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Quotidien des Usines

Kem One en difficulté, sept mois après sa reprise par Gary Klesch

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Les salariés manifestent aujourd’hui devant le siège du groupe à Lyon (Rhône) et déclenchent un droit d'alerte. Ils dénoncent la mauvaise situation économique et financière de la société née de la cession du pôle vinylique d’Arkema à Gary Klesch.

Kem One en difficulté, sept mois après sa reprise par Gary Klesch
Site de Saint-Auban
© D.R

Les élus du comité central d’entreprise (CCE) de Kem One ont déclenché un droit d’alerte après les informations transmises le 20 février par le directeur financier de la société Nick Dekker. Sept mois après sa cession à Gary Klesch, l’ancien pôle de produits vinyliques d’Arkema accuse des dettes de plus de 110 millions d’euros. Parmi les créanciers de Kem One, figurent notamment GDF et l’Urssaf, mais surtout Arkema et Total qui fournit 300 000 tonnes d’éthylène aux usines de Kem One. La renégociation de ce dernier contrat est bloquée par suite de factures d’un montant de 34 millions d'euros non réglées par Kem One. Lors du dernier CCE, le secrétaire général du groupe a reconnu que des réunions avec Arkema, Total et un conciliateur étaient engagées pour trouver une solution.

Problèmes de trésorerie

Autres objets d’interrogation, la création de comptes bancaires hors de France, notamment à Malte et à Jersey, des mouvements de fonds entre différentes sociétés du groupe, un prêt de 15 millions d'euros consenti au profit de Kem One France par Kem One Trésorerie, société dotée de 99,5 millions d'euros par Arkema lors de la cession de son pôle vinylique. Une trésorerie qui serait réduite aujourd’hui "entre 2 et 12 millions d'euros" selon Didier Chaix (CGT), qui craint que "Gary Klesch organise la faillite de Kem One".

A la direction du groupe, on ne commente "aucun chiffre", mais on estime que la situation de Kem One est "impactée par la faible demande en PVC en Europe due à la conjoncture morose, notamment dans les secteurs de l'automobile et du bâtiment, et par un approvisionnement réduit en éthylène suite à l'explosion du vapocraqueur de Lavera (Bouches-du-Rhône)". Kem One est le troisième producteur européen de PVC. Avant sa cession, son chiffre d’affaires s’élevait à 1,1 milliard d’euros.

Les syndicats en appellent à l'Etat

Face à cette situation qui "pourrait déboucher à très court terme sur la mise en place d’une procédure judiciaire", selon Jean-Michel Rovida, délégué central CFDT, les syndicats demandent l’intervention de l’Etat pour sauvegarder les 1 700 emplois de Kem One en France sur les sites de Fos-sur-Mer, Lavera et Saint-Auban en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, de Saint-Fons, Balan et Lyon en Rhône-Alpes. La CGT souhaite également que Total et Arkema prennent leurs responsabilités et dénonce au passage l’attitude d’Arkema qui s’est débarrassé "à tout prix" de son pôle vinylique.

Alors que la CGT prône une nationalisation provisoire pour permettre la recherche d’un repreneur industriel crédible avec le concours de la Banque publique d’investissement (BPI), la CFDT plaide pour la cession à un véritable industriel capable de prendre en charge les investissements nécessaires à la modernisation des unités de production, estimés à 400 millions d'euros.

Vincent Charbonnier

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