Kering: Gucci ralentit à peine et poursuit sa trajectoire hors norme

par Pascale Denis
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Kering: Gucci ralentit à peine et poursuit sa trajectoire hors norme
Kering a vu sa croissance organique se tasser légèrement au troisième trimestre tout en se maintenant à un niveau extrêmement élevé, à la faveur des ventes nettement meilleures que prévu de Gucci, qui signe encore une fois une performance hors norme malgré des comparatifs très élevés. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Thayer

PARIS (Reuters) - Kering a vu sa croissance organique se tasser légèrement au troisième trimestre tout en se maintenant à un niveau extrêmement élevé, à la faveur des ventes nettement meilleures que prévu de Gucci, qui signe encore une fois une performance hors norme malgré des comparatifs très élevés.

Le directeur financier du groupe, Jean-Marc Duplaix, a précisé lors d'une conférence téléphonique avec la presse ne percevoir, à ce stade, aucun ralentissement de la demande chinoise, alors que des craintes d'un affaiblissement du moteur chinois ont pesé sur le secteur du luxe ces derniers mois.

Kering, également propriétaire de Saint Laurent, Bottega Veneta ou Balenciaga, a publié mardi un chiffre d'affaires trimestriel en hausse de 27,6% à 3,40 milliards d'euros, dépassant le consensus de 3,26 milliards réalisé par Inquiry Financial pour Reuters.

A taux de changes constants, sa croissance a atteint 27,5%, au lieu des 22,5% attendus en moyenne par les analystes, après 34% sur les six premiers mois de l'exercice.

Au coeur de toutes les attentions des investisseurs, Gucci, principal centre de profit du groupe, n'a que peu décéléré, signant encore une progression de ses ventes de 35,1% en données comparables, au lieu des 25% attendus, après une hausse de 44% au premier semestre.

Cette performance est d'autant plus remarquable qu'elle s'inscrit sur des bases de comparaison très difficiles, ses ventes ayant bondi de 49,4% au troisième trimestre 2017.

Le PDG de Gucci, Marco Bizzarri, s'était attaché récemment à rassurer ses vendeurs, dans une vidéo interne, expliquant qu'il ne fallait pas "avoir peur" des variations quotidiennes parfois négatives dans les magasins, liées à des comparatifs très élevés.

AMBITION INTACTE

Le risque de lassitude face à des partis pris esthétiques très marqués, la fidélisation de la masse de ses nouveaux clients ou l'évolution de sa ligne créatrice sont autant de défis pour la griffe à moyen terme.

Face aux interrogations des investisseurs sur sa capacité à conserver son attractivité, Marco Bizzarri s'était montré très confiant en juin.

Tout en évoquant une inévitable "normalisation", il s'est fixé pour objectif de faire croître Gucci à un rythme deux fois plus rapide que celui du marché du luxe et d'en faire la première marque mondiale du secteur devant Vuitton, dont les ventes dépassent 9 milliards d'euros.

"Cette ambition demeure intacte", a précisé mardi Jean-Marc Duplaix.

Gucci laisse encore loin derrière les meilleurs élèves du secteur comme Louis Vuitton, propriété de LVMH, dont les ventes ont progressé d'environ 14% au cours du trimestre.

Balenciaga, nouvelle pépite du groupe dont les ventes sont estimées à plus de 500 millions d'euros, a poursuivi sur sa lancée avec une croissance organique de plus de 50%.

La marque, qui avait dit pouvoir atteindre la barre du milliard d'euros de chiffre d'affaires à moyen terme, estime maintenant que cet objectif pourrait être atteint à court terme.

Saint Laurent marque un peu le pas (+16%) après une croissance organique de plus de 20% pendant sept ans d'affilée, tandis que Bottega Veneta, qui a recruté cet été un nouveau créateur artistique pour se relancer, reste à la peine (-8,4%).

Un regain d'inquiétudes concernant la demande chinoise, lié à la baisse de la Bourse de Shanghai, à la dépréciation du yuan et aux conséquences de la guerre commerciale sino-américaine, a récemment pesé sur le secteur du luxe.

Depuis son plus haut de l'année à 522,40 euros touché le 15 juin, le titre Kering a abandonné 32,4%, plombé par les inquiétudes liées à la Chine et aux interrogations sur la croissance future de Gucci.

Il a fini à 353,10 euros mardi, soit une baisse de 3,34% depuis le début de l'année, alors que l'indice Stoxx européen du luxe et des biens de consommation est en repli de 9,07% sur la même période.

(Pascale Denis, édité par Bertrand Boucey)

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