence et vu ses ventes décoller de 49% à changes constants, au lieu des 32% prévus, après une envolée de 43% au dernier trimestre de 2017 et de 45% sur l'ensemble de l'année dernière.

Gucci continue de gagner des parts de marché, portée par le succès du style flamboyant et baroque de son designer Alessandro Michele, la rénovation de son réseau de magasins, une augmentation de ses capacités de production et une stratégie digitale hautement efficace qui lui a permis de considérablement rajeunir sa clientèle.

Les "millenials" (20-35 ans) comptent maintenant pour plus de la moitié de son chiffre d'affaires et ses ventes en ligne ont décollé de plus de 100% au premier trimestre.

"NORMALISATION"

Gucci laisse loin derrière les meilleurs élèves du secteur comme Louis Vuitton, propriété de , dont les ventes ont grimpé d'environ 16% en début d'année.

La marque a aussi étoffé son offre avec succès, proposant aux jeunes clients des produits plus accessibles, étendant aussi ses lignes pour hommes et ses accessoires.

Elle profite aussi, comme ses concurrents, d'une envolée des ventes de produits de luxe auprès de la clientèle chinoise depuis près de deux ans et d'une montée en flèche de ses ventes en ligne.

Après une telle explosion, la "normalisation" de sa croissance constitue un enjeu de taille et certains analystes s'interrogent sur son évolution à moyen terme.

"Gucci continue d'investir dans la communication et dans son appareil de production. Elle bâtit ainsi les conditions d'une croissance durable", a déclaré Jean-Marc Duplaix, directeur financier de Kering, lors d'une conférence téléphonique avec la presse.

Il a dit tabler sur une "normalisation" de la croissance de Gucci dans l'année, mais à un rythme qui restera "très élevé".

Il a également souligné que la croissance de la marque était surtout tirée par la hausse du trafic dans les magasins, les hausses de prix ayant été limitées à 5% en moyenne au premier trimestre, sauf dans la zone euro.

Gucci, qui a dépassé tous ses objectifs de moyen terme fixés en juin 2016, tiendra une journée investisseurs le 7 juin.

Le risque de lassitude, la fidélisation de la masse de ses nouveaux clients ou l'évolution de sa ligne créatrice sont autant de défis pour la griffe à moyen terme.

Saint Laurent, qui a engrangé une croissance organique de plus de 20% pendant sept ans d'affilée, progresse encore de 20% tandis que Bottega Veneta, en plein repositionnement, a limité sa progression à seulement 0,7%.

Les chiffres du premier trimestre correspondent au nouveau périmètre de Kering, entièrement recentré sur le luxe après la cession annoncée d'une majorité du capital de l'équipementier sportif Puma, de la vente annoncée de Volcom et de la sortie de la coentreprise avec Stella McCartney.

(Edité par Dominique Rodriguez)

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